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LE CURIEUX DES ARTS

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Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Festival d’Avignon. Le lusitanien Tiago Rodrigues succèdera à Olivier Py

Publié par Gilles Kraemer sur 6 Juillet 2021, 02:29am

Catégories : #Covid-19, #Entretien à 210 km-h, #Théâtre, #Avignon

Gilles Kraemer (séjour personnel à Avignon)

Tiago Rodrigues (1977, Lisbonne), acteur, auteur, dramaturge, metteur en scène, actuel directeur du Théâtre national de Lisbonne et dont la mise en scène de la Cerisaie dans la cour d’Honneur inaugure ce lundi 5 juillet la 75ème édition du Festival, succédera à Olivier Py à la direction de cette manifestation, à compter du 1er septembre 2022.

Tiago Rodrigues dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, au 75e Festival d'Avignon © Photo Christophe Raynaud De Lage / Festival d’Avignon.

Ce lundi 5 juillet 2021, avec l’accord de la ministre de la Culture, Mme Roselyne Bachelot-Narquin – elle n’arrête pas, hier aux Rencontres d’Arles, avant-hier au festival d’Aix pour Falstaff sous la direction enflammée de Daniele Rustioni -, et de la maire d’Avignon, Mme Cécile Helle, sur proposition de sa présidente, Mme Françoise Nyssen, le conseil d’administration du Festival d’Avignon a approuvé à l’unanimité [que faut-il comprendre ou sous-entendre dans cette doxa façon Quai d’Orsay approbation à l’unanimité ? ] la nomination comme prochain directeur du Festival d’Avignon de M. Tiago Rodrigues. Il prendra ses fonctions le 1er septembre 2022 pour un mandat d'une durée de quatre ans renouvelable une fois.

 Pour ceux qui oublient très vite. Souvenons-nous de l'arrivée d'Olivier Py à la direction d'Avignon lorsque le ministre de la Culture de l'époque Frédéric Mitterrand n'avait pas souhaité - disons plutôt une éviction - qu'il soit reconduit à la tête de l'Odéon - Théâtre de l'Europe. Polémique suscitée. Levée de bouclier du monde de la culture. Une semaine plus tard, Olivier était nommé à Avignon à compter du 1er septembre 2013.

En tout cas, le déroulé fut parfait et millimétré ce lundi à Avignon. Un agenda, vu avec brio par un chef de cabinet connaissant parfaitement son job et sachant tout mettre en musique ! 

22 h. Avec les mesures de contrôle accrue, les trompettes annonçant le Festival ne sonneront qu'à 22h 45, largement et longuement applaudies, beaucoup plus qu'à la fin de la représentation à une heure du matin. Première de la si attendue Cerisaie d’Anton Tchekhov, mise en scène de Tiago Rodrigues avec LA Huppert dont c'est la première Lioubov. Le premier Tchekhov pour Tiago. La première fois qu'il travaille avec Isabelle. La ministre de la Culture y était, dans les premiers rangs, accompagnée de son staff presque au complet, tous les hommes avec la même cravate tuyau. Naturellement l'ancien ministre de la Culture à vie et Jacques Toubon.

Laurent Goumarre & Olivier Py © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 5 juillet 2021, Avignon.

13 h.30. Point presse au Cloître Saint-Louis. Heureux, ravi, souriant, Olivier Py directeur du Festival annonce que Tiago Rodrigues lui succèdera.

Avignon, un retour pour Tiago. En 2015, il avait, pour le Festival, adapté et mis en scène António e Cleópatra avec des citations d'Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare au Théâtre Benoit XII.

Le voici 7ème directeur du festival depuis sa création.

Laurent Goumarre, Olivier Py & Tiago Rodrigues © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 5 juillet 2021, Avignon.

