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Publié par Gilles Kraemer

Gilles Kraemer, à partir du communiqué de presse.        

 

Novembre, mois de la traditionnelle Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts sous la Coupole. Comme une étrange coïncidence, le mercredi, jour où elle se déroule est très souvent une journée ensoleillée, comme ce 25 novembre.

Le Concert Spirituel au Théâtre des Champs Elysées, Paris © Guy Vivien.

Cette séance aurait dû se dérouler ce mercredi 25 novembre 2020 à 15h 30. Débutant par l’hommage aux membres disparus puis la proclamation des lauréats suivi par le discours prononcé par le Secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard. Les contraintes sanitaires liées à la pandémie du coronavirus, le second confinement de novembre ont en décidé autrement. Pas de séance sous la Coupole, aucun roulement de tambours à 15h 30 accompagnant l’arrivée des académiciens et leur installation, pas d’escalier descendu dans la cour entre deux haies de gardes républicains à la fin de la Séance dans la nuit parisienne. Uniquement un communiqué de presse.

En 2019, l’Académie avait distribué sur ses fonds propres, sur les fonds de l’Institut de France sur sa proposition et grâce au mécénat, trente-huit prix à des artistes, en dessein, peinture, sculpture, gravure, architecture, composition musicale, photographie ainsi qu'à des ouvrages d’art. 526 00 € avaient été attribués.

 

Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts, 27 novembre 2019 © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer.

Parmi les prix décernés lors de cette Séance figure le Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral. Créé en 1989 par Liliane Bettencourt et son époux André, membre de l’Académie, section des membres libres, ce Prix est l’une des plus importantes distinctions dans cette discipline en Europe. A la dotation du Prix de 50 000 € s’ajoute un accompagnement du chœur lauréat dans la mise en œuvre de ses projets jusqu’à 100 000 €. En 2015, le Prix ne fut pas attribué pour causes de redéfinition des objectifs et des modalités. Depuis 2016, le Prix récompense alternativement un chœur professionnel et une maîtrise ou un chœur d’enfants.

 

Maîtrise de l’Opéra de Lyon, Séance solennelle de l’Académie des beaux-arts, 27 novembre 2019 © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer.

Lors de la séance du 27 novembre 2019, le 29ème Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral fut décerné à la Maîtrise de l’Opéra de Lyon, dirigée par Karine Locatelli. Étrange coïncidence puisque le premier Prix, en 1990, fut attribué au Chœur de chambre de l’Orchestre nationale de Lyon. Dans ce palmarès, nous pouvons relever en 1995 le Chœur de chambre accentus, en 2002 la Maîtrise Notre-Dame de Paris, en 2004 le Chœur des Arts Florissants, en 2014 le Chœur Pygmalion ou en 2017 la Maîtrise de Toulouse.

Présidé par Thierry Escaich, compositeur, organiste et membre de la section de composition musicale de l’Académie des beaux-arts, le jury a choisi de récompenser, parmi la trentaine de candidatures reçues, Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet.

 

Le Concert Spirituel au Théâtre des Champs Elysées, Paris © Guy Vivien.

Pour Thierry Escaich, ce qui a séduit le jury, c’est à la fois la qualité de ce que cet ensemble a donné à voir depuis 30 ans, la pureté stylistique des interprétations baroques, l’engagement de son directeur artistique, sa force de conviction musicale, mais aussi le fait que le Concert Spirituel a su mettre ce savoir-faire et cette exigence au profit d’autres types de musiques (romantiques, contemporaines…).

Le jury, présidé par Thierry Escaich, se compose de Régis Campo et Gilbert Amy également membres de la section de composition musicale de l’Académie des beaux-arts, Sofi Jeannin, directrice musicale de la Maîtrise de Radio France et directrice du chœur de la BBC (BBC Singers), Ruth Mackenzie, ancienne directrice artistique du Théâtre du Châtelet, Laurence Equilbey, chef d’orchestre, directrice musicale d’accentus et d’Insula Orchestra, Laurent Bayle, directeur général de la Philharmonie de Paris et Jérémie Rhorer, compositeur et chef d’orchestre du Cercle de l’Harmonie.

A plus de 30 ans, Le Concert Spirituel - nom repris de la première société de concerts privés française fondée au XVIIIe siècle - prestigieux chœur européen, est invité chaque année au Théâtre des Champs-Élysées, à la Philharmonie de Paris et au Château de Versailles, ainsi que dans les plus grandes salles internationales. À l’origine de projets ambitieux et originaux depuis sa fondation en 1987 par Hervé Niquet, le chœur s’est spécialisé dans l’interprétation de la musique sacrée française (Requiem de Bouteiller, pièces de Benevolo, Requiem de Plantade ou Martini, ...) et la redécouverte d’un patrimoine oublié (Andromaque de Grétry, Callirhoé de Destouches, Sémélé de Marais, Le Carnaval de Venise de Campra, Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour de Rameau ou Persée version de 1770 de Lully).

Hervé Niquet, claveciniste, chanteur, est le directeur musical du Concert Spirituel. Postulant qu’il n’y a qu’une musique française sans aucune rupture, Hervé Niquet dirige de grands orchestres et chœurs internationaux avec lesquels il explore les répertoires du XIXe  siècle et du début du XXème siècle. Son esprit pionnier dans la redécouverte de ces œuvres l’amène à participer à la création du Palazzetto Bru Zane en 2009 avec lequel il mène à bien de nombreux projets. Centre de musique romantique française ayant pour vocation la redécouverte et le rayonnement international du patrimoine musical français du grand XIXe siècle (1780-1920), le Palazetto a son siège à Venise. 

Pour Hervé Niquet, ce prix est une des plus belles reconnaissances pour le chœur du Concert Spirituel de la part d’une institution connue et reconnue du secteur musical après plus de trente ans de travail et d’engagement pour le répertoire et auprès des artistes.

 

 

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