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LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Prends garde à la douceur des pins de la Villa Médicis - Astrid de La Forest

Publié par Gilles Kraemer sur 17 Juillet 2021, 21:37pm

Catégories : #Art des jardins, #Expositions France, #Italie, #Rome

Gilles Kraemer (déplacement et séjour à titre personnel à Arles)

 

Dans Arles, où sont les Aliscans, / Quand l'ombre est rouge, sous les roses, / Et clair le temps, / Prends garde à la douceur des choses, / Lorsque tu sens battre sans cause / Ton cœur trop lourd; / Et que se taisent les colombes : / Parle tout bas si c'est d'amour,  /Au bord des tombesPaul-Jean Toulet.

Astrid de La Forest, Triptyque II, 2018( détail) © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Arles, galerie Regala, juillet 2021.

Dans la Nuit. Dans l’ombre. En Nocturne. Dans le Crépuscule, l’instant où la lumière cesse. Dans l’Aube, dans ce point du jour – j’aime beaucoup cette expression du jour commençant à poindre -. Dans ces instants encore intenses de silence, dans cet avant, dans cet après, prends garde à la douceur des choses, dans ce lieu désirable & désiré de tous les artistes, la Villa Médicis qui fut la demeure de Monsieur Ingres, d'abord pensionnaire puis directeur.

À la Villa Médicis – Académie de France à Rome © remerciements à Astrid de La Forest ©  photographie Astrid de La Forest, Rome.

En résidence, dans ce palais construit pour un prince florentin de la Renaissance, Astrid de La Forest a regardé les grands pins parasols, l’Arbre tellement emblématique de ce lieu, de ses allées, de cet immense parc établi sous Ingres.

Éternité du lieu mais fragilité. Face aux conséquences de la tornade de novembre 2016, sept arbres furent démontés – l’on n'abat jamais un arbre – en janvier 2017. Lors de l’exposition de Katharina Grosse et Tatiana Trouvé Les Nombreuses Irrégularités à la Villa en février-avril 2018, cette dernière plasticienne avait créé Ingres wood – dont l’on verrait une sœur jumelle à la FIAC quelques mois plus tard dans une méga galerie étasunienne - en utilisant des morceaux d’un des pins du jardin médicéen et lui redonnant vie en couleurs.

Astrid de La Forest. Fresque, 2020, gravure au carborundum sur vélin d'Arches, 70 x 70 cm. chaque // Aube III, 2021, lithographie, 37,5 x 53,5 cm. © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Arles, galerie Regala, juillet 2021.

Sensible démarche qu’Astrid reconstruit dans ses Collage bleu, ses estampes présentant des fragments des troncs. Ou sa Fresque, six carborundums assemblés dans des tête-bêche, six estampes à acquérir en bloc.

C’est à Arles, à la galerie Regala, qu’Astrid présente les œuvres issues de ses séjours romains et inspirées de ses carnets de dessins, verbatim retranscrit au carborundum, en monotype, en lithographie, d'encre et gouache, de pastel. Parfois dans l’adjonction d’un marouflage de papier de chine sur Arches. Ceux qui aiment l’estampe savent ce que cette dernière pratique procure de sensible à l’œuvre imprimée.

Astrid de La Forest, Triptyque II, 2018, gravure au carborundum et encre sur papier de chine marouflé sur vélin d'Arches, 126 x 52 chaque, exemplaire unique © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Arles, galerie Regala, juillet 2021.

Pour ses images de noir profond, de bleu, d’ocre, de beige, elle a choisi Prends garde à la douceur des choses, comme titre de son exposition. Ces vers de Jean-Paul Toulet ont souvent bercé la jeune Astrid, réveillée chaque matin par un poème déclamé par son père, qui lui transmettait les souvenirs forts de ses séjours arlésiens.

Étrange comme certains pins peuvent devenir une animalité ! Regardez Aube III. Que voyez-vous dans cette lithographie ? Des pins parasols naturellement. Mais, plus attentivement, leurs troncs paraissent des pattes et leurs sommets des corps félins, des ombres menaçantes dans le matin rosé et bleuté du Pincio. Ceci est étrange comme dans la Nuit, le ciel devient incendiaire des lumières de l’Urbs.

Astrid de La Forest, Collage bleu I, 2021 // Colombe bleue, 2020 // Aube III, 2021 // Nocturne II, 2021 // Nocturne III, 2021 © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Arles, galerie Regala, juillet 2021.  

Prenez garde à la douceur des choses ! Envoûtement et, éventuellement syndrome de Stendhal… Normal, Lei è in Italia, nell' bell’paese. Attenzione all’ombra dei pini.

À la Villa Médicis – Académie de France à Rome © remerciements à Astrid de La Forest ©  photographies Astrid de La Forest, Rome.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Astrid de La Forest - Prends garde à la douceur des choses

3 juillet - 12 septembre 2021

Galerie Regala

12, plan de la Cour – Arles

Un Cahier #3, édité à 500 ex., dont 150 contiennent une estampe; trois gravures différentes ont été tirées à 50 ex., accompagne cette exposition. Textes d'Emmanuelle Devos, Frédéric Mitterrand & Florian Rodani.

contact@galerieregala.com

Astrid de La Forest, Nocturne III, gravure au carborundum et encre sur papier chine marouflé sur vélin d'Arches, 144 x 72 cm., exemplaire unique //  Aube I, 2021, gravure au carborundum sur encre marouflé sur vélin d'Arches, 70 x 70 cm., exemplaire unique © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Arles, galerie Regala, juillet 2021, 

En plein cœur d’Arles, à l’angle de la rue de la Calade qui monte vers les arènes, et de la rue du Palais conduisant à la place du Forum, la galerie Regala, toute petite mais démultipliée par un grand miroir, mémoire d’une exposition qui fit l’enfant chéri du pays Christian Lacroix. Attention au sol trompe-l’œil dans un renvoi à la cour avignonnaise de l’Hôtel de Villeneuve-Martignan. Je m’y suis laissé surprendre.

 

 

 

 

 

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