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Publié par Gilles Kraemer

Jean-Baptiste Perronneau, Portrait d’Aignan Thomas Desfriches, 1751. Pastel sur papier bleu vergé. 61 x 51 cm.. Signé deux fois, vers le milieu à gauche et en haut à gauche. Musée des Beaux-Arts d'Orléans © Orléans, Musée des Beaux-Arts, Christophe Camus. 

Le musée des Beaux-Arts d'Orléans consacra cet été 2017 sa première rétrospective à Jean-Baptiste Perronneau (Paris vers 1715-1716 - 1783 Amsterdam). Ce musée détenant 22 œuvres de cet artiste, quel lieu plus idéal pour cette exposition de 73 numéros - peintures et 53 fragiles pastels de Perronneau - ! Dont la récente acquisition par le musée orléanais, en vente publique, du portrait de son ami Aignan Thomas Desfriches, vêtu d'une robe de chambre "couleur d'air", entre bleu ciel et bleuet, le fondateur de cette institution, pastel conservé dans sa descendance jusqu'en 2016. Vous en saurez plus, dans la lecture de la notice, de ce négociant orléanais, dessinateur, collectionneur ainsi que celle de son épouse, pastel acquis également par Orléans en 2017, deux portraits qui figurèrent à cette exposition.

Infatigable arpenteur de l'Europe, en un siècle où le français s'entendait et s'écrivait de Lisbonne à la Russie - Casanova ne rédigea-t-il pas ses Mémoires en français ? -, il se rendit à Bruxelles et à La Haye en 1754, à Rome et Turin, à Londres, visita le Grand-duché de Bade et différentes principautés allemandes, séjourna à Madrid, à Saint-Saint-Pétersbourg en 1781 puis en Pologne.

Jean-Baptiste Perronneau, Portrait d’une femme en robe bleue et de son serviteur noir. Pastel sur papier entoilé, tendu sur chassis. 64 x 54 cm.. Musée des Beaux-Arts d'Orléans. Acquis en vente publique en mars 2017, collection Georges de Castellane, Christie's Paris © LTD Christie’s.

Le catalogue qui accompagnait cette exposition - dans lequel appert toute la précision de Dominique d'Arnoult qui publia la monographie de cet artiste (2014, éditions Arthena) - est le pertinent prolongement-souvenir de cette exposition. Très scientifique - goûtons le plaisir d'un ouvrage qui ne se résume pas, comme trop souvent à un suite de photographies -, l'ouvrage revient sur les "amitiéz àffectuéz" nouées entre le peintre et Desfriches, le mythe de la rivalité lancé par les Goncourt entre Perronneau et Quentin Delatour, l'influence de Rembrandt, les autres pastellistes, l'apport de la restauration et de l'histoire des techniques à la connaissance de la pratique du pastel par ce peintre, la fortune de son œuvre, du XVIIIe au XXIe siècle. Le catalogue suit le parcours chronologique de cet artiste, d'un crayon des années 1734 à deux huiles de M. et Mme Jacob Boreel, 1778.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Baptiste Perronneau, Portrait d’un homme de face en habit et veste de velours bleu roi, main gauche dans l'échancrure de la veste, 1748. Pastel sur papier marouflé sur toile. 72 x 54 cm.. Signé et daté vers le bas à droite. Collection privée © collection privée.

Perronneau saisit ses sujets, des princes - Charles Alexandre de Lorraine ou le prince d'Ardore - à la bourgeoise orléanaise - Pierre Clément Raguenet - au naturel. Aucune flatterie. Aucune complaisance. L'homme en habit bleu assure sa suffisance, Mlle de L'Épée assume son embonpoint et son double menton, Mme de Sorquainville esquisse un sourire pincé, Jean François de La Fontaine proclame son ascension sociale. Le masque tombe devant le portraitiste du siècle des Lumières.

Léporello à Don Giovanni "Signor, guardate un poco, che maschere galanti!" 

Gilles Kraemer

 

Jean-Baptiste Perronneau. Portraitiste de génie dans l’Europe des LumièresCatalogue. 192 pages. 190 illustrations. Ouvrage collectif sous la direction de Dominique d'Arnoult et Olivia Voisin. Textes de Dominique d'Arnoult, Christian Michel, Neil Jeffares et Valérie Luquet. Coédition Lienart / musée des Beaux-Arts, Orléans. Prix 29 €.

 

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