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Publié par Béatrice Andrieux

Béatrice Andrieux.  

 

 

Le célèbre artiste brésilien présente un ensemble de tirages d’époque des années 1968 à 1992 dont de nombreux inédits. Dans cette sélection resserrée et minimale, Miguel Rio Branco présente des personnages en gros plans, parfois coupés, le plus souvent dos au mur et où jamais l’horizon n’est visible.

 

Exposition Miguel Rio Branco - Photographies 1968-1992© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2020, LE BAL, Paris.

" La photographie le plus souvent oppresse ou asphyxie la réalité " c’est en ces termes que Miguel Rio Branco (1946, Las Palmas), figure incontournable de la scène contemporaine brésilienne s’exprime sur le medium. Lui qui a commencé par la pratique de la peinture connaît bien l’importance de la composition. Agé d’une vingtaine d'années il part étudier la photographie à New York dont l’énergie brute nourrit ses premiers tableaux. Il habite dans les quartiers pauvres du sud-est de Manhattan où il rencontre son compatriote Helio Oiticica sensible aux expérimentations radicales et Gordon Matta Clark qui découpe ses géométries dans des murs d’immeuble en ruine. De retour au Brésil, il va conserver ces influences dans ses premières photographies. D’une certaine manière, il retrouve dans le quartier du Pelourihno, à Salvador de Bahia, une forme d’insalubrité découverte à New York. Les familles déshéritées et les prostituées dont le sublime portrait de Mona Lisa, Luziania, de 1974 trouvent un écho particulier dans sa pratique. Il s’en explique : " Toute photographie est par nature un document mais mon intention n’a jamais été de documenter. Je capture par la photographie des fragments dissociés, épars de réel, tentant de répondre viscéralement à une question : pourquoi la vie doit-elle être cela ? ".

 

Exposition Miguel Rio Branco - Photographies 1968-1992© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2020, LE BAL, Paris.

Il est souvent question de murs délabrés, de sols jonchés de détritus mais aussi de lignes géométriques. La salle du haut présente principalement des inédits où la dimension abstraite des tirages d’époque de Branco illustre son désir de composition. L’espace du bas, scénographié à la manière des rues du Pelourihno, alterne couleur et noir et blanc dont un magnifique triptyque en cibachrome. Dans ses cadrages serrés, coupés parfois, Branco saisit les corps tout en soutenant le regard de ses modèles. Dans leur pudeur ou leur gloire, les hommes et femmes de Miguel Rio Branco convoquent des instantanés incongrus et des purs moments d’allégresse. 

 

Exposition Miguel Rio Branco - Photographies 1968-1992© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, 2020, LE BAL, Paris.

 

 

Miguel Rio Branco - Photographies 1968-1992

Le BAL

Impasse de la Défense - 75018 Paris

16 septembre - 6 décembre 2020

Commissaires : Diane Dufour et Alexis Fabry

Catalogue. LE BAL, TOLUCA éditions et éditions-RM.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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