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LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Musique. Festival. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art. Entretien.


Philippe Cognée, narrateur du temps – Musée Paul Valéry, Sète

Publié par Gilles Kraemer sur 17 Août 2025, 19:22pm

Catégories : #Expositions France, #Italie, #Rome

Gilles Kraemer (envoyé spécial)

 

Vue de l’atelier de Philippe Cognée © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, peintre, né en 1957 en Loire-Atlantique, à Sautron, au nord-ouest de Nantes. De 5 à 17 ans, douze années en Afrique, au Bénin, avec ses parents. Villa Médicis – Académie de France à Rome, en 1990 ; comme quelques-uns des pensionnaires succombant au "syndrome du Pincio", il fuira l’Urbs au bout de six mois, face à l’histoire du lieu et de Rome trop forte. Vit et travaille maintenant à Vertou, au sud-est de Nantes, à 25 kilomètres de sa ville natale.

© photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

En 2023, le musée de Tessé au Mans, deux salles du musée de l’Orangerie, le musée Bourdelle (ces deux derniers lieux oubliés dans l’introduction du catalogue de Sète) présentaient ses travaux. Été 2025, le musée Paul Valéry de Sète lui offre une exposition – " je ne voulais pas refaire une rétrospective "après Le réel sublimé au Mans insiste-t-il dans le catalogue - en 74 numéros dont les deux cents huiles sur photographies de Sans titre (1997), 10 x 15 cm. chacune, les trente-deux fusain et acrylique de Sans titre (1998-2024), et les trente-six tableaux, encaustique sur toile marouflée sur bois de Carcasses (2003) dans le pas de côté Rembrandt - Soutine.

Philippe Cognée, Autoportrait, 2001. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 30 x 30 cm. chaque panneau. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, Autoportrait en vanité, 2022. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 100 x 65 cm.. Collection particulière  //  Autoportrait, 2023-2025. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 45,5 x 37, 5 cm.. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Autoportrait. Rembrandt encore une fois. Vincent Van Gogh. Francis Bacon. Lucian Freud, le questionnement du visage, du corps sur lequel ses prédécesseurs se sont penchés. L’interrogation de soi. Le soliloque avec le temps puisqu’il n’y a qu’un seul vainqueur, toujours le même : la mort. L’image de soi, miroir du temps dans lequel Philippe Cognée se livre entièrement. En prémices de l’exposition, se mettant à nu, le mur aux six portraits, visage en gros plan – dont le triptyque (2001), format pictural nourri de religiosité, " la liquéfaction de la matière picturale dans laquelle se fondent les traits du visage. Juste la présence " - et un Portrait en vanité (2022), nu, de profil, interrogeant un crâne, thème habituel des artistes, des poètes – Le jeune homme et la mort de Cocteau -, des écrivains. – le prince du Danemark -.  

Une peinture exigeante de son temps, dans l’effacement du sujet.

Philippe Cognée, Labyrinthe I, 1982. Acrylique et gouache sur papier Japon marouflé sur toile. 225 x 205 cm.. Collection particulière  //  Alice, 1991. Huile et fusain sur bois gravé et toile. 226 x 167 cm.. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Années 1980, sortie de l’école des beaux-arts de Nantes en 1982. Épreuves du Labyrinthe (1982), du fil d’Ariane du Minotaure (1982), les années d’apprentissage, de l’effacement du sujet devenant une ombre Vésuve (1992).

Philippe Cognée, Guillaume & Thomas, 1996. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 180 x 120 cm.. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, Sans titre, 1997. Huile sur photographie marouflée sur aluminium. Deux cents pièces, 10 x 15 cm. chacune. Collection particulière  //  Sandrine et Philippe sur la plage à Albuféra, 1996. Encaustique sur toile marouflée sur bois, 110 x 165 cm. Collection particulière  //  Sandrine allongée sur la plage, 1996. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 57,5 x 120 cm.. Collection particulière  //  Guillaume & Thomas, 1996. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 180 x 120 cm.. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, La table de Bernard M.2017. Encaustique sur toile marouflée sur aluminium. 140 x 120 cm.. Collection particulière  // Intérieur avec lit, 2001. Acrylique et encaustique sur toile marouflée sur bois. 205 x 153 cm.. Don des amis du MASC, 2002. Musée des Sables-d’Olonne © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Et, la peinture affleura du fer à repasser, la cire devint une écriture pour créer une image. Regard autour de soi, autour de son épouse, de ses deux fils dont l’un fait les cornes à l’autre (1996), des lits aux draps défaits au petit matin, des tables avant et après un repas de famille. La vie prend sa place dans sa narration. Toile enduite à l’encaustique, recouverte d’une pellicule de plastique transparent sur laquelle les passages délicats d’un fer à repasser floutent l’image. Ne pas brouiller l’image. " La technique à la Cognée " était née, en gommant de la netteté au sujet dans le surgissement d’une autre image, dans l’écart entre sa réalité première et cette réorganisation.

Philippe Cognée, Sans titre, 1998-2024. Fusain et acrylique sur papier Arches. Trente deux pièces, 80 x 120 cm. chacune. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Cheminement dans son œuvre avec L’épreuve du temps, 4ème section de ce parcours. Les trente-deux grandes images de Sans titre - fusain écrasé dans l’acrylique - sur quatre rangs, des bâtiments nous saisissent dans le faire, le dé-faire, le construire, le dé-construire qui a duré 26 ans, une tranche de vie. L’on ne sait si cette architecture s’édifie ou disparait, dans cet entre-deux dans lequel se balance perpétuellement Cognée. Nous sommes dans le côtoiement de l’évanescent. "Aller de la matière à la forme puis la redissoudre dans la matière. ".

Philippe Cognée, Beaubourg, 2014. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 200 x 300 cm.. Frac Auvergne © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, TAJHI, 2011. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 123 x 200 cm.. Collection particulière  //  Châteaux de sable, 3, 2012. Diptyque. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 153 x 153 cm. chaque panneau. Collection particulière  //  Amaryllis 1, 2, 3. 2022. Triptyque. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 200 x 150 cm.. Remerciements l'artiste et la galerie Daniel Templon© photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, Cervelle, 1995  // Tête de mouton écorchée, 1995  // Cervelle, 1995  // Cervelle, 1998  // Cœur, 1995  // Encaustique sur toile marouflée sur bois. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, Deux crânes, 2013. Triptyque. 33 x 24 cm. chaque panneau. Encaustique sur toile marouflée sur bois. Collection particulière  // Deux crânes, 2012. Triptyque. 35 x27 cm. chaque panneau. Encaustique sur toile marouflée sur bois. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Philippe Cognée, Vanité 5, 2006. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 200 x 200 cm.. Remerciements l’artiste et galerie Daniel Templon  //  Carcasses, 2003. Encaustique sur toile marouflée sur bois. Série de trente-six tableaux, 70,5 x 47 cm. chacun. Musée de Grenoble © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Toujours ce geste de construction-déconstruction, encore plus visible et naturel dans le dytique de Châteaux de sable, 3 (2012) - aime bien accoler deux ou trois toiles -. Disparition de la nature avec le triptyque des lourdes têtes agrandies à l’extrême d’Amaryllis 1, 2, 3 (2022) flétrissantes, dans le renvoi au memento mori et sa capture du temps dans une réflexion classique avec des Crânes roses disposés sur un fond jaune. Vanités plus médicales avec des Cervelles ou des Cœurs – toiles secrètes puisque collection privée que l’on devine -, plus brutale avec 36 Carcasses (2003) toutes reproduites individuellement dans le catalogue. " J’ai eu envie de peindre des cervelles parce que je voyais dans leurs circonvolutions l’image de sexes féminins ; et de peindre des cœurs parce qu’à leur extrémité, on peut déceler la figure de sexes masculins ". Des sexes traités comme avec de la poudre de pastel, tellement ils s’évanescent, des œuvres restées dans " l’enfer " de leur collectionneur.

