Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Musique. Festival. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art. Entretien.


Maria Helena Vieira da Silva. Anatomie d’un espace - Collection Peggy Guggenheim – Venise – XIXème  Biennale Architettura 2025

Publié par Gilles Kraemer sur 13 Août 2025, 21:55pm

Catégories : #Biennales, #Expositions à l'étranger, #Italie, #Venise

Gilles Kraemer (déplacement et séjour personnel à Venise)

 

Penso di aver vissuto tutta la mia vita nei labirinti. È il mio modo di vedere il mondo. Maria Helena Vieira da Silva. Je pense avoir vécu toute ma vie dans les labyrinthes. C’est ma façon de voir le monde.

Maria Helena Vieira da Silva, à gauche  Fêtes à Paris, 1950, Courtesy Applicat -Prazan, Paris  //  à droite  Fête nationale, 1949-1950. Paris, Musée d’Art Moderne de Paris, don de l’artiste, 1993 Maria Helena Vieira da Silva. Anatomia di uno spazio - Peggy Guggenheim Collection © Photo Matteo De Fina.

Les communiqués de presse de Maria Rita C sont toujours attendus avec impatience. Quel artiste, quel mouvement va-t-on découvrir dans cette merveilleuse institution vénitienne, ce palais de la Collection Peggy Guggenheim où Jean-Michel Orhoniel suspendit ses sculptures de verre dans les arbres ? 11 juin au 9 novembre 1997, pour ceux qui s’en souviennent. Une plaquette, texte de Sophie Schmit-Angremy en garde la mémoire. Jean-Michel avait quitté la Villa Médicis - pensionnaire de 1995 à 1996 -, au temps où Jean-Pierre Angremy, plus connu sous le pseudonyme de plume de Pierre-Jean Rémy, ancien consul de France à Florence, dirigeait cette merveilleuse demeure du Pincio.

© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Collection Peggy Guggenheim, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva, Danse, 1938. New York, Museum of Modern Art, Alfred Flechtheim Fund © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva, La rue, le soir, 1936. Lisbona, CAM – Centro de Arte Moderna Gulbenkian, prestito dalla Fundação Arpad Szenes – Vieira da Silva, Lisbonne © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva. Anatomia di uno spazio / Anatomie d’un espace, est l’invitée de ce printemps - été. Artiste choisie opportunément dans cette année de la 19ème Exposition internationale d'architecture / Biennale Architettura 2025. (1) Cet automne-hiver, l’exposition sera présentée au Guggenheim Bilbao. Il sera toujours intéressant de voir comment elle respire dans l’architecture de Frank O. Gehry. Si je suis invité… .

Maria Helena Vieira da Silva, La véranda, 1948, Musée des Beaux-Arts, Lyon, achat auprès de l'artiste en 1965 © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

70 années de peinture, graveur aussi ce que l’on a tendance à omettre, de sa première exposition collective en 1930 à 1992. Elle participe aux Biennales de l’art de 1950 (Pavillon portugais) et 1954 (Pavillon français), à Documenta Kassel 1959 et 1964.

Maria Helena Vieira da Silva, Portrait d’Arpad Szenes, 1936. Paris, Musée d'Art Moderne de Paris, donation de l’artiste, 1976 © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva et Arpad Szenes dans leur atelier, Paris, 1937 © Willy Maywald, Courtesy Jeanne Bucher Jaeger, Paris-Lisbonne

De Maria Helena (Lisbonne 13 juin 1908 – 6 mars 1992 Paris), épouse du peintre hongrois Arped Szenes (Budapest 6 mai 1897 - 16 janvier 1985), Mariët Westermann et Karole P. B. Vail (petite-fille de Peggy et directrice de la Collezione Peggy Guggenheim) soulignent, dans le catalogue, l’habilité de l’artiste à transformer l’espace en des ambiances abstraites et des dédales complexes et labyrinthiques.

Pas de problème financier pour cet enfant unique mais solitaire, famille aisée lui donnant toute latitude de poursuivre ses études artistiques à Paris où elle réside dès 1928. La même année, à 20 ans, elle effectue le Grand tour, découvrant les fresques du Tre et Quatrocento représentant pour elle le début de la modernité.

Jennifer Sliwka, dans son essai Le lezioni italiana di Vieira da Silva analyse l’inspiration qu’elle retranscrira, celle des trois tempera de Battaglia di San Romano (1435 – 1460) de Paolo Uccello (1397 - 1475), triptyque dispersé entre Le Louvre, le Gallerie degli Uffizi et la National Gallery. C’est dans cette institution britannique, âgée de 5 ans, que naquit sa vocation picturale. Quel che mi spinse a dipingere fu la grande emozione che provai quando visitai la National Gallery con i miei genitori. Cette peinture du Quatrocento influence la période la plus sombre du couple Szenes obligé de fuir l’Europe pour s’exiler à Rio de Janeiro de juin 1947 à mai 1947, Arped étant de descendance hébraïque. Elle tentera de se suicider durant ce séjour.