Olivier Py, comment voit-il ce temps, son temps à Avignon. On ne le verra plus circuler en ville sur sa bicyclette, Repetto blanches de rigueur. Cette année, le Festival se place sous la recherche du temps à venir. Sous l'avenir. Se souvenir de l'avenir. Une injonction tendant le #FDA21. Dans un temps où les spectacles convoquent l'utopie, la dystopie aussi, souligne Olivier Py.

Très lyrique, peut-être trop, Olivier Py, lors de la conférence de presse ! " Le Festival a été ma vie. Je l'ai vécu d'un grand amour. C’est ma vie, il est confondu avec ma vie. ".

L'avenir ? " Nous devons être ceux qui transmettrons les forces à la jeunesse, aux futurs spectateurs, à ceux qui découvrirons pour la première fois la Cour d'honneur du Palais des papes, qui entreront dans ce lieu.".

Laurent Goumarre, Olivier Py & Tiago Rodrigues © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 5 juillet 2021, Avignon.

Et Tiago Rodrigues ? Que ressent-il à cet instant. Le Festival, c’est un public passionnant et passionné. Je suis heureux de pouvoir vivre à Avignon, Je voudrais remercier la France, pays d'accueil, société diverse et ouverte, qui accueille et a accueilli tellement de migrants et d'exilés, tellement de Portugais, notamment mon père, qui s'est échappé de la dictature au Portugal",  - son père est journaliste, sa mère médecin -.

Pour Olivier, " l’avenir du Festival était plein d’inquiétude. Je vais donner à Tiago les trois clefs qui ouvrent toutes les portes.". En le mettant en garde contre de nombreuses chausse-trappes qui ne font pas tarder à surgir. Le monde du théâtre excelle dans les Bisounours se régalant de langues de vipères. "  Pour une tâche incommensurable. Il aura beaucoup de critiques. L’on attend beaucoup d’une communauté, qu’elle se réunisse pour fonder les utopies de demain."

Laurent Goumarre & Tiago Rodrigues © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 5 juillet 2021, Avignon.

Comment Tiago Rodrigues voit-il cette Cerisaie qui sera jouée dans quelques heures et comment l’a-t-il imaginée ?

Je ne cesse de penser que cette pièce a été écrite pour la Cour d’Honneur, pour ces murs ancestraux auxquels Isabelle / Lioubov s’adresse et vers lesquels elle se tourne fréquemment. Pour moi, les créations commencent par une rencontre, principalement dans un café car c’est l’acteur qui prend le premier plan. La mise en scène est celle de pensées collectives, l’essence du spectacle est le comédien. La justesse c’est la beauté.

Très vite, tout a commencé à émerger aves Isabelle. Cette pièce est très collective, c’est comme travailler avec des musiciens qui lui donnent sa forme. Isabelle je la connaissais par le cinéma, par Emma Bovary, La pianiste, La cérémonie. La première fois que je l’ai vue jouer au théâtre, c’était à Lisbonne. Cette histoire, écrite par le poète de la scène que Tchekhov, c’est celle d’un effondrement mais aussi d’un nouveau monde. Avec la Covid, le regard du public sera naturellement différent.

 

Je reprends le communique de presse du ministère de la Culture du lundi 5 juillet : Rêvant le Festival comme une grande fête civique, lieu idéal de croisements des idées et des langues tel un « café » lumineux pour l’Europe, Tiago Rodrigues porte un projet incarné et généreux, guidé par une profonde poésie, qui vise à faire de ce rendez-vous incontournable la tête chercheuse de toutes les aventures novatrices de la scène. A l’image de l’ensemble de son parcours artistique, son ambition est résolument européenne, tout en cherchant un ancrage territorial fort et sincère, notamment par l’attention particulière qu’il portera à tous les publics.

 

Avignon sans l’affichage du off enfin permis ce 5 juillet ne serait pas Avignon. La ville renaît enfin. Endroit stratégique à côté de l’office du tourisme © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 5 juillet 2021, Avignon.

 

 

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