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LE CURIEUX DES ARTS

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Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Musique. Festival. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art. Entretien.


Théophile de Viau et le ténébrisme de Pyrame & Thisbé – Charles di Meglio

Publié par Gilles Kraemer sur 17 Janvier 2026, 11:27am

Catégories : #Expositions à l'étranger, #Italie, #Théâtre

Gilles Kraemer

samedi 10 janvier 2026

Sous l’œil du cardinal, celui de l’italien Giulio Mazarini, au sein de l’Institut, représentation presque confidentielle pour quelques « happy few » de Pyrame & Thisbé du méconnu Théophile de Viau. Cette année 2026, célébrant le quatrième centenaire de sa mort (1590-1626), verra-t-elle cet écrivain sortir de son tombeau ?

Pyrame & Thisbé © Achile Bird.

Mise en scène de Charles di Meglio, fondateur de la Compagnie Oghma, pour cette représentation placée dans la profondeur des ombres de la nuit. Dans cette presque obscurité de l’éclairage, y retrouverait-on les Nocturnes de son contemporain le peintre Georges de La Tour (1593-1652), tombé dans l’oubli dès son décès jusqu'en 1915. (1) Artiste auquel Charles di Meglio fait largement écho dans le livret du programme de cette pièce. Nuits de la communauté des peintres d’Utrecht des Provinces-Unies dont Gerrit van Honthordt (1592-1656). Et surtout dans celles, plus tardives, dans les gammes chromatiques des éclairages de Matthias Stom (ca 1600-1660) ayant fait les voyages de Rome, Naples, Palerme et Venise. À Naples, accusé d’hérésie par le Saint-Office pour son appartenance au protestantisme, à une époque où le "nicodémisme" était souvent pratiqué. Matthias sera poursuivi par l’église comme le fut Théophile, ce dernier pour ses écrits perçus comme sodomites.

Pyrame & Thisbé © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Bibliothèque Mazarine, Institut, janvier 2026.

Représentation dans la salle de la bibliothèque Mazarine, un tréteau dressé dans un angle, petit tréteau d’une tragédie ne convoquant à chaque fois que deux acteurs à la déclamation conforme à celle du temps, dans l’appui sur la dernière syllabe, le roulement des consonnes, dans la compréhension parfaite des vers déclamés. L’on est loin de la prononciation actuelle des comédiens de leurs textes, plus un salmigondis de mots qu’une compréhension. Quand reviendra-t-on, enfin, à l’étude de la " pro non ci a tion ", à la diction ?  

Pyrame & Thisbé © Achile Bird.

Drame pictural à travers ce jeu de la lumière.

L’obscurité se fait. L’éclairage sera uniquement celui d’une lanterne ou d’un bougeoir dans la nuit mazarine, dans l’atmosphère mystérieuse du halo projeté sur le visage du comédien. Dans ces puissants effets de clair-obscur créant des scènes dramatiques pour cette histoire d’un amour impossible entre Pyrame et Thisbé, deux êtres qui ne se voient et ne se parlent qu’à travers une fente qu’ils ont découverte dans le mur qui sépare leurs jardins, selon le texte. Charles di Meglio / Pyrame a imaginé, dans une étonnante contre-plongée, leur rencontre à chacune des extrémités de la galerie haute de la Mazarine. Leur seul rapprochement physique sera au moment de leurs morts lorsque Thisbé / Elsa Dupy découvrira que son amoureux s’est poignardé. Et qu’elle utilisera cette même arme fatale pour se donner la mort.

Toute cette représentation est à l’unisson. Autour de la gestuelle des mains caressant l’espace, presque une représentation No, une chorégraphie savamment étudiée des déplacements, des visages blancs des acteurs caressés par les éclairages, des yeux – ceux interloqués de Syllar / Louis Anderson, le sinistre ministre du roi -. Les costumes, imaginés par Charles di Meglio inspirés du temps de Louis XIII, - j’y ai même retrouvé un air à la Frans Pourbus le Jeune (1569-1622) chez Aodren Buart / le roi, tout de blanc vêtu, couleur de la pureté pour cette âme en réalité tyrannique et noire alors que ses deux sujets Syllar et Deuxis sont de rouge habillés, le rouge du sang de leurs basses œuvres intimées par le roi -. La confidente / Armelle Paullat et la mère de Thisbé / Hélène Poitevin ne peuvent que porter le noir.

Des profondeurs de la nuit a surgi le rougeoiement du drame mortel des amants.

 

(1) Georges de La Tour, entre ombre et lumière au musée Jacquemart- André

11 septembre 2025 au 25 janvier 2026

Exposition "bankable" prolongée jusqu’au 22 février 2026

Pyrame & Thisbé © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Bibliothèque Mazarine, Institut, janvier 2026.

Pyrame & Thisbé (1621 ?) - tragédie en cinq actes de Théophile de Viau (1590-1626)

costumes et mise en scène Charles di Meglio

Elsa Dupuy  Thisbé - Charles Di Meglio  Pyrame

Armelle Paullat  Bersiane, suivante de Thisbé et la confidente - Hélène Poitevin  La mère de Thisbé

Aodren Buart  Le roi - Louis Anderson  Syllar, agent du roi

Romaric Olarte  Deuxis, homme de main - William Barreau ou Antoine Radzilowski  le messager

Production de la Compagnie Oghma - 10, 12 et 13 janvier 2026 (complet)

Bibliothèque Mazarine | Institut de France | 23, quai de Conti, 75006 Paris

https://mediterranees.net/mythes/pyrame/viau/pyrame2.html

Spectacle créé à la Chartreuse des Fraux, Dordogne, 27 juillet 2021. Chartreuse disparue dans les flammes le 5 décembre 2025.

Devenez mécène de la Compagnie Oghma - https://www.compagnieoghma.com/dons

Matthias Stom (Amersfoort, Pays-Bas, ca 1660 – actif à Venise 1643/1645 – Palerme 1660), Negazione di san Pietro. Olio su tela. 51 x 84 cm. Brescia, Pinacoteca Tosio Martinengo (in deposito da una collezione privata) © Archivio Fotografico Musei Civici di Brescia/Fotostudio Rapuzzi.

Matthias Stom: un caravaggesco nelle collezioni lombarde

18 septembre 2025 – 15 février 2026 - Brescia, Pinacoteca Tosio Martinengo - Commissariat Gianni Papi

Matthias Stom può essere definito un pittore girovago. La sua attività si articola in più fasi: quella iniziale nelle Fiandre, quella romana (circa 1625–1634), decisiva per la sua formazione, durante la quale elabora un linguaggio pittorico naturalistico pur restando legato alla poetica caravaggesca. Dopo Roma, tra il 1635 e il 1638, Stom è documentato a Napoli, dove incontra successo grazie all’introduzione di scene notturne, ancora poco diffuse in ambito partenopeo.

Le ragioni del trasferimento da Roma a Napoli non sono note. È a Napoli che nel 1637 il pittore viene accusato di eresia dal Sant’Uffizio. L’accusa, forse archiviata senza conseguenze, potrebbe tuttavia riflettere un’effettiva appartenenza al protestantesimo, in un’epoca in cui il “nicodemismo” era spesso praticato. Questo aspetto potrebbe anche spiegare la sua irregolarità familiare (quattro figli nati fuori dal matrimonio) e la scelta di non sposarsi.

Intorno al 1639, Stom si sposta in Sicilia, a Palermo, dove ottiene un clamoroso successo e realizza una straordinaria quantità di opere di grandi dimensioni – come non aveva mai fatto prima, fatta eccezione per la pala di Chiuduno.

Dopo il soggiorno siciliano, Stom è documentato a Venezia tra il 1643 e il 1645, dove però ogni traccia della sua attività si perde, sebbene la sua vita non si sia conclusa in laguna.

Matthias Stom (Amersfoort ca 1660 – actif à Venise 1643/1645 – Palerme 1660), Incredulità di san Tommaso. Olio su tela. 121 x 172 cm. Collezione privata © Fotostudio Rapuzzi.

 

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