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Publié par Gilles Kraemer

Parcours vénitien lors d'une semaine presse en mai, partagée entre pluie très présente et soleil capricieux. Renvoyant à mon précédent billet d'humeur relatif à une Biennale 2019 sans saveur - rarissimes exceptions pour quelques Pavillons - poursuite des expositions consacrées aux morts. Adoptons le provocateur "vieille" peinture, celle du siècle & millénaire dernier. C'est souvent mieux que les "installations" et les "propositions" du XXIe siècle !

 

Grand navire à la hauteur des Giardini, avant d'entrer dans le bacino di San Marco © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Venise, mai 2019.

"Pour la spiritualité de l’art il n’y a pas de temps. / Elle fuit la caducité humaine, elle n’est jamais ni vieille, ni neuve : / Elle est, parce qu’elle est essentielle, ou mieux encore, c’est le mode essentiel pour exprimer la Vérité. L’essentiel n’est pas ce qui vient de l’artiste, mais à travers l’artiste". Luigi Pericle.

 

In situ exposition Luigi Pericle. Beyond the visible. Fondazione Querini Stampalia / area Carlo Scarpa, Venezia, maggio 2019 © photo area stampa luigipericle.org

In situ exposition Luigi Pericle, Fondation Querini Stampalia, Venise. A gauche Matri Dei d.d.d., 1963. plusieurs encres de Chine sur papier. Ascona, Fondazione Monte Verità /// A droite Icaro I, de la série Matri Dei d.d.d., 1966. Technique mixte sur toile. 60 x 129,5 cm.. Ascona, Archivio Luigi Pericle © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 10 mai 2019. La découverte de cet artiste (Bâle 1918 - 2001 Ascona), inconnu pour moi, présenté dans les espaces du rez-de-chaussée de cette merveilleuse fondation vénitienne revisités avec brio par l'architecte Carlo Scarpa. Pour sa première rétrospective en Italie, nul lieu porteur d'autant d'émotions ne pouvait mieux convenir pour la réhabilitation de ce peintre, auteur de bandes dessinées, écrivain, intellectuel, sensible à l'ésotérisme. Une personnalité éclectique, un artiste et un penseur.

 

In situ exposition Luigi Pericle. Beyond the visible. Fondazione Querini Stampalia / area Carlo Scarpa, Venezia, maggio 2019 © photo area stampa luigipericle.org   Dans les années 1950, il s'installe à Ascona, sur les rives du lac Majeur, attiré par l'esprit mystique de la Montagne de la Vérité, la colline de l'utopie fondée en 1900. C'est en ce lieu que prit forme dans les années 1930 l'aventure intellectuelle des rencontres de Eranos. Après sa mort, Luigi tomba dans l'oubli jusqu'à ce que sa demeure d'Ascona, fermée depuis son décès, soit acquise en 2016 par Andrea et Greta Biasca-Caroni avec tout son contenu. Ils ont décidé de faire connaître, d'une façon passionnée, cet œuvre protéiforme.

 

In situ exposition Luigi Pericle, Fondation Querini Stampalia, Venise. De gauche à droite. Rapimento calligrafico I, 1964 /// Rapimento calligrafico IV, 1964 /// Rapimento calligrafico III, 1964. Technique mixte sur toile. 55 x 34 cm.. Ascona, Archivio Luigi Pericle © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 10 mai 2019.

In situ exposition Luigi Pericle. Beyond the visible. Fondazione Querini Stampalia / area Carlo Scarpa, Venezia, maggio 2019 © photo area stampa luigipericle.org

In situ exposition Luigi Pericle, Fondation Querini Stampalia, Venise. De gauche à droite. Matri Dei d.d.d., 1976. Technique mixte sur masonite (ou isorel). 51 x 65 cm.. Collection privée /// Simbolo di luna de la série Dei d.d.d., Technique mixte sur masonite. 65 x 51 cm.. Suisse, collection Dr. iur. M. Caron/Dr. iur. M. Caroni collection © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 10 mai 2019.

In situ exposition Luigi Pericle. Beyond the visible. Fondazione Querini Stampalia / area Carlo Scarpa, Venezia, maggio 2019 © photo area stampa luigipericle.org   Homme polyvalent, aux mille facettes, l'inclassable Pericle se dévoile aussi bien peintre que caricaturiste talentueux, créateur en 1951 de Max, la marmotte héros de la bande dessinée éponyme publiée dans le Washington Post, le Herald Tribune ou la revue Punch. En 1958, à l’âge de quarante ans, Pericle détruisant toutes les œuvres figuratives en sa possession initie un nouvelle interrogation picturale, celle de l’abstraction informelle. Largement exposé dès 1959, il décide de cesser de peindre en 1965, de renoncer à sa carrière pour se dédier uniquement à son art et aux études ésotériques en se retirant de la vie publique. Aujourd'hui, il resurgit à Venise, dans cette exposition majeure.

