Antoine Prodhomme
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Présenter une saison 2026-2027 aussi étonnante est exceptionnel !
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Sylvie Balestra, Louis Langrée, Anne-Sophie Brandalise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Opéra-Comique, 18 mai 2026
C’est ainsi que Louis Langrée, directeur du Théâtre national de l’Opéra-Comique, encore la veille à New York avec Anne-Sophie Brandalise, directrice-adjointe, où ils se trouvaient dans le cadre d’un partenariat entre l’institution parisienne, The Juilliard School et la Villa Albertine, lançait, l’œil pétillant, la présentation de la future saison. Si pour vous, il est 11h, pour nous, il est 5h.
Fermer un théâtre pour la saison 26/27, c’est occuper des lieux de format identique ou inventer d’autres choses. C’est cette deuxième solution que nous avons souhaitée en programmant un voyage dans différents lieux. Précisant qu’il s’agit de lieux partenaires qui nous accueillent, nous soutiennent. Il ne s’agit pas de location d’espaces.
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La salle Favart depuis le plateau © Stefan Brion.
Nous avons choisi l’audace, poursuit Anne-Sophie Brandalise, dans des pas de côté hors les murs de ce bâtiment actuel inauguré en 1898, fermant pour des travaux d’un montant de 7 millions d’euros portant sur la modernisation de la cage de scène avec ses espaces dessous, son plateau et ses cintres. Place alors pour la saison 2027-2028 à la magie des apparitions et des transformations, de la survenance des puissances infernales ou de la disparition des chanteurs grâce à système de trappes. Un dispositif motorisé remplacera la machinerie historique des cintres fonctionnant encore par cordages et contrepoids.
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Sylvie Balestra © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Opéra-Comique, 18 mai 2026
A l’invitation de l'Opéra-Comique, la chorégraphe anthropologue Sylvie Balestra a recueilli les gestes des cintriers de l’Opéra-Comique, dont le métier évolue à la faveur de ces travaux, ces gestes ordinaires transformés en extraordinaires, en les rendant visibles et en gardant la mémoire de ceux-ci, de ces instruments qui ont fait la vie de l’Opéra et que le spectateur ne voit pas. Ces invisibles révélés.
Cette recherche sera partagée lors d’une exposition de photographies et d’une conférence dansée les 26 et 27 mars 2027 à l'Opéra-Comique pour éclairer ces métiers de l’ombre.
C'est l'une des 60 propositions au foyer de l’Opéra-Comique, 18 fins de semaine pendant lesquelles les travaux cessent – penser aussi au personnel qui travaillera sur place, dans des lieux voisins et par télétravail -. Journées ou soirées de spectacles, de procès fictifs, de concerts-lectures, de récitals de l’Académie de l’Opéra-Comique, de cartes blanches, d’invités, de la programmation de l’intégrale de l’œuvre pour piano de Maurice Ravel, de 7 masterclasses dont celle de Louis Langrée avec The Juilliard School, programme de partenariat inscrit dans le cadre du Campus Favart, projet porté par Louis Langrée qui place la transmission et la formation au cœur de la mission de l’institution. Associé avec la Villa Albertine, il réunit de jeunes artistes issus de l’Académie de l’Opéra-Comique et du Marcus Institute for Vocal Arts de Juilliard autour de masterclasses, de séances de travail et de concerts à Paris et à New York.
Et pourquoi ne pas lever les yeux sous le plafond peint par Alfred Maignan en pratiquant le yoga ou chercher, dans un coin, l'intrusion de la modernité, celle d'une minuscule Tour Eiffel. Tarif unique pour toutes ces rencontres : 10 euros.
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Louis Langrée © Laurence Revol
L’Opéra voyage. Présentant 5 de ses productions en France avec Werther, La valse rêvée d’Offenbach, Roméo et Juliette, Lucie de Lammermoor. L’Iphigénie en Tauride, mise en scène Wadji Mouawad, sera au Luxembourg les 27 et 29 novembre.
Primeur aux régions avec 25 représentations d’une nouvelle production La fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique, orchestre de 3 musiciens autour de musiques de Dauvergne, Grétry, Bizet, Offenbach, Delibes ; chansons de variété française. Mise en scène de Léo Cohen-Paperman et livret d’Émilien Diard-Detœuf. Sur le plateau des lieux d’accueil qui ne sont pas des maisons d’opéra hormis Rennes – 21 et 22 mai - Louise Bourgeat, Sophie Marcoux, Carla Chevillard, Ulysse Timoteo, Charles Fraisse et Flannan Obé. Levers de rideaux dans 16 villes du 7 janvier à Poitiers au 25 mai 2027 à Saint-Brieuc.
La saison lyrique débutera au Lycée Carnot et se conclura au Grand Palais, tous deux édifiés par les Ateliers Eiffel, comme l’Opéra-Comique !
Zaïde ou le Chemin de lumière d’après Wolfgang Amadeus Mozart. Rarement donné, inachevé – composé en 1779 - que Raphaël Pichon dans sa conception musicale a complété avec d’autres œuvres parlant la même langue tragique. Dialogues de Wajdi Mouawad. Dans le rôle-titre, toujours Sabine Devieilhe qui interpréta ce personnage pour sa création au Festival de Salzbourg en août 2025. Des pages d’une violence stupéfiante pour ce singspiel représenté dans la cour fermée du lycée Carnot, donnant une force à cette œuvre qui parle de réconciliation, de lutte, d’une ré-inventation du monde par un jeune Mozart.
Œuvre fétiche de l'Opéra-Comique Carmen mais « d’après » selon la conception et mise en scène de Jeanne Desoubeaux nous conviant dans une déambulation lyrique, de la Cité internationale des Arts au collège François Couperin, dans le 4ème arrondissement de Paris, lieu de scolarité de la Maîtrise Populaire du Comique. Année de ses 10 ans de succès et de promesse, 240 levers de rideau. Pene Pati est le parrain de cette exceptionnelle formation artistique qu'est la Maîtrise destinée à des jeunes de 8 à 20 ans.
Dans un attachement fort avec le compositeur George Benjamin et le dramaturge Martin Crimp qui ont donné ici même deux opéras, le souhait était de présenter Into the Little Hill qu’ils créèrent au Festival d’automne de Paris 2006. Pour les représentations au T2G de Gennevilliers, Marie-Christine Soma et Daniel Jeanneteau qui imaginèrent la mise en scène, la scénographie et les lumières de la création mondiale reviennent pour une nouvelle production. Cette œuvre poétique sera associée avec L’Histoire du soldat de Stravinsky. Direction Lucie Leguay à la tête du formidable Orchestre philharmonique de Radio France
Lieu emblématique, la fabuleuse nef du Grand Palais. Commande de l'Opéra-Comique, création mondiale de Heaven & Hell de Pascal Dusapin, une pièce chorale ou « opératorio » avec 200 interprètes, Christel Loetzsch, les chœurs de l'Ensemble Aedes et la Maîtrise populaire de l'Opéra et trois chœurs amateurs : Ensemble vocal Bergamesque, Choeur de Grenelle et Choeur de chambre OTrente. Une gageure pour Mathieu Romano, le directeur musical pendant trois soirées, dans ce lieu où la réverbération dure 14 secondes. Un retour pour Dusapin car il connaît ce Palais depuis Monumenta 2008 présentant les immenses sculptures de Richard Serra; il y intervenait musicalement.
https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/2026-2027
2027 – 2028 ? La création d’un opéra-comique. Un cycle autour de Goethe... et La fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique.