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LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Rome, éternellement baroque - Beaux-Arts de Paris

Publié par Gilles Kraemer sur 23 Mars 2022, 16:07pm

Catégories : #Expositions Paris, #Mécénat, #Rome, #Italie

Gilles Kraemer

Au premier plan Guglielmo Cortese (Saint-Hippolyte 1626 - Rome 1679) & Giovanni Battista Gaulli detto Il Baciccio (Gênes 1639 - Rome p1709) © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

Giovanni Battista Beinaschi (Fossano 1636 - Naples, 1688), L’Adoration du veau d’or. Pierre noire, plume et encre brune rehaussée de gouache blanche sur deux feuilles de papier assemblées. 0,353 x 0,572 m.  //  Salvator Rosa (Naples 1615 - Rome 1673), Saint Georges terrassant le dragon. Plume, encre brune et lavis brun. 0,223 x 0,148 m. © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

Le baroque à Rome. De Giovanni Baglione (Rome, 1556 - 1643) à Giuseppe Passeri (Rome, 1654 - 1714), réponse en 35 sublimes feuilles, sélectionnées dans la collection des Beaux-Arts de Paris – la Décollation de saint Jean-Baptiste, plume, encre brune et sanguine de Giacinto Calandrucci, exposée, n’est pas reproduite dans le catalogue - de 19 peintres, dans ce temps du Seicento, de la Rome baroque, dans ce foisonnement des approches artistiques, dans cette capitale du savoir spirituel et de la foi la plus fervente, souligne Emmanuelle Brugerolles, conservatrice générale du patrimoine, en présentant cette exposition dans ce temple de la belle feuille, le Cabinet des dessins Jean Bonna. Lieu apprécié par l’hyper dynamique association des amateurs de dessins de l’École des Beaux-Arts. Très active, quelques pièces qu’elle vient d’acquérir sont présentées ici – Il Baciccio et Romulus et Rémus recueillis, Beinaschi avec une Adoration du veau d’or, da Cortona avec un projet pour les Barberini, famille romaine très présente dans l’Urbs - Maffeo Barberini s’assoit sur le trône de saint Pierre sous le nom d’Urbain VIII - avec Dieu le père entouré d’anges. 

Pietro Berettini, dit da Cortona (1596-1669), Dieu le Père entouré d’anges tenant les instruments de la Passion. Plume, encre brune, lavis brun. 0,136 x 0,245 m.. Ce dessin est à mettre en relation avec l’une des premières réalisations de Pierre de Cortone pour le palais Barberini en 1631   //  Pietro Berettini, dit da Cortona (1596-1669), Homme vu de face, les bras levés et les jambes écartées. Pierre noire, craie blanche sur papier beige. 0,427 x 0,267 m. © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022

Pour une telle famille, dont le blason s’orne de trois abeilles, il fallait une demeure à sa hauteur, que Carlo Maderno édifia, englobant l’ancienne demeure des Sforza, y collaborant également Gian Lorenzo Bernini et Francesco Borromini. Dans ce lieu extraordinaire, en plein Rome, entre fontaine du Triton et carrefour des quatre fontaines, l’on est stupéfait face au magistral plafond du salon.

Pietro Berrettini dit da Cortona (Cortone 1596 – Rome 1669), le Triomphe de la Divine Providence et de la Gloire de la famille Barberini. 1632 – 1639. Hercule est à droite © site Internet du palazzo Barberini.

Pietro Berrettini dit da Cortona (Cortone 1596 – Rome 1669), le Triomphe de la Divine Providence et de la Gloire de la famille Barberini (détail pour Hercule chasse les Vices et les Harpies). 1632 – 1639 © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rome, palazzo Barberini, mars 2022.

Entre 1632 et 1639, Pietro Berrettini dit da Cortona (Cortone 1596 – Rome 1669) et ses élèves brosse cette fresque faite pour impressionner, monstration de la gloire absolue de cette famille : le Triomphe de la Divine Providence et de la Gloire de la famille Barberini. Immense composition célébrant le pouvoir spirituel et politique des Barberini, un des plus précieux exemples étincellants de la peinture baroque. De ce plafond, les Beaux-arts présente Homme vu de face, les bras levés et les jambes écartées, ancienne collection Mathias Polakovits, étude dynamique pour la première pensée d’Hercule chasse les Vices et les Harpies. A côté, pour cette même illustre famille, l’étude toute en puissance et nervosité de Dieu le Père et les anges pour la chapelle de la Crucifixion de leur palais.

Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin (Arpino 1568 – Rome 1640). Au premier plan, Galatée sur son char. Pierre noire & sanguine. 0,230 x 0,157 m.  © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin (Arpino 1568 – Rome 1640), Hercule et Antée. Sanguine & pierre noire. 0,402 x 0,256 m. © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

Second grand triomphateur – s’il peut y avoir un triomphateur parmi toutes ces feuilles -, Giuseppe Cesari detto il Cavaliere d’Arpino avec Galatée sur son char, dans l’inspiration de Raphaël, néréide qu’il offrit à son ami le poète Marino, sanguine et pierre noire toute en douceur, en évanescence, légèrement coquine. Autre sanguine de ce peintre qui dirigea pendant près d’un demi-siècle, un atelier à Rome, ce Prince de l’Académie de Saint-Luc Hercule et Antée, dans l’instant du demi-dieu vainqueur du fils de Gaïa qui tente encore de se débattre mais qu’il maintient soulevé ; seule sa main droite, repoussant le visage d’Hercule a encore quelques forces. Dans le catalogue, Emmanuelle Brugerolles et Anne-Cécile Moheng avancent la possibilité qu’Arpino ait pu rencontrer Hendrick Goltzius, trouvant son inspiration dans deux estampes aux corps très muscleux de ce maître d’Haarlem.  

 

Giovanni Lorenzo Bernini (Naples, 1598 - Rome 1680), Portrait d'Agostino Mascardi. Pierre noire, sanguine et rehauts de craie blanche sur papier beige. 0,261 x 0,192 m.. Une des figures intellectuelles les plus brillantes de l’époque, Agostino Mascardi (1590-1640) a sans doute rencontré le Bernin à Rome vers 1627, date à laquelle fut exécuté ce portrait.  //  Giovanni Lorenzo Bernini, dit Le Bernin (1598 - 1680), Projet pour le campanile de Saint-Pierre de Rome. Pierre noire, plume, encre brune et lavis brun. 0,362 x 0,210 m. © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

Paysages, architectures, scènes religieuses ou mythologiques, esquisses, feuilles destinées à des amateurs, pour le plaisir du beau dessin. 

Exposé mais ne figure pas au catalogue. Giacinto Calandrucci (Palerme 1646 – 1707), élève de Carlo Moratti, Décollation de saint Jean-Baptiste. Plume, encre brune et sanguine © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

 

Le Baroque à Rome

3 février - 24 avril 2022

Beaux-arts de Paris - Cabinet des dessins Jean Bonna, 14 rue Bonaparte, Paris

Commissariat Emmanuelle Catalogue que l’on ne présente plus pour l’excellence de sa mise en page, la qualité des reproductions, la pertinence des essais, la précision des notices. Introduction de Benoît Schmitz, professeur au lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg et chercheur au Centre Roland-Mousnier et Institut de recherches pour l’étude des religions. Préface d’Emmanuelle Brugerolles, conservatrice des dessins aux Beaux-Arts de Paris. 112 pages. Prix 25 €.

 

Carlo Maratti (Camerino 1625 – Rome 1713), Étude pour un homme debout, drapé, tourné vers la gauche. Pierre noire, plume, encre brune sur papier beige. 0,204 x 0,140 m.  //   Carlo Maratti (Camerino 1625 – Rome 1713), Étude pour un homme debout drapé. Plume et encre brune, lavis brun. 0,205 x 0,142 m. © Le Curieux des arts Gilles Kraemer mars 2022.

 

Le Partage d'une passion pour le dessin 

Palais des Beaux-arts, salle Foch - Du 22 mars au 30 avril 2022. Cette exposition dévoile un ensemble exceptionnel de 90 dessins, entrés dans les collections de l'École grâce à la générosité de l'association Le Cabinet des amateurs de dessins des Beaux-Arts de Paris.

 

 

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