La reconnaissance est très vite au rendez-vous. La galeriste parisienne Jeanne Bucher la défend dès 1933, lui organisant sa première exposition à l’âge de 25 ans, la seconde en 1937 ; à la disparition de cette galeriste, en 1947, son neveu Jean-François Jager continuera à la suivre. Il exposera également Mark Tobey. (2) Le galeriste parisien Pierre Loeb soutiendra également le couple, de 1949 à 1964.

Peggy Guggenheim l’invite à l’exposition 31 Women qu’elle organise dans sa galerie new yorkaise Art of This Century en 1943. Déjà le genre…

,,,© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Collection Peggy Guggenheim, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva, à gauche Composition, 1936. 146 x 106 cm.. Fundação Arpad Szenes – Vieira da Silva, Lisbonne  //  à droite  Composition, janvier 1936. 105.3 x 161.5 cm.. Solomon R. Guggenheim Museum, New York, Solomon R. Guggenheim Founding Collection© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.  

,Maria Helena Vieira da Silva, Portrait d’Arpad Szenes, 1936. Paris, Musée d'Art Moderne de Paris, donation de l’artiste, 1976  //  Arpad Szenes, Portrait de Marie-Hélène, 1940. Paris, Musée d'Art Moderne de Paris, donation de l’artiste, 1976   //  Maria Helena Vieira da Silva, La Chambre à carreaux, 1935. Tate  //   Maria Helena Vieira da Silva, Autoportrait, 1930. Paris, Comité Arpad Szenes – Vieira da Silva  //  Maria Helena Vieira da Silva, Portrait d'Arpad, 1931. Paris, Comité Arpad Szenes – Vieira da Silva © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025. 

à gauche Arpad Szenes, Portrait de Marie-Hélène, 1940. Paris, Musée d'Art Moderne de Paris, donation de l’artiste, 1976   //  à droite  Maria Helena Vieira da Silva, La camera piastrellata (La Chambre à carreaux), 1935. Tate © Maria Helena Vieira da Silva. Anatomia di uno spazio - Peggy Guggenheim Collection © Photo Matteo De Fina.

Maria Helena Vieira da Silva. Anatomia di uno spazio - Peggy Guggenheim Collection © Photo Matteo De Fina.

Elle entre dans les collections du futur Musée Salomon R. Guggenheim en 1949 avec Composition, janvier 1936. Toile d’un format horizontal présentée à la gauche de Composition, 1936, prêt de la Fundação Arpad Szenes – Vieira da Silva lisboète. Belle et émouvante retrouvaille dans la 2ème salle dont doivent être heureux Arpad et Maria Helena présents dans la première salle, ce couple tellement uni dès le 22 février 1930. Elle avait 22 ans. Dans cette salle introductive sont réunis les Portrait d’Arpad Szenes, 1931 et 1936, par Maria Helena ; Autoportrait de Maria Helena, 1930 ; Portrait de Marie Helena, 1940, par Arpad Szenes autour de La camera piastrellata (La Chambre à carreaux), 1935, de Maria Helena.

Maria Helena Vieira da Silva, Les Passants, 1948. Lisbonne, CAM – Centro de Arte Moderna Gulbenkian © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

Cette exposition est d’une grande sensibilité comme je ne l’ai jamais ressentie dans la froideur des salles de Guggenheim souffrant d’un plafond sans ampleur. L’accrochage chrono-thématique y est certes et le choix pertinent des œuvres choisies - parcours plus ramassé puisque deux salles n'ont pas été investies -. Mais, pour une fois, la scénographie de Guggenheim, toujours trop retenue, tristounette, " se lâche ", quitte l’habituel continuo des murs blancs, pour laisser aux murs et aux encadrements des portes le " to splash " qui manquait. Enfin les vert, rose orange, rouge, jaune, bleu apparaissent, enfin un vivifiant appel d’air dans ce lieu, sous le regard de jeunes gardiens, en permanence debout, n'ayant toujours pas un siège pour s’asseoir. Comme à Grassi ou à La Punta.

Maria Helena Vieira da Silva, L'Aire du vent, 1966. Lisbonne, CAM – Centro de Arte Moderna Gulbenkian © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

Guggenheim Venise aurait-il enfin perçu qu’il est dans la cité du Tintoret et du Titien, des Bellini et de Carpaccio (non la boisson, ni le plat), dans la ville des couleurs, des cieux changeants, de l’explosion des palettes et qu’il devrait songer à " faire chanter " ses cimaises ?

© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Collection Peggy Guggenheim, Venise, été 2025.

Maria Helena Vieira da Silva, Dédale, 1975. Genève, Fondation Gandur pour l’art © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Collection Peggy Guggenheim, Venise, été 2025.

Regardez depuis la salle 4, celle de la Seconda guerra mondiale vista da Rio de Janeiro, l’enfilade jusqu’à la salle où éclate sur un mur jaune, " le petit pan de mur si bien peint en jaune selon Bergotte ", – il fallait oser - Dédale, 1975, prêt de la Fondation Gandur – ce qui signifie qu’on le verra un jour à Caen, en 2030 dans la future Fondation Gandur pour l'Art -. Merveille.

Impossible de trouver, dans le catalogue, le nom du magicien de ces couleurs.

Faut-il y aller ? OUI, une révélation pour les Italiens comme me le disait un ami, italien, historien de l’art, spécialiste du Seicento.

Rêvons ou fabulons : italienne du Seicento, génie précoce, Maria Helena aurait été une redoutable concurrente d’Artemisia…

dans l'atelier de Maria Helena © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Peggy Guggenheim Collection, Venise, été 2025.

De toutes les expositions vues cet été en Italie et en France, la plus parfaite pour le choix des couleurs de ses cimaises est indiscutablement Cezanne au Jas de Bouffan au musée Granet à Aix-en-Provence. Une réussite absolue et pointue dans le choix des 10 couleurs, de Rose champignon à Bleu perruque, se terminant dans le satin velouté de Samoa de la maison Ressource qui a laissé dans un coin de chaque salle la référence de la couleur. Pas dans la finesse ce rappel de mécénat…

 

Maria Helena Vieira da Silva. Anatomia di uno spazio / Anatomie d’un espace

12 avril au 15 septembre 2025 - Collezione Peggy Guggenheim - Venezia

puis au Guggenheim Bilbao, Espagne, du 17 octobre 2025 au 22 février 2026

Commissariat Flavia Frigeri, historienne de l’art, commissaire auprès de la National Portrait Gallery di Londra

Catalogue dans une écriture exclusivement féminine, textes de Flavia Frigeri, commissaire, Giulia Andreani, artiste, Lauren Elkin, écrivaine et essayiste, Jennifer Sliwka, historienne de l’art. Editore Marsilio Arte, excellente maison d’éditions vénitienne (40 €) (en service de presse). Catalogue en italien ou en anglais, ma préférence se portant naturellement sur celui en langue italienne, la langue de l’art. https://www.guggenheim-venice.it/it/

(1) Biennale Architettura 2025 - 10 mai - 23 novembre 2025 - Commissariat de l'architecte et ingénieur Carlo Ratti, dans la thématique Intelligens. Natural. Artificial. Collective.

(2) Mark Tobey. Tobey or not to be ?, Galerie Jeanne Bucher Jaeger, du 15 octobre 2020 au 16 janvier 2021. Cet artiste, dont Jeanne Bucher fait la connaissance à New York en 1945 ne sera présenté, q’après la mort de la galeriste, en 1955, 1959, 1965, 1968. Il meurt en 1976. Catalogue. Éditions Gallimard (35 €). La collection de Bueil & Ract-Madoux avait prêté de nombreuses œuvres.

Un monde en poésie avec Mark Tobey, Philip Guston, Jan Fabre & David LaChapelle. Expositions de la 57ème Biennale de l'Art de Venise. Un mondo in poesia tra gli eventi della 57e Esposizione Internationale d'Arte - La Biennale di Venezia (III) https://www.lecurieuxdesarts.fr/2017/08/un-monde-en-poesie-avec-mark-tobey-philip-guston-jan-fabre-david-lachapelle-expositions-de-la-57eme-biennale-de-l-art-de-venise-un-m

Du regard de Maria Helena Vieira da Silva sur le monde - Musée des Beaux-Arts de Dijon  https://www.lecurieuxdesarts.fr/2023/02/du-regard-de-maria-helena-vieiria-da-silva-sur-le-monde-musee-des-beaux-arts-de-dijon.html

 

Déjeuner chez Peggy Guggenheim, au Museum Cafè - Pranzare al Museum Cafè dopo aver visitato la collezione di Peggy Guggenheim. https://www.lecurieuxdesarts.fr/2025/07/le-curieux-des-arts-gilles-kraemer-maria-helena-vieira-da-silva-anatomia-di-uno-spazio-collezione-peggy-guggenheim-venise-juin-2025-le-curieux-des-arts-gilles-kraemer-collezione-peggy-guggenheim-venise-juin-2025-venise-dejeuner-chez-peggy-guggenh

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents