Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Musique. Festival. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art. Entretien.


Une exposition anniversaire mâtinée d’une certaine Artificielle Intelligence – Les 20 ans du Mrac de Sérignan

Publié par Gilles Kraemer sur 25 Octobre 2026, 23:57pm

Catégories : #Académie des beaux-arts, #Entretien à 210 km-h, #Expositions France

Gilles Kraemer

envoyé spécial

 

Stop the machine ! Au Mrac Occitanie à Sérignan.

Un bel anniversaire pour ce musée régional d’art contemporain fêtant ses 20 ans. Telles des bougies, des œuvres choisies dans trois institutions de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, celles des collections du Frac Occitanie Montpellier, du Frac Occitanie Toulouse - Les Abattoirs & du Musée régional d’art contemporain Occitanie à Sérignan.

A gauche, Gérard Fromanger, Corps à corps, Orangé, 2003. Huile et acrylique. Collection Mrac  //  Erró, Sans titre, non daté. Six céramiques peintes. Collection Mrac  //  Erró, Après Guernica, 1962-2005, 1963-2005. Huile sur toile. Collection Mrac © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Deux cent soixante-quatorze artistes, de l’espagnol Carlos Aires (1974), Sweet Dreams [Are Made of This] (2016), photographie présentant deux policiers en uniforme dans la salle de bal du Museo Cerralbo, à Madrid à l’algérienne Amina Zoubir (1983).

Quatre cent soixante-quinze œuvres. La plus ancienne est Natacha (1931), photographie d’Emmanuel Radnitzky dit Man Ray (1890 - 1976), dont l’on propose trois autres épreuves en noir et blanc, de 1932 à 1936, appartenant au Frac Occitanie Montpellier.

In situ, exposition anniversaire des 20 ans du Mrac Occitanie Stop The Machine !, Sérignan © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Commissariat de Fabrice Bousteau, directeur et rédacteur en chef de Beaux-Arts magazine, (également directeur de la rédaction de Le Quotidien de l’art, deux magazines appartenant à Frédéric Jousset) assisté de Lef Kazouka, Jean-Baptiste Lepeltier et de l’IA. Cherchez l’intru éventé, vanté ou invité, dans ce recours à l’Intelligence Artificielle, lorsque l'on proclame l'informatique intelligente. À laquelle Patrice Bousteau reconnaît avoir eu recours face à l’ampleur de se mesurer aux 4 000 œuvres détenues dans ces trois institutions, en acceptant ce commissariat d’exposition, le challenge de ces choix cornéliens !

Exposition sur la couleur en 2012 © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Le qualificatif d’intelligence est un peu fort, disons plutôt inspiration. Reconnaissant, comme le souligne Patrice Bousteau, quelques difficultés « d’être à la hauteur de la qualité des expositions proposées depuis deux décennies par ce lieu emblématique […] sans jamais véritablement trouver d’idée ».

Plusieurs mois de réflexion dans la vastitude de ces trois collections et soudain miracle ! Pourquoi pas essayer l’IA afin que « ses applications les plus sophistiquées suggèrent des concepts d’exposition, de scénographie, de mise en espace et d’accrochage ».

L’IA auto-proclamée Géo Trouvetou comme colonne vertébrale d’une exposition !

Renoncement du cogito pour un moins d’effort, moins de réflexion, moins de curiosité, moins de savoir-faire ! La machine devient un concurrent, sous-entendant cependant une obligation de corriger les erreurs de celle-ci. Elle n’est pas infaillible. Doit-on devenir les prolétaires de la pensée artificielle proclamée omniscience ou continuer à produire des réflexions ?

Il faut accepter le douter et placer Le Discours de la méthode à côté de son oreiller.

L’aveu avoué de l’artifice serait-il à prendre en compte pour une recension de cette exposition et devrait-on faire appel à l’IA pour proposer un verbatim ? Réponse de la machine à la même machine ?

Johan Creten, Les Arnie / Les Ruches, 1997. Huit céramiques émaillées. Collection Frac Occitanie Montpellier © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026

Étonnante la non allusion, lors de la présentation presse de Sérignan, de l’exposition Constellations (13 mai – 26 novembre 2023) au Musée d’art moderne de Céret, commissariat de Clément Nouet, directeur du Musée régional d’art contemporain de Sérignan, autour d’un choix d’œuvres provenant de Les Abattoirs - Frac Occitanie Toulouse, du Frac Occitanie Montpellier et du Mrac de Sérignan. https://www.beauxarts.com/expos/kusama-soulages-boltanski-une-sublime-constellation-doeuvres-contemporaines-a-ceret/

Exposition comme un avant-goût réduit de celle qui sera imaginée trois années plus tard, dans un autre lieu institutionnel du territoire Occitanie, avec toujours les mêmes institutions !

Une même approche de l’exposition céretane par cette présentation-bilan de la politique d’acquisition de ces trois institutions, un état des lieux de la constitution de ces collections publiques qui ont vocation à être diffusées sur le territoire où elles sont implantées. Les mêmes problématiques que celles reprises pour Sérignan. À Céret, un nombre réduit d’artistes : treize femmes, vingt-cinq hommes, un duo. A Sérignan, ils sont 7 fois plus puisque l’intégralité des salles d’exposition et du musée est consacrée à cette exposition.

Yayoi Kusama, Dots Obsession, 1998. Peinture, miroirs, ballons, adhésifs, 280 x 600 x 600 cm.. Collection les Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse  //  Ben (Benjamin Vautier, dit), Il se passe toujours quelque chose à Sérignan, 1995. Huile sur toile, 42 x 50 cm.. Collection Mrac Occitanie Sérignan © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026..

Pièce maîtresse et très communicante de l’exposition de Céret comme celle de Sérigan, Dots obsession. Infinity mirrored room (1998) de la japonaise Yayoi Kusama (1929 - 2026), pertinent achat des Abattoirs en 1999, ballons et ces miroirs façon ambiance La Dame de Shanghai. Sur son mur extérieur, un rappel du lieu où nous sommes il se passe toujours quelque chose à Sérignan (1995), du trublion Ben (1935-2024). https://www.lecurieuxdesarts.fr/2023/09/de-quelques-constellations-dans-les-cieux-de-ceret.html

Masaki Nakayama, Body scale, circle triangle square (1977), collection du Mrac© photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026 

Au premier plan, Nina Childres, H Escalier, 2002. Huile sur toile. Collection Frac Occitanie Montpellier   //  Peter Stämpfli, Olsen, 1991. Huile sur toile. Collection Mrac © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Autres pièces présentées dans les deux lieux. De Masaki Nakayama, Body scale, circle triangle square (1977), collection du Mrac, dans la rigueur de trois formes géométriques : cercle, triangle et carré. H. Escalier (2002) de Nina Childress, collection Frac Montpellier.

à gauche, Djamel Tatah, Sans titre, 1993. Huile et cire sur toile et bois, 244 x 174,5 x 5 cm.. Collection les Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Carole Benzaken et Claude Vialat, vue de l’exposition anniversaire des 20 ans du Mrac Occitanie "Stop The Machine !", Sérignan, 2026 © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026

au sol Jean-Michel Othoniel, Trois étoiles, Passe au Fumoir, 1992. Manteau, chaussures et pantalon soufrés, dimensions variables. Collection Frac Occitanie Montpellier. Photo Jean-Luc Fournier © Adagp, Paris, 2026

Ou de Djamel Tatah, Sans titre (1993), collection les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse, œuvre dans la section bleu, le choix des sections ayant été de catégoriser les œuvres dans une couleur, un parcours chromatique, passant du bleu au noir & blanc, du brun avec Les ruches de Johan Creten (1997) au rouge d’une toile libre de Claude Viallat (1988), du jaune d’une pièce soufrée de Jean-Michel Othoniel, démarche peu montrée avec Trois Étoiles. Passe au fumoir (1992) au vert de la ludique piscine de ballons Halft the Air in a Given  Space (2001) de Martin Creed qu’il faut traverser pour terminer dans le fédérateur du magna fusionnel du multicolore de la pièce iconique de Daniel Buren, La Cabane éclatée aux caissons lumineux colorés (1999-2000).

Fabrice Hyber (signant encore Hybert), Sans titre, entre 21 juin et 1er juillet 2003 durant son séjour à Sérignan. Crayon et aquarelle sur papier. Collection Mrac © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026

Et aborder le cabinet des dessins, présenté tel un Kunstkammer. Permettant de découvrir que Fabrice Hyber signait Hybert avec un « t » en 2003 ; ce Lion d'Or de la XLVIIème Biennale de l’art de Venise en 1997, ôta le T terminal de son nom pour reprendre sa liberTé en 2004.  

Nullement un parcours Voyelles façon Arthur Rimbaud « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu » mais une déambulation née de la présence de Rotation (2006) de Buren, travail in situ de vinyles colorés auto-adhésifs sur les 46 fenêtres et les portes du musée. Œuvre qu’il avait conçue sur les parois vitrées de cette institution, toujours en place, tellement forte dans l’identité du bâtiment.

Clément Nou est le directeur du Mrac de Sérignan depuis février 2022, après en avoir été directeur par intérim après le départ de Sandra Patron au CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux en septembre 2019. Connaissant parfaitement les arcanes de cette institution où il fut nommé directeur adjoint en 2006 après avoir été en poste au musée du Quai Branly – Jacques Chirac.

Pour celui-ci, il faut revenir à la définition même du musée qui est une collection, le fonds de Sérignan étant riche de plus de 700 œuvres. Contrairement à un centre d’art qui produit des expositions.

La ligne de conduite sérignanaise est la passion, l’envie dans la présentation de l’art contemporain dans sa diversité, cet art actuel qui n’est pas un mais pluriel souligne-t-il. Cette richesse d’une collection en région dans sa diversité, richesse démontrée par les expositions collectives – Marcher dans la couleur en 2012 ou individuelles – Anne et Patrick Poirier en 2021 ou Nathalie Du Pasquier l’année suivante, qui se succédèrent depuis son ouverture. Un grand musée, dans une ville de 8 500 habitants, précise Clément Nouet, une magnifique utopie qui fête ses 20 ans.

Stop the machine !

20 ans du Mrac Occitanie. Avec les collections du Frac Occitanie Montpellier, du Frac Occitanie Toulouse - Les Abattoirs & du Musée régional d’art contemporain Occitanie à Sérignan

26 septembre 2026 - 7 mars 2027

Musée régional d’art contemporain Occitanie/Pyrénées-Méditerranée - 34410 Sérignan

Commissariat de Fabrice Bousteau assisté de Lef Kazouka, Jean-Baptiste Lepeltier et de l’IA

Pas de catalogue. Hors série de Beaux-Arts magazine

https://mrac.laregion.fr/

Clément Nouet, Fabrice Bousreau - Daniel Buren, De l’horizontale à la verticale, travail in situ, 2026. Autoadhésif spécial sol avec impression numérique noire 11 × 1,95 m, bandes autoadhésives blanches et noires sur le mur et poutres colorées bleues, jaunes, rouges et vertes pour 4 vasistas © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026

Buren et Buren dans l'entrée du Mrac Sérignan © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

Buren, Photo-souvenir Rotation © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, automne 2026.

En 2006, l’artiste avait participé à l’exposition inaugurale du nouvel établissement - Photo-souvenir Rotation -. L’œuvre qu’il avait alors conçue sur les parois vitrées, Rotation est toujours en place aujourd’hui. Elle appartient pleinement à l’identité du bâtiment. « Il y a vingt ans, je proposais au musée à Sérignan un travail in situ et permanent se développant sur tous les espaces vitrés de ce nouveau lieu […]. Chaque fenêtre est découpée en quatre par ses diagonales, chacun des triangles obtenus correspond à une couleur de base, soit le bleu […], le jaune […], le rouge […] et le vert […], un triangle rayé de bandes blanches et transparentes se déplace de fenêtre en fenêtre, en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre et en annulant ainsi la couleur qui aurait dû se trouver à cet emplacement. », se souvient l’artiste.

Vingt ans plus tard, Daniel Buren revient au Mrac avec De l’Horizontale à la Verticale, une pièce pensée spécifiquement pour l’architecture du musée et en relation avec son intervention de 2006. L’œuvre investit les espaces d’entrée : elle se déploie dans le hall, accompagne le public vers l’accueil et se poursuit jusque dans la librairie. Comme son titre le suggère, elle se développe simultanément au sol et dans la partie supérieure. Le motif relie ainsi le plan horizontal du sol à la verticalité du bâtiment et modifie la perception des volumes, des circulations et des perspectives.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents