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Toujours l'émerveillement de Vaux-le-Vicomte
Château de Vaux-le-Vicomte vu depuis le jardin à la française © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

Retour en arrière. Que serait Vaux aujourd'hui ? On l'évoquerait comme l'une des plus insensées atteintes au patrimoine français concernant l'une des merveilles des arts, une réalisation éminente du Grand Siècle ? L'on aurait continué à lire Élégie aux nymphes de Vaux composée par La Fontaine pour Fouquet. Et rien d'autre.

L'histoire de cette résurrection d'un des miracles architectural, paysager et décoratif du XVIIe siècle est connue. 5 septembre 1661, Nicolas Fouquet (né en 1615, il y a 401 ans) est arrêté, jugé, condamné, emprisonné. Il mourra à la forteresse de Pignerol en 1680. Son épouse, Marie-Madeleine de Castille vendra "les terres, seigneuries, château et vicomtés de Melun et Vaux-le-Vicomte" au maréchal-duc de Villars. Il passera en 1763 aux Choiseul-Praslin qui décident de le vendre en 1875. Craignant que le château et ses dépendances n'échoient à un marchand de biens, que cette demeure ne soit détruite pour en vendre les pierres, les peintures et les boiseries, le préfet de Seine-et-Marne attire l'attention d'Alfred Sommier qui, seul enchérisseur, acquiert l'ensemble. Vaux était sauvé et appartient, depuis cette date, toujours à la même famille. 

Toujours l'émerveillement de Vaux-le-Vicomte
Château de Vaux-le-Vicomte. Salle des buffets. Décoration des boiseries et du plafond par Charles le Brun © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

Cette propriété, la plus importante en mains privées en France, 500 hectares dont 33 hectares du jardin à la française, classée au titre des monuments historiques, ne fut ouverte au public qu'en 1968 par Patrice de Vogüe, petit-neveu d'Edme Sommier, le fils d'Alfred.

Comme le soulignent ces trois propriétaires actuels, les frères de Vogüe, Alexandre, Ascanio et Jean-Charles, qui ont succédé à leur père Patrice en 2012, "nous avons la chance de pouvoir choisir notre destin qui est, désormais, d'accomplir la mission qui incombe à notre famille depuis 1875". La cinquième génération à assurer la gestion de ce domaine ! Et quelle mission ! Celle d'entretenir ce domaine qui fut bâtie en 20 ans, entre 1641 et le 17 août 1661, date des festivités données à Vaux en l'honneur de Louis XIV. Le Vau fut l'architecte, Le Brun le peintre des décors et Le Nôtre dessina les jardins.

Toujours l'émerveillement de Vaux-le-Vicomte
Maquette de la toiture du château de Vaux-le-Vicomte © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

Les travaux pour la réfections de la toiture, étalés sur 6 années, ont coûté 3 millions d'€. La restauration de 26 statues extérieures a été engagée dont l'ensemble des Termes, ces têtes mythologiques à double face qui sont à l'entrée du domaine. Dans le château, la chambre des Muses décorée par l'atelier de Charles Le Brun va être restaurée. 41 % des dépenses concernent les 100 personnes travaillant à Vaux et 25% les dépenses courantes et d'entretiens. Côté recettes, celles-ci viennent en majorité de la billetterie pour 45 % et 33 % de la boutique et de la restauration. Le mécénat entre pour 6% et les subventions publiques pour un minuscule ... 4%. Désengagement progessif de l'Etat ! En quatre années, les subventions sont passées de 400 000 à 50 000 euros.

Toujours l'émerveillement de Vaux-le-Vicomte
Le jardin à la française de Vaux-le-Vicomte vu depuis la toiture du château © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

130 000 € est le coût moyen des projets de restauration du château et du jardin. Mais, cette année est une période très difficile pour Vaux. Les pluies torrentielles de mai et de juin 2016 ont endommagé les soubassements et édifications maçonniques entourant le Grand Canal du jardin, marquant l'axe Est-Ouest de la perspective de Le Nôtre. L'ampleur des dégâts dépassant 200 000 euros, met en danger le difficile équilibre financier de ce domaine dont le budget annuel est de 8 600 000 euros. Un appel Ensemble, sauvons les berges du Grand Canal a été lancé pour réunir 30 000 € afin de parer aux travaux les plus urgents. Naturellement une déduction fiscale permettra de déduire 66 % du don de son impôt sur le revenu, dans la limite de 20% de son revenu imposable.

Gilles Kraemer

Château de Vaux-le-Vicomte

77 950 Maincy

Le domaine est ouvert tous les jours, du 1er avril au 2 novembre, jours fériés inclus. Samedi aux chandelles, du 2 mai au 1er octobre. Ouvert en novembre tous les week ends. A partir du 3 décembre tous les week ends et vacances scolaires.

Tél. 01 64 14 41 90 et site Internet très complet  www.vaux-le-vicomte.com

Rejoignez Vaux en empruntant le TER ligne P depuis la gare de l'Est jusqu'à la gare de Verneuil l'Étang, puis navette châteaubus, tous les jours, du 1er avril au 2 novembre. Retrouvez les horaires sur le site Internet du château.

Participez à la préservation de ce chef d'œuvre en adhérant à l'association Les Amis de Vaux-le-Vicomte. Tél. 01 64 14 42 54.

Alexandre, Ascanio & Jean-Charles de Vogüe, Un jour à Vaux-le-Vicomte. Photographies de Bruno Ehrs. 190 pages. Éditions Flammarion.

Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016
Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

Vues de Vaux-le-Vicomte © photographies Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2016

Tag(s) : #Patrimoine, #Art des jardins