Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Un seul vainqueur de Turandot, l’impérial Gustavo Dudamel

Publié par Gilles Kraemer sur 11 Décembre 2021, 11:23am

Catégories : #Opéra et Musique

Gilles Kraemer

représentation du 4 décembre 2021, place achetée, parterre

 

Il fallait raison garder lors de la première si attendue de Turandot de Puccini, ce drame lyrique en trois actes inachevé ! Direction Gustavo Dudamel. (Re) mise en scène pour le plateau de Bastille par Robert Wilson puisque créée en 2018 à Madrid au Teatro Real.

Turandot © Charles Duprat / OnP

Standing ovation a-t-on tout de suite titré. Relativisons. Quatre minutes d'applaudissements et basta. Ovation debout initiée par quelques personnes se levant de suite la baguette du maestro posée alors que la salle était encore dans la pénombre. Moutonneux public panurgien du parterre se levant d'un bloc.

Qui applaudissait-on cette soirée de première parisienne, aux nombreux invités en Optima (210 €) ? Le responsable du protocole fut parfait dans le placement du très sensible rang du directeur général.

Robert Wilson? Bob Wilson, l'icône parisienne du Regard du sourd (1971), créé au festival de Nancy, souvenance encore vivace pour les plus de 70 ans. Sachons raison garder, il n'y eu pas d'applaudissement debout façon Circus Maximus lors de la reprise parisienne, en septembre 2021, d’I was sitting on my patio this guy appeared I thought I was hallucinating (1977). http://www.lecurieuxdesarts.fr/2021/10/robert-wilson-toujours-et-toujours-la-perfection.html

Turandot © Charles Duprat / OnP

Gustavo Dudamel, tant attendu, le nouveau directeur musical de l'OnP, le baptême de feu pour son premier opéra dirigé de la saison 2021-2022. Le vainqueur de cette soirée c'est lui. Rendu précis, parfait, glissant, fluide, nulle aspérité dans sa direction de Giacomo d'une parfaite limpidité et une sublime énergie. Quel plaisir d'écouter la direction de l'orchestre de l’Opéra national de Paris à 100 %. L'orchestre l’a fait savoir au moment des applaudissements à son nouveau chef titulaire - arrivé à Paris en août 2021. Retrouvailles puisqu’il avait, ici même, dirigé en 2017 la spatiale Bohème de Puccini.

Turandot © Charles Duprat / OnP

Comme un sentiment étrange, avec un glissement vers la déception, en repensant à la mise en scène de Robert Wilson. Telle une brisure après les iconiques Pelléas, la japonaise Madame Butterfly ou Flûte enchantée vues et revues ici. Les lumières sont parfaites. Les mouvements des panneaux coulissants millimétrés. La forêt de ronces dans laquelle erre symboliquement Calaf une magnifique proposition. L'avancée suspendue, sur laquelle la princesse Turandot recluse dans son palais pour éviter tout contact, apparait belle dans son costume rouge, celui de l’amour, celui du sang. L’empereur Altoum / convainquant Carlo Bosi, assis sur la balançoire indispensable puisque Fils du Ciel. Mais quelque chose manque mais quoi dans cette magie wilsonienne qui m'a toujours captivée et éblouie ? Le hiératisme figé de tous les chanteurs, la relégation du chœur dans les coulisses lors de la nuit pékinoise, l’oie survolant de jardin à cour, l'option clownesque de Ping, Pang et Pong avec deux sauts en avant, trois sauts en arrière comme des enfants dans la cour de récréation dans cet opéra de la vengeance d'une femme contre tous les hommes et le mariage. Faire mourir Liu sans la faire mourir, surtout pas de sang, presqu'une martyre saint-sulpicienne continuant à marcher alors qu'elle est morte. Un infinitésimal fut absent pour que Robert Wilson nous plonge dans le sublime ravissement.

Turandot © Charles Duprat / OnP

Le plateau ? Pas de frémissement chez Calaf / Gwyn Hughes Jones, l’attendu Nessun dorma n’a pas été applaudi, alors que l'on avait au même instant en tête la voix de Pavarotti; pas photo entre les deux. Turandot / Elena Pankratova - sans doute n’appréhendant pas la vastitude de Bastille foulée pour la première fois – dont il fallait saisir le phrasé des trois énigmes, l'on comprend mieux pourquoi le prince de Perse en perdit la tête n'entendant pas ce qu'elle chantait. Ping / Alessio Arduini Pang / Jinxu Xiahou Pong / Matthew Newlin excellents si l'on oublie leurs prégnantes gesticulations. À côté, c'est incontestablement Liu / Quangun Yu, la grande vainqueur du plateau à laquelle les applaudissements les plus nourris furent destinés, bouleversante dans ses airs de l’acte III.

© Le Curieux des arts Gilles Kraemer

Giacomo Puccini, Turandot, livret Giuseppe Adami, Renato Simoni

Direction musicale : Gustavo Dudamel

Cheffe des Chœurs : Ching-Lien Wu

Mise en scène : Robert Wilson

Décors : Robert Wilson, Stéphanie Engeln

Eclairages : Robert Wilson, John Torres

Costumes : Jacques Reynaud

 

 

 

Turandot : Elena Pankratova

Liù : Guanqun Yu

Calaf : Gwyn Hughes Jones

Timur : Vitalij Kowaljow

Altoum : Carlo Bosi

Ping : Alessio Arduini - Pang : Jinxu Xiahou - Pong : Matthew Newlin

Le Mandarin : Bogdan Talos   

Opéra Bastille, du 4 au 30 décembre 2021

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents