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Publié par Gilles Kraemer

d’après le dossier de presse.   

 

 

Comme chaque semaine, la BnF met en avant des thèmes à explorer dans ses collections numériques. En s’appuyant sur la profusion de l’iconographie conservée dans l'ensemble de ses collections, la richesse de ses expositions virtuelles et de ses dossiers pédagogiques, la BnF propose de retracer la longue histoire de la caricature et de rendre hommage à l'un de ses plus illustres représentants : Honoré Daumier.

Roman de Fauvel, de Gervais du Bus. Manuscrit. France, XIVe siècle.  Paris, Bnf, Département des manuscrits, Français 146 f° 285. Philippe IV le Bel (ou Enguerrant de Marigny) est caricaturé sous forme d'un âne méchant et pervers dont les six lettres du nom, Fauvel, sont les initiales de six vices : Flatterie, Avarice, Vilenie, Variété, Envie, Lâcheté. Le texte, satirique, a été composé peu après 1316 par des membres de la chancellerie royale.

La caricature, cela ne date pas d'hier... La BnF raconte l'histoire de la caricature et rappelle que si le mot caricatura (du latin populaire caricare, charger, exagérer) a été employé pour la première fois dans la préface d’un album d’Annibal Carrache en 1646, le traitement déformé de la physionomie s'inscrit dans la tradition de la satire et que l'on peut faire remonter le procédé à certains portraits de l’Égypte antique, à des représentations sur des vases grecs ou des graffitis couvrant les murs des maisons pompéiennes... 

La caricature est très présente dès le Moyen-Âge. Les premières caricatures, qui apparaissent à la fin du XIVe siècle, sont faites sur bois. On en retrouve aussi dans les sculptures extérieures et intérieures des églises, qui représentent des personnages grotesques, des animaux fantastiques et symboliques. L’essor de l’imprimerie à partir du XVe siècle favorise la diffusion des images et l'explosion du genre...

Le pouvoir monarchique a souvent été la cible des caricatures. Quelques exemples : dans le Roman de Fauvel, de Gervais du Bus, (XIVe siècle), Philippe IV le Bel est caricaturé sous forme d'un âne méchant et pervers, dont les six lettres du nom, Fauvel, sont les initiales de six vices (flatterie, avanie, vilenie, variété, envie, lâcheté). Louis XIV aussi est l'objet de caricatures, qui se moquent de ce roi "Soleil" ou représentent un roi vieillissant (dont le soleil disparaît derrière d’épais nuages ...). Louis XVI et une mise à mort symbolique par les images. Son arrestation à Varennes inspire de nombreuses caricatures.

Honoré Daumier, génie de la caricature, a vécu sous six régimes différents et connu trois épisodes révolutionnaires (les trois Glorieuses, les journées insurrectionnelles de 1848, la Commune de Paris). De son trait incisif et moqueur, il a inondé les pages de journaux satiriques pendant près d'une cinquantaine d'années, parvenant ainsi à toucher et sensibiliser un public très large. Son trait incisif et moqueur lui a valu la prison (en 1832, il est condamné à six mois de prison pour sa caricature de Louis-Philippe représenté en Gargantua.). Daumier laisse une œuvre graphique impressionnante où il attaque tant le pouvoir politique que les mœurs d'une société entière. Le père de la caricature moderne est à découvrir dans l'exposition virtuelle : Daumier et ses héritiershttp://expositions.bnf.fr/daumier/index.htm

Caricature et censure, une histoire d'images. Avec l'arrivée massive de l'image dans la presse au XIXe siècle, les caricaturistes deviennent à la fois les fers de lance et les premières victimes de la censure qui opérera de façon fluctuante jusqu'à la loi sur la liberté de la presse de 1881. Une histoire à retrouver en dessins, sur le site de l'exposition virtuelle de la BnF La presse à la Une.  http://expositions.bnf.fr/presse/albums/02/index.htm

 

 

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