Gilles Kraemer
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Brundibár, spectacle avec la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique © Stefan Brion, Opéra-Comique, juin 2026
Peut-on applaudir ? Doit-on applaudir ou laisser, seul, le silence devenir maître des lieux ?
Brundibár, opéra pour enfants en deux actes, d’Hans Krása sur un livret d’Adolf Hoffmeister. Création à Prague en 1942, puis au camp nazi de Theresienstadt le 23 septembre 1943.
Brundibár mis en scène par Muriel Mayette-Holtz & Jean-Claude Berutti pour présenter les contes de Grumbert puis celui de Krasà, donnés sur le grand plateau de l'Opéra-Comique pour leur apporter encore plus de force et leur procurer une dimension magistrale.
Deux enfants, Aninka et Pepíček, dont les voix sont couvertes par Brundibár. Isolés, ils ne peuvent rien. Aidés par les enfants de la ville, de cette union naîtra la force qui leur permettra de couvrir de leurs voix ce chanteur des rues. Un chat, un chien et même un moineau apporteront leur soutien. Drôle de façon pour Rudy Sabounghi de représenter cet oiseau des villes, ressemblant plus à une chouette, celle de la sage Athéna ou à un hibou perçant la nuit, cette nuit brune qui submergea en 1939 la Tchécoslovaquie, le pays de Krasà.
Décors et costumes de Rudy Sabounghi dans l’évocation d’une salle de classe que les moins de 60 ans n’ont pas connue, une salle avec les bancs doubles et pupitre, une salle sans professeur mais où règne la discipline. Lumières de François Thouret.
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Brundibár © Antoine Prodhomme, 2 juin 2026, Opéra-Comique
Brundibár précédé dans sa représentation par la joyeuseté de Leoš Janáček, Mládí (Jeunesse). Comme si cette Suite pour sextuor à vents (flûte, hautbois, clarinette, cor, basson et clarinette basse), créée à Brno le 21 octobre 1924, voulait nous apporter un moment de bonheur et d’espérance ;
Francis Poulenc, Un soir de neige, Cantate de chambre pour chœur mixte a cappella, sur un poème de Paul Éluard (extraits), créée à Paris le 21 avril 1945 ;
Jean-Claude Grumbert, De Pitchik à Pitchouk, Un conte pour vieux enfants, publié au Seuil en 2023, adaptation par Jean-Claude Berutti et Muriel Mayette-Holtz pour une rencontre improbable entre une grand-mère veuve et un vieux Père Noël ;
Francis Poulenc, Quatre motets pour le temps de Noël, Motets pour chœur mixte a capella sur les textes de la liturgie de Noël (extrait), créés à Madrid en 1952, 1, O magnum mysterium ;
Francis Poulenc, Un soir de neige, 1. De grandes cuillers de neige ;
Henri Martinet, Petit Papa Noël, Chanson sur des paroles de Raymond Vincy, créée en 1946 par Tino Rossi dans le film Destins de Richard Pottier ;
Dernière note de Brundibár.
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Brundibár © Antoine Prodhomme, 2 juin 2026, Opéra-Comique
Le rideau de tulle tombe et se projettent les images d’un film de propagande, démonstration d’une parfaite manipulation, un extrait muet d’une représentation filmée de Brundibár dans le camp de Tezerin (extrait du documentaire Theresienstadt (1944)). L’on tremble en songeant à ce que les maîtres de Berlin auraient fait avec l’Intelligence Artificielle que l’on ne cesse de nous vanter d’un : n’ayez pas peur. Se demandant comment le Comité international de la Croix Rouge se laissa berner le 23 juin 1944 lors de sa visite de ce ghetto de Theresienstadt au sein de la forteresse de Tezerin.
Dans la transparence de la tulle, se devinent les enfants de la Maîtrise ôtant leur blouse d’écolier et apparaissant en costume de prisonniers. Le fond du plateau ouvre une porte de lumière étroite et haute dans laquelle ils disparaissent, engloutis. Non pas la lumière éblouissante rédemptrice, salvatrice, celle de la pureté mais celle des flammes des cheminées de la mort. Celles d’Auschwitz-Birkenau, camp de la mort vers lequel fut déportée une majorité de Theresienstadt en octobre 1944.
Représentation se clôturant par Ich wandre durch Theresienstadt, chanson écrite et créée dans le ghetto, Camille Flament interprétant ce solo dans la nudité et l’immensité du plateau. Sensation glaciale dans des paroles n’offrant aucun espoir de liberté.
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Brundibár, spectacle avec la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique © Stefan Brion, Opéra-Comique, juin 2026
Peut-on applaudir ? Doit-on applaudir ou laisser, seul, le silence devenir maître des lieux ?
Oui, applaudir pour cette générosité de la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, pour tous ces jeunes choristes. Quelle discipline et quel travail, leur a-t-il fallu, souligne Muriel Mayette-Holtz, pour arriver à ce lâcher prise, tous entraînés par la passion de Louis Langrée – dirigeant pour la première fois cette Maîtrise - à la tête des Frivolités Parisiennes.
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Brundibár © Antoine Prodhomme, 2 juin 2026, Opéra-Comique
Hans Krása, Brundibár, livret d’Adolf Hoffmeister
Opéra pour enfants en deux actes créé à Prague en 1942. Puis au camp nazi de Theresienstadt le 23 septembre 1943 et suivi de 54 autres représentations.
Version de Terezín, 1943, traduction française de Nora Obertelova et Alena Sluneckova, adaptation de Chantal Galiana
Opéra-Comique 3, 6, 7 et 8 juin 2026
Toutes les places à 30 €. https://www.opera-comique.com/fr
Prochaine mise en scène de Jean-Claude Berutti, celle de Lohengrin à l’Opéra royal de Wallonie-Liège en janvier 2027.