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LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Ouvrez, ouvrez vite vite les cartons de dessins de Jean Lurçat

Publié par Gilles Kraemer sur 19 Juillet 2021, 19:25pm

Catégories : #Expositions Paris

Gilles Kraemer

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux / Regardez-les s'envoler, c'est beau.

Jean Lurçat, Les amours d’Ocello, 1919 (du cycle d’Ocello). Gouache sur papier. 56 x 70 cm. © ADAGP / Fondation Lurçat – Académie des beaux-arts.

Ouvrez, ouvrez vite le carton de dessins / Regardez s’envoler les Amours d’Ocello, au nom si transparent, un représentation d'un monde parfait pour Jean Lurçat qui a vécu dans sa chair les horreurs des tranchées de l’Argonne, qui vivra la montée des extrêmes, s’engagera brièvement aux côtés des Républicains en Espagne en 1936, sera membre du Comité de Libération du Lot en 1944. Immergez vous dans le monde intime de Jean Lurçat (1892-1996), celui de son œuvre sur papier.

Jean Lurçat, Ésope, 1947 (détail). Carton de tapisserie, gouache et crayon sur papier fort. Fondation Lurçat – Académie des beaux-arts © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2021.

Jean Lurçat, Cormoran et libellule, ca 1947. Encre et aquarelle. 29 x 22 cm. © ADAGP / Fondation Lurçat – Académie des beaux-arts.

De lui, l’on retient le peintre, le peintre-cartonnier, l’un des rénovateurs de la tapisserie, le créateur de l’immense tenture de L’Apocalypse visible naturellement à Angers. De l’art de la lisse, vous ne verrez que le carton d’Ésope (1947) et, ne vous attendez pas à retrouver le coq ou le papillon, si emblématiques dans sa démarche auprès des ateliers d’Aubusson. Ils ne figurent pas dans l’exposition. Les gouaches de Lucane, de la Chouette bleue ou du Cormoran renvoient à cette nature foisonnante dans ses tapisseries.

L’exposition, plus de 80 œuvres inédites pour la plus grande part, que lui consacre l’Académie des beaux-arts dont il fut l’un des membres, met en lumière cet aspect méconnu de cet artiste qui fut un élève de Victor Prouvé en 1910 avant de fréquenter brièvement l’atelier de Cormon puis l’Académie Colarassi et la Grande Chaumière. 

Toutes ces œuvres proviennent de la collection personnelle de cet artiste – ou acquises avec le soutien des Amis de la Fondation Jean et Simone Lurçat tel le Projet pour le ballet Jardin public (1934) -, conservée à la Maison-atelier Lurçat, propriété de l’Académie des beaux-arts depuis l’important legs en 2009 de Simone Lurçat, veuve de Jean. Celui-ci comprend la maison de l’artiste construite par son frère André Lurçat, située Villa Seurat (XIVe arrondissement), avec tout son mobilier, les archives personnelles du peintre, ainsi que de nombreuses œuvres de sa collection : peintures, tapisseries, livres illustrés, céramiques et œuvres graphiques. (1)

Comme le souligne Laurent Petitgirard, Secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, il s’agit d’une œuvre extraordinaire que l’on découvre et que l’on montre.  

En mai 2016, au Seul bruit du soleil, en partenariat avec la Fondation Jean & Simone Lurçat, la galerie des Gobelins invitait à (re)découvrir le parcours, scénographié par Wilmotte & Associés, de cet artiste-peintre, céramiste, créateur de tapisseries. Ici, dans les salles du pavillon Comtesse de Caen également scénographiées par la même agence, il apparaît comme un observateur des époques qu’il a traversées, dans ce parcours chrono-thématique se terminant par une dernière image très forte, celle d’un dandy - mais, à cette époque les artistes aimaient apparaître cravatés - dans son atelier, photographié par Thérèse Bonney en 1926, photographie présentée à côté d’une de ses peintures, Le marin grec (1926) pour rappeler qu’il est aussi peintre dans cette exposition le remettant en lumière. Une unité dans une diversité de son parcours ajoute Martine Mathias, co-commissaire avec Xavier Hermel pour lequel cette exposition est une exposition de découvertes avec des Fantassins dans leurs tranchées, face à l’horreur ou cette Femme enceinte (1916) mais en deuil de son époux fauché par la Grande guerre.

Jean Lurçat, Isola d’Ischia, 1953. Gouache sur papier. 52 x 72 cm. © ADAGP / Fondation Lurçat – Académie des beaux-arts.

Le dessin au cœur de sa création, le dessin pour le dessin, le dessin pour s’exprimer, très abouti. Dans une poétique de ses œuvres et de correspondances. Magnifique Isola d’Ischia, souvenir de son séjour au printemps 1953, en Italie, cette année. Des rochers comme des corps de géants, des nuages blancs, un ciel pointilliste bleu et rose. Magique cette gouache.

 

Lurçat intime. Œuvres sur papier de la Fondation Jean & Simone Lurçat – Académie des beau-arts.

24 juin – 15 août 2021

Pavillon Comtesse de Caen – Institut de France

Commissaires de l’exposition : Martine Mathias, conservateur en chef du patrimoine, membre du comité scientifique de la Fondation Jean et Simone Lurçat, Xavier Hermel, administrateur de la Fondation Jean et Simone Lurçat.

Brassaï (1899-1984), Jean Lurçat dans le salon de sa maison-atelier, villa Seurat, 1947, tirage argentique. © Collection Fondation Jean et Simone Lurçat – Académie des beaux-arts. Avec un œil attentif, plié en deux sur son bureau, le journal l'Humanité.

Catalogue. Lurçat intime. Œuvres sur papier. Texte de Martine Mathias. 94 pages. Co-édition Académie des beaux-arts / Éditions des cendres. Prix 25 €. Comme toujours, la qualité de la maison d’éditions des cendres est au rendez-vous.

(1) http://www.lecurieuxdesarts.fr/2021/01/academie-des-beaux-arts-jean-michel-wilmotte-elu-directeur-de-la-maison-atelier-lurcat.html

http://www.lecurieuxdesarts.fr/2020/06/l-academie-des-beaux-arts-lance-les-travaux-de-renovation-de-la-maison-atelier-de-jean-lurcat.html

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