 

In situ de l'exposition Helen Frankenthaler. En haut de l'escalier du Palazzo Grimani Open wall, 1953. Huile sur toile. 136,5 x 332,7 cm.. Helen Frankenthaler Foundation © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, visite presse, 06 mai 2019.

In situ de l'exposition Helen Frankenthaler, l'artiste dans son atelier de New York, entre East 83rd Street et Thid Avenue, 1969. Photographe Ernst Hass © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, visite presse, 06 mai 2019.   Quitter la Fondation Querini Stampalia, traverser un pont, première ruelle sur la gauche et voici le Palazzo Grimani di Santa Maria Formosa, demeure aristocratique construite au début du XVIe siècle par cette importante famille patricienne qui donna des patriarches, cardinaux, doges et procurateurs à la République.

 

In situ de l'exposition Helen Frankenthaler, à gauche Maelstrom, 1992. Acrylique sur toile. 118,1 x 272,9 cm. / à droite Snow basin, 1990. Acrylique sur toile. 161,9 x 241,3 cm.. Helen Frankenthaler Foundation © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, anteprima stampa della Biennale, 06 mai 2019.   Exposition consacrée à Helen Frankenthaler et sa peinture des années 1952-1982. Exposition soutenue par la galerie Gagosian à Rome, présentant concomitamment une autre exposition consacrée à la période 1974-1983 de cette artiste, dans son espace romain (jusqu'au 19 juillet 2019).

La présence de la galerie Gagosian Rome est bien visible cette année de Biennale puisqu'elle soutient aux Gallerie dell'Accademia l'exposition "renversante" Baselitz-Academy et publie un imposant catalogue (135 €) www.gallerieaccademia.it/.

 

In situ de l'exposition Helen Frankenthaler, Riverhead, 1963. Acrylique sur toile, 1963. 208,9 x 362,2 cm.. Helen Frankenthaler Foundation © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, anteprima stampa della Biennale, 06 mai 2019.   Helen Frankenthaler (New York 1928 - 2011 Darien, Connecticut). En 1959, elle obtient le premier prix à la première Biennale de Paris. En 1966, elle représente les États-Unis d'Amérique à la XXXIIIe Biennale de l'art de Venise en compagnie de Ellsworth, Roy Lichtenstein et Jules Oliski. Juste retour ici, avec 14 toiles, pour cette artiste dans la palette, ai-je lu, entre en influence avec celle des maîtres vénitiens du Cinquecento. Un parcours dans des concordances aussi avec les noirs d'Édouard Manet dont son For E.M. (1981) inspiré d'une nature morte aux poissons du maître de la Modernité, avec les espaces à la Zao Wou-ki ou les Loire d'Olivier Debré. Des couleurs soutenues dans des évocations de paysages. Des climats de saisons. Des atmosphères de cieux et de terre. Une peinture pour poètes... 

 

Gilles Kraemer

déplacement et séjour personnel à Venise

Luigi Pericle. Beyond the visible

11 mai - 24 novembre 2019

Fondazione Querini Stampalia - Venise

En coordination avec Archivio Luigi Pericle à Ascona, Tessin, Suisse (Andrea et Greta Biasa-Caroni). Commissariat de Chiara Gatti en collaboration avec Luca Bochicchio, Marco Pasi & Mchele Tavola.

Catalogue indispensable pour en savoir plus sur cette personnalité. 200 pages. Silvana Editoriale. Prix 39 €.

www.querinistampalia.org/ita/home_page.php       luigipericle.org

 

Pittura / Panorama. Peintures d'Helen Frankenthaler 1952-1992

7 mai - 17 novembre 2019

Museo di Palazzo Grimani - Venise

Catalogue édité par Gagosian Rome, pas remis en service de presse.

 

In situ de l'exposition Domus Grimani 1594-2019,  reconstitution de la Tribuna © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, visite presse, 06 mai 2019.

Voir aussi et absolument Domus Grimani 1594-2019. La collezione di sculpture classiche a palazzo dopo quattro secoli jusqu'au 30 mai 2021. Un événement exceptionnel permettant d'admirer in situ et pour la première fois depuis quatre siècles les sculptures grecques et romaines de la collection Grimani revenues dans le palais pour quelques mois. Visite indispensable.

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