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Vue de l'exposition © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition André Masson. La sculpture retrouvée, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.

André Masson (1896-1987) sculpteur ? Trente ans après la disparition de ce peintre et graveur, l'un des acteurs historiques du surréalisme, l'exposition thématique André Masson. La sculpture retrouvée, avec le soutien du Comité André Masson et de la famille de l'artiste , présente un aspect peu montré de son expression : la sculpture. Les dernières fois que l'on vit ses sculptures sont bien éloignées. À la FIAC en 1986 chez son galeriste romain Due Ci. A Rome en 1989 pour l’exposition André Masson, l’insurgé du XXème siècle, puis à Cologne. Au Musée d’Auxerre en 1990. Et depuis plus rien en France.

Comme le souligne Patrice Moreau, commissaire et conservateur du musée de l'Hospice Saint-Roch, cette exposition réunit à Issoudun, dans un parcours chronologique, 17 bronzes , de 1927 pour Animaux accouplés à 1967 et Minotaure I (le grand) - dans des fontes de 1986-1987 des ateliers O. Brustolin à Vérone - d'un œuvre très restreint de 26 numéros ainsi qu’une soixantaine de peintures, dessins et gravures provenant majoritairement des collections familiales de l’artiste.

Démarche étonnante, ce n'est qu'au seuil de sa vie qu'André Masson reconsidère ses sculptures; son galeriste Due Ci procède à un nouveau tirage de ses premières sculptures en des dimensions plus grandes et édite sept nouvelles. Les trois premières fontes avaient été réalisées lors de son exil aux États-Unis en 1942 suivies en 1965 par 12 fontes par la galerie parisienne Louise Leiris. 

Vue de l'exposition © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition André Masson. La sculpture retrouvée, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.

Première sculpture fondue : Anamorphose (1927) [NDR, non exposée, page 7 du catalogue]. Ne sachant les rudiments du sculpteur, technique qu'il aborde d'une façon spontanée, dans une retranscription de ses dessins ou de ses peintures, ses premières formes allongées et trop minces ne tenaient pas dans ses essais en plâtre. Alberto Giacometti lui enseigna quelques notions techniques dont celle de la potence pour bâtir une armature de fils de fer sur laquelle il pourrait travailler et y faire tenir le plâtre ainsi que celle du socle dans dépendrait la stabilité de sa sculpture. .

La volonté de l'automatisme guide sa démarche de sculpteur dans laquelle se reconnaissent la sphère, la pyramide, les sentiments amoureux, les relations passionnées, la nature, les animaux, la mythologie, le tout dans des étirements ou des déformations. Ses influences ? Africaines naturellement comme nombre d'artistes des années d'avant-guerre mais aussi de Samao ou de Colombie britannique. L'Inde lors de son exil étasunien lorsqu'il découvre au Metropolitan museum of Art new yorkais des sculptures de danseuses. Sa fréquentation d'Alexander Calder lors de son séjour américain. Sans omettre Paul Cézanne, Masson ayant son atelier au pied de la grande ombre de la Sainte-Victoire, au Tholonet, ce que l'on retrouve dans ses transcriptions peintes de La Carrière de Bibémus (1948) et de La montagne Sainte-Victoire à la chute du jour (1947).

André Masson, Monument dans un désert, 1941-1986. Bronze, 73,2 x 45,7 x 60,6 cm.. André Masson, Le Chantier de Dédale, 1939. Huile sur toile, 65 x 81 cm.. Collection particulière © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition André Masson. La sculpture retrouvée, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.

Face aux sculptures, dessins et tableaux de l'artiste établissent une unité de compréhension et de complémentarité, un tout, porté par une scénographie d'une grande simplicité, offrant de subtiles liaisons. Duo Amoroso (1939), deux corps dans une forte étreinte renvoyant au dessin de Deux corps (sculpture nuage) (1941-1942). Minotaure I (le grand) (1967) face à La Mélancolie du Minotaure (1938). Le grand bronze de Monument dans un désert (1941) dans une confrontation puissante avec Le Chantier de Dédale (1939) et l'Étude pour l'idole (1941). Au regardeur à poursuivre ce dialogue dans cette (re)découverte de cet œuvre trop méconnu d'André Masson. 

Gilles Kraemer (envoyé spécial)

André Masson. La sculpture retrouvée

3 juin - 3 septembre 2017

Musée de l'Hospice Saint-Roch

Rue de l’Hospice Saint-Roch – 36105 Issoudun

Entrée gratuite du musée et de l'exposition, ce qui est à souligner

Commissariat de Patrice Moreau, conservateur au musée de l’Hospice Saint -Roch, Issoudun, avec la collaboration du Comité André Masson, Paris.

Catalogue. Introduction de Patrice Moreau, texte de Didier Ottinger Tectonique d’André Masson. 96 pages. 25 euros. 

à gauche Jean-Marc Scanreigh (né en 1950), Digoi, 2010. Huile et collage sur toile, Ø 90 cm.. Collection CFL // à droite Philippe Cognée (né en 1957), Désastre - Cirque 1, 2005. Peinture acrylique à la cire sur toile montée sur bois, Ø 150 cm.. Collection particulière © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition Tour du monde en tondo, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.

Prolongez l'exposition André Masson et laissez vous tourner la tête en regardant la ludique sarabande du Tour du monde en tondo

30 juin - 30 décembre 2017

50 artistes contemporains dont 31 de la collection Claude et France Lemand. 57 œuvres présentées. Une œuvre par artiste mais exception pour Pat Andrea, Dia Ai-Azzawi, Abdallah Benanteur, Manabu Kochi, Antonio Seguí, Vladimir Velickovic et Claude Viallat représentés avec deux toiles. Peintures de Shafic Abboud à Charles Hossein Zenderoudi, gravure d'Awad Al-Shimi, fibres végétales de Marinette Cueco, photomontage de Dahmane, lithographie d'Hussein Madi, interpellant tissus tendus de Bernard Rancillac, photographie de Georges Rousse, cahier de 61 dessins de Rachid Koraichi.

Commissariat de Claude Lemand et Patrice Moreau.

Catalogue. 128 pages. 20 euros.

Vue de l'exposition dont un Jean-Michel Meurice Urgell IV (2004) © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition Tour du monde en tondo, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.
Vue de l'exposition dont un Bernard Rancillac, La Peau du monde (2014) © Photographie Le Curieux des arts, Gilles Kraemer, 2017. Visite presse. Exposition Tour du monde en tondo, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun.

 

Tag(s) : #Expositions France

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