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LE CURIEUX DES ARTS

LE CURIEUX DES ARTS

Le Curieux des arts, observateur de l'actualité artistique. Large focus sur l'Italie. Exposition. Musée. Opéra. Théâtre. Livre. Biennale. Salon. Marché de l'art.


Madame Flaubert / Monsieur Bovary dans une re-lecture du Frac Normandie Rouen

Publié par Gilles Kraemer sur 26 Juin 2021, 16:06pm

Catégories : #Expositions France, #Livres, #Photographie

Gilles Kraemer (envoyé à Ry)

Quand l’art contemporain détourne les romans de Flaubert…

Laurence Cathala, Monsieur Flaubert. Mœurs de province © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2021, Ry

À Ry c’est encore plus terrible puisque DÉ-PAYSER Madame Bovary est une étrange histoire à laquelle nous sommes conviés dans ce village qui inspira à Gustave Flaubert son roman Madame Bovary. Mœurs de province (1857). Bova… Ry. Nous ne sommes pas dans la fiction d’Yonville mais dans la réalité puisqu’à Ry un monument évoque les romans qu’il écrivit : La Tentation de Saint-Antoine, L’Éducation sentimentale, Bouvard et Pécuchet, Salammbô et naturellement Madame Bovary qui trouve toute sa place dans ce bourg normand de 800 âmes de la vallée du Crevon.

Batia Suter, Les serpents © Émilie Pillot, 2021.

Delphine Couturier / Emma & Eugène Couturier / Charles © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2021, Ry.

Le Frac Normandie Rouen propose de découvrir les similitudes qui lient Ry au roman, en imaginant dans les vitrines de la grande rue un parcours qui met en résonance des œuvres d’art contemporain avec les thématiques de visites proposées par Ry du roman. Alors que le village relie l’ouvrage à son territoire, le Frac tente par ses œuvres de le " dé-payser " en un parcours se terminant sous l’auvent de l’église avec Stela de Marie-Margaux Bonamy, hommage aux invisibles disparues. A l’extérieur de cette petite église, vous verrez une plaque à la mémoire de Delphine Delamare, née Couturier, 1822-1848 et la stèle funéraire d’Eugène Delamare, décédé le 18 décembre 1849 à l’âge de 37 ans. De profondis.

Florence Chevalier, École de conduite Bovary © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2021, Ry.

Cécile Duval, archives de Jeanne Rigaud © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2021, Ry.

L’auto-école devient l’École de conduite Bovary dont les trois vitrines accueillent des photographies de Florence Chevalier évoquant la frénésie d’achats d’étoffes par Emma ; l’on ne peut pas dire que la "conduite" d’Emma était exemplaire dans ses achats inconsidérés. La pharmacie accueille une photographie de Geneviève Cadieux, une main féminine posée sur un torse poilu alors que les serpents de Batia Suter dans la vitrine de la fleuriste renvoient au poison qu’ingurgitera Emma et au pharmacien. Jouant sur la mémoire, le passé, la captation du souvenir, Céline Duval a placardé sur les trois fenêtres de l’ancien office notarial des photographies du début du siècle représentant des femmes en tenue de ville ou déguisées en hommes.  

Laurence Cathala, Monsieur Flaubert. Mœurs de province © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2021, Ry.

Participant à ce parcours, Laurence Cathala, invitée par le Frac, la mairie de Ry et l’Office de tourisme Normandie Caux Vexin, en résidence à Ry, a imaginé une œuvre surprenante qui nous immerge dans la lecture du roman… dans une inversion des rôles, le masculin étant remplacé par le féminin pour Homais, Charles, Rodolphe et l’inverse pour Emma. À découvrir autour de la mairie et des halles du bourg avec de grandes affiches reprenant certaines pages de l’ouvrage. Á lire très attentivement, en perdant l’habitude de parcourir trop vite comme habituellement, en cherchant les mots de substitution qui a entés Laurence.

Avec les oeuvres de Marie-Margaux Bonamy, Laurence Cathala, Marc Camille Chaimowicz, Florence Chevallier, David Coste, documentation céline duval, Yveline Loiseur, Corinne Mercadier, Géraldine Millo, John Morgan, Timothée Schelstraete, Batia Suter, Santeri Tuori

Ces expositions entrent dans le cadre du programme " Dé-jouer Flaubert " conçu par le Frac Normandie Rouen dans l’année du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert.

DÉ-NATURALISER. Bouvard et Pécuchet, du 10 avril au 07 novembre 2021. Le Jardin des sculptures - Château de Bois-Guilbert à 76750 Bois-Guilbert   http://www.lecurieuxdesarts.fr/2021/06/bouvard-et-pecuchet-collectionneurs-d-art-contemporain-de-naturalisent-gustave-flaubert-en-normandie.html

DÉ-PAYSER. Madame Bovary, dans la ville de Ry, du 8 mai au 12septembre 2021

DÉ-ROMANCER. Magdi Senadji, Bovary, 1995-2002, Maison de l’Université de Rouen-Normandie, jusqu'au 02 juillet 2021

DÉ-SENTIMENTALISER. L'Éducation sentimentale, du 26 juin au 12 septembre 2021, à l'Hôtel littéraire Gustave Flaubert à Rouen, du 26 juin au 12 septembre 2021

DÉS-ORIENTALISER. Salammbô au Jardin des plantes de Rouen, du 12 juin au 20 septembre 2021

DÉ-SACRALISER. La tentation de Saint-Antoine à la bibliothèque municipale de Canteleu, du 18 septembre au 18 septembre au 17 octobre 2021

DÉ-LIVRER. Le dictionnaire des idées reçues à la médiathèque Boris Vian à Louviers, du 02 octobre au 18 décembre 2021

DÉS-APPRENDRE. Margot Criseo. Bouvard & Pécuchet, chapitre IV à l’artothèque de l’ESADHaR de Le Havre, du 13 octobre au 27 novembre 2021.

Dans l’intimité de Gustave Flaubert, du 1er juillet au 12 décembre 2021, au musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine de Rouen. Exposition biographique et iconographique qui a pour but de rendre plus familiers l’image et l’univers familial de l’écrivain, à travers ses portraits et ceux de ses proches. Elle retrace la vie de l’écrivain depuis son enfance heureuse passée à l’Hôtel-Dieu de Rouen et la naissance de sa vocation littéraire jusqu’à sa disparition en passant par les décès de son père et de sa sœur en 1846 qui le marquèrent profondément. Le point d’orgue de l’exposition sera le masque mortuaire de l’écrivain qui n’a jamais été exposé à Rouen depuis sa création en 1880.

Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants !, du 21 mai au 19 septembre 2021, au musée des Beaux-Arts de Rouen. Puis au MUCEM, Marseille, 20 octobre 2021 - 7 février 2022. Et au musée national du Bardo, Tunis, printemps 2022. C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. Publié en 1862, le roman de Flaubert retrace l’attraction fatale entre Salammbô, prêtresse de Tanit et Mâtho, chef des mercenaires révoltés contre l’opulente Carthage. En convoquant littérature, peinture, sculpture, photographie, arts de la scène, cinéma, bande dessinée et archéologie, l’exposition Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants ! nous plonge au cœur d’un tourbillon d’images et de sensations qui révèle la portée considérable de ce texte sur les arts, mais aussi son héritage dans l’histoire de la Méditerranée et son actualité. L’exposition présente environ 350 œuvres de collections publiques et privées, ainsi que des trésors archéologiques de l’époque punique des musées du Bardo et de Carthage.

 

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