Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Disparition de Michel Laclotte, ancien directeur du musée du Louvre

Publié par Gilles Kraemer sur 11 Août 2021, 18:47pm

Catégories : #Avignon, #Expositions France, #Expositions Paris, #Florence, #Italie, #Musées

Gilles Kraemer (d’après le communiqué presse du musée du Louvre)

 

La plupart des gens qui sont dans les musées sont des passionnés. Ce n’est pas un métier froid, c’est un métier où il faut un engagement, un goût personnel " soulignait Michel Laclotte dans un entretien paru dans Libération le 18 novembre 1993. Conservateur du patrimoine et directeur du musée du Louvre de 1987 à 1994, il est décédé ce 10 août 2021.

Michel Laclotte © Jean-Pierre Couderc_Roger-Viollet.

Petit Palais d'Avignon, Orsay, Le Louvre. Né en 1929, enfance malouine bercée par la mer et les lectures de Chateaubriand, Michel Laclotte entre à l'École du Louvre après avoir suivi la classe préparatoire à l'École des chartes au lycée Henri-IV. Il suit les cours de peinture étrangère et de peinture française. Spécialiste de la peinture italienne des XIVe et XVe siècles et des primitifs français, il réalise dès 1953 l’inventaire de la collection Campana, achetée sous Napoléon III et dispersée dans de nombreux musées français.

En 1955, il soutient sa thèse autour des tableaux toscans des musées français hors du musée du Louvre et du musée Jacquemart-André. Il débute sa carrière comme conservateur au sein de l'Inspection générale des Musées de Province. En 1956, il organise avec Jean Vergnet-Ruiz une exposition au musée de l'Orangerie autour des tableaux des primitifs italiens conservés dans les musées de provinces français De Giotto à Bellini. Dans les années qui suivent, il sera commissaire d'autres expositions autour des tableaux conservés dans les musées de provinces : en 1958, à Londres, autour du XVIIe siècle français puis  Le XVIIe siècle français au Petit Palais, 1959, Georges de La Tour au musée de l’Orangerie, 1972, Polyptyques: Le tableau multiple du Moyen âge au vingtième siècle au musée du Louvre, 1990, Le siècle de Titien au Grand Palais,  1993 et Fra Angelico, Botticelli… : chefs-d’œuvre retrouvés, musée Condé, Chantilly,  2014.

Biagio d’Antonio (Florence 1446 – 1508 Rome), Le Père éternel, circa 1490-1500. Détail, L’Archange Michaël © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Avignon, Petit Palais, juillet 2021.

L’exposition De Giotto à Bellini qu’il présente en 1956 au musée de l’Orangerie met en lumière la riche collection des musées de province et amorce le projet de rassembler la collection Campana en un seul lieu. Ce projet se concrétisera en 1976 par l’inauguration de la collection Campana au Petit Palais d’Avignon ou Palais des archevêques, magnifique bâtiment clôturant la place du Palais des Papes pour un panorama unique en France de l’évolution de la peinture italienne entre le XIIIe et le début du XVIe siècle. Le parcours muséographique a été conçu en fonction de la chronologie et de la provenance géographique de ces tableaux. Il y sera commissaire de L’art gothique siennois en 1983. Cet été 2021, Dominique Vingtain, directrice de cette institution et conservatrice en chef du Palais des Papes y organise L’atelier du peintre en Italie. XIIIe-XVIe siècle, conçue telle une invitation à regarder les œuvres non seulement pour elles-mêmes mais également comme des objets liturgiques ou domestiques ou d'échanges commerciaux.  De Mariotto di Nardo à Taddeo di Bartolo, de Lorenzo Monaco à Alessandro di Mariano detto Botticelli ou Vittore Carpaccio.

Nommé conservateur en chef du département des Peintures du musée du Louvre en 1966 par André Malraux, celui-ci le charge de mettre en œuvre, avec les conservateurs, une politique de réaménagement du département depuis les expositions jusqu’aux restaurations et acquisitions. Il dirigera le département jusqu’en 1987.

Michel Laclotte est un ardent défenseur du projet de transformation de la gare d’Orsay en musée du XIXe siècle dont les aménagements intérieurs sont confiés à Gae Aulenti.

En parallèle de ses fonctions à la tête du département des Peintures du musée du Louvre, il est chargé de la programmation muséographique et de l’enrichissement des collections du futur musée d’Orsay, jusqu’au son ouverture en décembre 1986, dont le premier directeur sera – faut-il le signaler à ceux qui ont la mémoire très courte - une femme : Françoise Cachin, petite-fille du peintre Paul Signac.

En 1987, alors que la bataille de la Pyramide de verre de Ieoh Ming Pei fait rage et que beaucoup s’opposent au Grand Louvre voulu par François Mitterrand, Michel Laclotte rassemble les conservateurs du Louvre pour une prise de position publique en faveur du projet. Il est alors nommé directeur du musée du Louvre, mettant en œuvre une nouvelle organisation administrative qui rassemblait pour la première fois les sept départements de conservation sous une seule autorité. Le décret du 22 décembre 1992 crée l’Établissement Public du Musée du Louvre et Michel Laclotte en devient le premier Président-directeur jusqu’à sa retraite en 1994.

Il présidera la mission de préfiguration chargée de créer l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) entre 1995 et 2000. Dirigée depuis 2016 par Éric de Chassey - succédant à Antoinette Lenormand-Romain -, cette institution a fêté ce 12 juillet ses 20 ans.  

Il publie Histoire des musées. Souvenirs d’un conservateur (2003), y évoquant dans une série d'entretiens avec François Legrand les multiples facettes du métier de conservateur, dressant une passionnante galerie de portraits d'historiens d'art, de Charles Sterling à Roberto Longhi, d'André Chastel à Jean Vergnet-Ruiz, d'Anthony Blunt à Federico Zeri... mais aussi celui de Valéry Giscard d'Estaing.

Comme le souligne Le Louvre dans son communiqué, Michel Laclotte s’est éteint le 10 août 2021, jour anniversaire de l’ouverture du musée du Louvre en 1793 sous la Révolution.

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents