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Publié par Gilles Kraemer

 

Gilles Kraemer

Dove sono i bei momenti / Di dolcezza, e di piacer ? Pour l’Opéra national de Paris, je préfère sortir mon joker après la représentation du " Concert solidaire " au Palais Garnier ce lundi 13 juillet.

 

Palais Garnier © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 13 juillet 2020.

Qu’allait-on faire dans cette galère, plutôt dans ce navire abandonné par un capitaine pressé de rejoindre un autre port ? Premier soir à l’Opéra depuis le déconfinement. Soirée réservée, sur invitation, à l’Arop et aux abonnés, aux mécènes. Présence de Roselyne Bachelot, la nouvelle ministre de la Culture, afficionada de musique et d’opéra. Tailleur pantalon blanc, heureuse, très heureuse de retrouver cette salle. Présence, naturellement de l'ancien prédécesseur, Jack Lang comme tint à le souligner Stéphane Lissner, directeur de l’institution lyrique parisienne, déjà présent mentalement comme sovrintendente del Teatro di San Carlo - succédant à Rosanna Purchia - puisqu’il y présenta début juin 2020 la saison.

https://www.connessiallopera.it/news/2020/teatro-san-carlo-grandi-nomi-e-titoli-di-repertorio-per-la-stagione-2020-21/

https://www.fermataspettacolo.it/news/la-nuova-stagione-del-san-carlo-tra-le-contraddizioni-del-momento

 

 

Concert solidaire au Palais Garnier © Guillaume Giraudon, lundi 13 juillet 2020.

Salle dans une configuration de distanciation. Orchestre et balcon, deux sièges par deux sièges avec un espace vide entre. Loges avec uniquement le premier rang occupé. Sinistre impression de tristesse. Masque pas obligatoire mais de très nombreux spectateurs le portaient. Comme un sentiment de quelque chose à la dérive malgré un public très présent, applaudissant très longuement et chaleureusement les instrumentistes, le chœur dirigé par José Luis Basos, la direction musicale de Philippe Jordan, les deux chanteurs Julie Fuchs et Stéphane Degout.  

 

Palais Garnier © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 13 juillet 2020.

Qu’allions nous entendre ? Une soirée vraiment test. Une première partie consacrée à une fanfare de cuivres : Paul Dukas, Fanfare pour précéder " La Péri " et Richard Strauss, Feierlicher Einzug (Einzug der Ritter des Johanniterordens), TrV 224.

 

Palais Garnier © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, lundi 13 juillet 2020.

Deux œuvres pour 12 choristes : Gabriel Fauré, Madrigal, op. 35 puis Camille Saint-Saëns, Calme des nuits, op.68 n° 1. Pas très audible par moment. 

 

Julie Fuchs, Philippe Jordan, Stéphane Degout / Concert solidaire au Palais Garnier © Elena Bauer / OnP. Juillet 2020.

Wolfgang Amadeus Mozart et des extraits des Noces de Figaro : Ouverture, Hai gia vinta la causa (air du Comte Almaviva), Crudel ! Perche finora (duo Susanna / le Comte Almaviva), Deh non vieni tardar (air de Susanna) avec la soprano Julie Fuchs et le baryton Stéphane Degout. Pour une fois, pas le texte du chant défilant sur un écran, l’anglais avant le français comme cela est habituel dans cette institution parisienne alors que ce devrait être le contraire. Souhaitons qu’Alexander Neef songe à remettre ceci en ordre.

Pour terminer avec la Symphonie n°41, Jupiter en ut majeur (K 551) de Mozart. Et, de nombreuses personnes, peu coutumières des concerts, ont applaudi entre le 1er et le 3ème mouvement... .

 

Pas très réjouissant tout cela pour un programme de une heure trente. Pas d'entracte. Ceci est à mille lieux de la réouverture de l’Opéra Comique avec Cabinet horrifique, un immense temps de plaisir, de joie et de rire le 27 juin http://www.lecurieuxdesarts.fr/2020/06/opera-comique-faut-qu-ca-saigne-dans-cabaret-horrifique.html

Quelle tristesse cette soirée. Une atmosphère d'enterrement. Sinistre. 

Ou alors, une soirée hommage à Rolf Liebermann le Patron ? Qui, en ce 13 juillet 2020, se rappelle que les mythiques Noces, dans la mise en scène de Giorgio Strehler furent données ici 55 fois, du 7 avril 1973 au 14 juillet 1980 (Sir Georg Solti dirigea cette dernière représentation), heure de gloire et de renaissance de Garnier sous l’ère Rolf Liebermann, un septennat pendant lequel la scène parisienne régna sur le monde de l’opéra ? Les moins de soixante ans ne le savent pas. Depuis longtemps, la place de Paris, en ce qui concerne l’O n P, est bien terminée… avec deux ou trois exceptions.

Ce choix du programme, ce soir, était-il empreint de sous-entendus ? Signifiait-t-il la fin de cette institution " à genoux " ? Un chant du cygne ? Ou, enfin, une re-naissance ? La symphonie dite Jupiter était-elle un discret appel ?

 

Concert solidaire du lundi 13 et mardi 14 juillet 2020 - Palais Garnier

Le 14 juillet cette représentation est réservée au personnel soignant et aux associations.

L’Opéra Bastille rouvrira le 23 novembre 2020, avec une version concert de la Tétralogie de Richard Wagner, dirigée par Philippe Jordan.

Et, maintenant, à quand le retour au théâtre privée ? La culture est-elle toujours une des priorités de cet été 2020 décrété " apprenant " ?

https://www.youtube.com/watch?v=daKqb0t8m9g

 

 

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