Philippe Cognée, Google, 2007. Encaustique sur toile marouflée sur bois. 200 x 150 cm.. Frac Auvergne © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

Image obsédante chez Cognée, l’environnement urbain, des vues captées sur Google Earth et Google Street d’immenses villes ou d’un quartier de la ville.

Philippe Cognée, La lune se lève sur la mer calme, 2025. Peinture à la cire sur toile marouflée sur bois. 180 x 230 cm.. Collection particulière © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

L’exposition se termine par une toile juste séparée de son chevalet, interrogative, au titre poétique, pratique inhabituelle chez Cognée : La lune se lève sur la mer calme. Peinte d’une façon les plus classique soit 1/3 pour la mer, 2/3 pour l’horizon. Toile terminée pour l’artiste ou annonce d’un " work in progress songé " ?

La table des livres; au premier plan, un ouvrage écrit par Djamel Meskache (également éditeur à Saint-Benoît-sur-Sault) © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025.

en haut On regarde un âne, poème de James Sacré, gravures de Philippe Cognée tirées dans l’atelier de taille-douce de René Tazé. Décembre 2019. Tirage à 120 exemplaires. Trente-neuvième ouvrage publié par l’association de bibliophilie Les Francs-bibliophiles, édition exclusivement réservée aux membres de cette association. 15 suites de gravures sur vélin d’Arches blanc ont été tirées. Imprimé auprès des Éditions Tarabuste © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Sète, musée Paul Valéry, été 2025. 

Une immense table présente les nombreux ouvrages que Cognée a illustrés. Le livre d’artiste est tellement peu montré dans les expositions. Goûtons ce plaisir.

" Un tableau, pour moi, cela doit d’abord être un objet porteur d’une pensée, un objet chargé d’une force et d’une puissance qui le font exister, s’imposer à celui qui le regarde. " Philippe Cognée.

 

Philippe Cognée. L’œuvre du temps

21 juin – 2 novembre 2025

Musée Paul Valéry - Sète

Livret de visite gracieux pour les visiteurs

Commissariat de Stéphane Tarroux, directeur du musée Paul Valéry et Olivier Weil, commissaire scientifique associé.  

Catalogue. Mise en page intéressante, donnant de l’espace, dans une construction architecturale mais les 29 pages de détails très agrandis de certaines des œuvres sont superfétatoires. 304 pages. Éditions Snoeck. Prix 39 € (service de presse)

Nommé en novembre 2021 à la direction du musée Paul Valéry, conservateur en chef du patrimoine, ancien bras droit de Maïthé Vallès-Bled dont j’avais connu la très forte personnalité, Stéphane Tarroux a quitté ses fonctions pour raisons de santé en mars 2025. Camille Bertrand Hardy, conservatrice du patrimoine (diplômée de l'Institut national du patrimoine, promotion Magdeleine Hours 2024), lui succède.

Collection de peintures intéressantes. La couleur des cimaises est triste, vraiment peu dynamique pour Courbet ou Jean Hugo. https://museepaulvalery-sete.fr/collections/

L’on reste sur sa faim au musée Paul Valéry. Le site Internet du musée indique : Le restaurant « Midi là haut » est définitivement fermé. / Un nouvel espace de restauration ouvrira avant l’étéFausse nouvelle lors de mon passage. Il faut redescendre vers la ville. La photographie de la terrasse de ce restaurant figure toujours sur le site Internet de l'institution https://museepaulvalery-sete.fr/musee-paul-valery/

Exposition Philippe Cognée à la galerie Oniris à Rennes autour du portrait et de l'autoportrait, été 2025. 

 https://www.oniris.art/usr/documents/exhibitions/press_release_url/88/_oniris_cognee_2025_communiqu-.pdf

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