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LE CURIEUX DES ARTS

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Gallerie degli Uffizi. L’enigma di Omero, un dipinto di Bartolemeo Passerotti perduto e ritrovato. Un Bartolomeo Passerotti perdu, retrouvé et acquis par les Galeries des Offices de Florence

Publié par Gilles Kraemer sur 23 Février 2021, 19:06pm

Gilles Kraemer (d’après les éléments de presse)     

 

Longtemps disparue, L’énigme d’Homère de Bartolomeo Passerotti ressurgit en entrant aux Offices, pertinent achat de cette institution de Florence.

 

Bartolomeo Passerotti (Bologna, 1529-1592), L’enigma di Omero, ca 1570-1575. Huile sur toile. 120 x 144 cm. © Gallerie degli Uffizi.

LÉnigme d’Homère du maître bolognais Bartolomeo Passerotti (Bologne 1529-1592), tableau disparu pour tous les historiens de l’art, n’était plus connue que d’après des descriptions et quelques dessins préparatoires. Entre temps, Orphée s’était substitué à Homère, le poète à l’aède, lorsque Giovanni Cinelli décrit le tableau en 1677, vu, via Porta Rossa, dans le palais de la famille du sénateur florentin Carlo Torrigiani (1616-1684), Pour lui, cette toile représente Orphée qui, une lyre à la main, attire un bateau avec cinq personnes à l’intérieur, captivés par la douceur et l’harmonie de cet air, une œuvre peu puissante.

L’Énigme d’Homère était définitivement perdue.

Pas tellement puisqu’aujourd’hui ce tableau ressurgit dans la famille des descendants de Carlo Torrigiani. Les Gallerie degli Uffizi viennent d’acquérir ce chef-d’œuvre retrouvé du Cinquecento.

Le premier biographe de Passerotti, Raffaello Borghini, dans son ouvrage Il Riposo (1584) donne une description précise de ce tableau :  " un grand tableau, dans une barque des marins qui proposent une énigme à Homère qui est sur la berge ; il y a aussi une gitane, Passerotti s’est représenté sous les traits d’Homère, la mer est rendue d’une façon très naturaliste ainsi que le chien. ". Selon le témoignage de Borghini, le tableau se trouvait dans le palais de Giovan Battista Deti (1539 - 1607), collectionneur, amateur d’art, membre fondateur de l’Accademia della Crusca sous le surnom de Sollo, ayant participé au premier ouvrage de vocabulaire en langue italienne - Vocabolario degli Accademici della Crusca - publié en 1612.

Bartolomeo Passerotti (Bologna, 1529-1592), L’enigma di Omero, ca 1570-1575 (détail). Huile sur toile. 120 x 144 cm. © Gallerie degli Uffizi.

L’épisode de l’énigme d’Homère, rarement représenté par rapport aux scènes de l’Illiade et de l’Odyssée, se retrouve dans les éditions de De vita Homeri du pseudo Plutarque, de nombreuses fois imprimées au XVIe siècle.

Cette histoire raconte la rencontre entre Homère se trouvant sur l’île d’Ios et un équipage de marins, auquel il demandait s’il avait fait bonne pêche.

La réponse de ces hommes, qui n’avaient rien ramené fut la suivante : " Ce que nous avons pris, nous l’avons laissé, ce que nous n’avons pas pris, nous l’avons gardé " [ ὅσσ’ ἕλομεν λιπόμεσθ’, / ὅσσ’ ούχ ἔλομεν φερόμεσθα ].

Les poux étaient la réponse à cette énigme. Allusion à ceux qu’ils avaient réussi à éliminer et à jeter à la mer, à ceux qu’ils n’avaient pas réussi à trouver et qui étaient encore sur eux. Selon le récit du pseudo Plutarque, Homère mourut de n'avoir pu résoudre cette énigme.

La formation de Bartolomeo Passerotti se déroulera entre Bologne et Rome, d’abord auprès de Iacopo Barozzi detto il Vignola (1507 - 1573), puis de Taddeo Zuccari (1529 - 1566). Lors de son séjour dans l’Urbs, il approfondit le dessin d’après les Antiques et se perfectionne dans les techniques de la gravure et particulièrement de l’eau-forte. Il revient à Bologne avant 1560, se consacrant aux commandes de grands tableaux d’autels, dans lesquels l’on retrouve des éléments de la peinture du Nord et du Maniérisme romain ainsi que l’influence de Correggio (1489 – 1534).

Son intérêt pour le naturalisme, l’étude assidue du vrai, ses relations avec le botaniste et entomologiste Ulisse Aldrovandi (1522 – Bologne – 105) firent de lui une figure fondamentale dans la formation des Carracci et de la naissance de la grande peinture bolognaise à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle.

Présentation du tableau du Passerotti © Gallerie degli Uffizi.

Pour le directeur des Gallerie degli Uffizi, Eike Schmidt, la redécouverte de ce tableau est d’une telle importance qu’à cette occasion une publication est entièrement consacrée à cette œuvre qui fut largement commentée par le passé. Une manière également de souligner que cette acquisition participe à la protection de la dispersion du patrimoine italien. Une façon également de reconnaître l’intense activité de ce musée florentin

L’œuvre est exposée dans les salles dédiées au XVIe siècle.

Catalogue. Il pittore, il poeta e i pidocchi. Bartolomeo Passerotti e l’Omero di Giovan Battista Deti, sous la direction de Marzia Faietti, préface d’Eike Schmidt. 2020, 248 pages. 

Vera Fortunati, Le arti a Bologna negli anni di Gregorio XIII e di Gabriele Paleotti ; Donatella Fratini, Sulle tracce di Bartolomeo Passerotti: vicende e caratteri della raccolta grafica dell’artista nel Gabinetto dei Disegni e delle Stampe degli Uffizi ; Angela Ghirardi, Bartolomeo Passerotti e l’Omero di Giovan Battista Deti, accademico fiorentino ; Marzia Faietti, Nato per intagliare? Le opinioni di Malvasia e le penne di Passerotti ; Roberto Bellucci, L’Enigma di Omero di Bartolomeo Passerotti: note tecniche sulla genesi dell’opera ; Federico Condello, Un pugno di pidocchi: sulle vie di un antico indovinello.

 

 

 

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