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La Rome impériale en très grand format à Rouen

Rome 312, détail. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015

Si vous aimez les péplums, l'entrée spectaculaire à Rome de Elizabeth Taylor dans Cléopâtre, le triomphe de Quintus Arius dans Ben Hur ou Maximus Decimus dans Gladiator découvrant Rome, vous serez comblés. Si vous préférez la Vie des douze Césars de Suétone, connaître ce que fut cette ville qui gouverna l'Europe, le nord de l'Afrique, le Proche-Orient, vous aimerez. Si la reconstitution architecturale de l'Urbs vous passionne, vous appprécierez. Laissez vous submerger par la vision en très grande taille de la Rome impériale en 312 après Jésus-Christ offerte dans toute sa magnificence. Rien de moins qu'un déploiement de 31 mètres de haut sur 101 mètres de long, une tenture présentée en un panorama circulaire édifié sur la rive de la Seine, à Rouen. Ce panorama, le premier construit en France depuis plus d'un siècle, dénommé Le Panorama XXL de Rouenprésente l'immense restitution de cette ville qui domina les pourtours de la Méditerranée pendant quelques siècles.

Le panorama naît en 1785, inventé par le peintre écossais Robert Barker, avant de connaître un développement considérable tout au long de XIXe siècle ; il s'agit d'une peinture présentée dans un dispositif circulaire -une rotonde-, visible du spectateur placé sur une plate-forme au centre du bâtiment, en une vision de 360 degrés. Un passage couvert de Paris, dans le 2eme arrondissement, nommé Passage des Panoramas puisque s'y trouvaient au début des années 1800 deux panoramas, l'un représentant une vue de Paris depuis le palais des Tuileries, l'autre le départ des Anglais de Toulon en 1793, évoque cette mode du panorama au XIXème siècle. L'architecture du Théâtre parisien du Rond-Point vous rappellera que ce lieu fut précédemment un panorama édifié sous le Second Empire pour y présenter les faits militaires de La Prise de Sébastopol puis de La Bataille de Solférino, panorama succédant lui-même à un bâtiment édifié sous Louis-Philippe dans lequel l'on y montra des événements liés à Napoléon Ier : Les Incendies de Moscou, La Bataille d'Eylau et La Bataille des Pyramides.

 

 

Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015

Rome 312. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015

Cette restitution, à Rouen, de la Rome des Césars fige la ville à un moment précis de son histoire, le moment de la bataille entre les troupes romaines de Maxence et celles de Constantin au pont Milvius enjambant le Tibre le 28 octobre 312, la défaite de Maxence et la proclamation de Constantin en qualité d'Auguste. Moment fort aussi des débuts de la christianisation de l'Empire. Instants de l'entrée triomphante de Constantin dans Rome que ce panorama nous dévoile.

Cette fresque -images numériques imprimées sur des lés de trois mètres de large ensuite assemblés- est l'oeuvre de Yadegar Asisi et de son équipe. D'origine iranienne, né à Vienne, après des études à l'école des Beaux-Arts de cette ville puis d'architecture à Leipzig, Yadegar Asisi s'installe à Berlin en 1979.

Ce panorama de Rome, il l'imagina en 1993 pour une exposition à Bonn, en s'inspirant du Panorama de Rome avec l'entrée de Constantin en l'an CCCXII, de 1888, conçu par Josef Bühlmann et Alexander von Wagner sur une surface de 1 800 m². Il concrétisa quelques années plus tard, en 2005, pour le panomètre de Leipzig une nouvelle approche de la ville, retravaillée pour Dresde en 2011, puis en 2014 pour le gazomètre de Pforzheim dans le Bade-Wurtemberg. A chaque fois, c'est une nouvelle approche de Rome, dans des recompositions des distorsions de la perspective, une modification du premier plan, l'ajout de personnages en premier et second plan, le jeu de la lumière, la modification du ciel et de ses nuages, l'incrustation de ruines au premier plan. Aucun panorama n'est semblable à son prédécesseur pour transcrire cet instantané des monuments de la Rome antique tous édifiés, exceptée la basilique de Maxence et Constantin que l'on aperçoit en cours d'achèvement. 

« Je fonctionne comme un romancier ou un cinéaste, je fais parler l'humanité » précise Yadegar Asisi en présentant son travail, insistant  « [qu'] il s'agit du témoignage d'un instant de l'histoire, celle de Constantin [...] C'est une ville en ruines que je cicatrise ».

Regardez le film projeté avant d'entrer dans la salle du panorama dans lequel l'artiste explique son travail, comment il procède en regardant la Maquette de Rome au Museo della Civiltà Romana à Rome restituant l'Urbs au temps de Constantin, en dessinant les ruines des Forums et des monuments antiques de cette ville mythique. Cette ville, il nous en offre diverses approches depuis le mont Capitolin, l'une des collines de Rome, selon qu'on la regarde du sol ou des plates-formes de 9, 12 et 15 mètres, dans une journée d'une vingtaine de minutes, allant des premières lueurs du jour à la nuit. Le tout dans une accompagnement musical d'Érik Babak, faisant parfois penser aux sonorités musicales des films péplums, telle la musique de Gladiator, cette musique que l'on imagine celle de Rome avec des chœurs grandiloquents. L'on entendra des cris d'enfants, la foule, un tailleur de pierre. Des oiseaux, des cigales, le hennissement d'un cheval, le miaulement d'un chat au petit matin.

 

 

Rome 312, détail. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015
Rome 312, détail. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015

Rome 312, détail. Panorama XXL de Rouen / Yadegar Asisi © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015

Si vous détaillez cette immense fresque, vous apercevrez quelques personnes déboulonnant la statue d'un Auguste érigée sur la muraille Servienne. Et, non loin un couple vu de dos, un homme guidant un âne sur lequel une femme est assise. Ceci ne vous rappelle-t-il pas deux personnes se rendant au recensement de Bethléem ? Comme un télescopage, en quelques mètres d'intervalle, entre les prémisses de la chute du monde antique et l'avènement d'un nouveau temps.

Prochaines évasions au Panorama avec l'Amazonie en septembre 2015 puis la découverte de Rouen gothique au printemps 2016, une commande de la Métropole Rouen-Normandie.

Gilles Kraemer

 

Rome 312

Le Panorama XXL

quai de Boisguilbert – 76 000 Rouen

du mardi au dimanche

Internet www.panoramaxxl.com

Catalogue Rome 312. 108 pages. Éditions asisi

 

 

La Rome impériale en très grand format à Rouen

Joseph-Désiré Court, Martyre de sainte Agnès, 1864-1865. Huile sur toile. Détail. Musée des Beaux-Arts de Rouen © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015.

Prolonger votre séjour à Rouen pour vous rendre au musée des Beaux-Arts. Vous y verrez la peinture de très grand format du Martyre de sainte Agnès dans le Forum romain en l'année 303, sous Dioclétien de Joseph-Désiré Court. Les édifices représentés correspondent à des bâtiments de la Rome antique mais dans une recomposition inventée. Cette toile fut présentée au Salon de 1865 à titre posthume.

Joseph-Désiré Court (Rouen, 1797-1865, Paris), Martyre de sainte Agnès, 1864-1865. Huile sur toile. 4,96 x 8,12 m.. Musée des Beaux-Arts de Rouen © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015.
Joseph-Désiré Court (Rouen, 1797-1865, Paris), Martyre de sainte Agnès, 1864-1865. Huile sur toile. 4,96 x 8,12 m.. Musée des Beaux-Arts de Rouen © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015.
Joseph-Désiré Court (Rouen, 1797-1865, Paris), Martyre de sainte Agnès, 1864-1865. Huile sur toile. 4,96 x 8,12 m.. Musée des Beaux-Arts de Rouen © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015.

Joseph-Désiré Court (Rouen, 1797-1865, Paris), Martyre de sainte Agnès, 1864-1865. Huile sur toile. 4,96 x 8,12 m.. Musée des Beaux-Arts de Rouen © Le curieux des arts Gilles Kraemer, 2015.

Tag(s) : #Expositions France

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