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Publié par Gilles Kraemer

Gilles Kraemer

déplacement et séjour à titre personnel

 

La terre à coups de poings. Depuis 1991, le peintre mais aussi graveur espagnol Miquel Barceló (né en 1957) crée des sculptures en terre cuite dont il a appris la technique lors de ses séjours en pays Dogon, au Mali. " Je ne fais pas exactement de la céramique mais de la terre cuite et des fois même pas cuite, même pas sèche " rappelle l'artiste dans le texte qu'il a rédigé pour l'ouvrage accompagnant l'exposition Terra Ignis. Miguel Barceló que lui consacre cet été Céret.

Dans le musée de cette petite ville catalane, surnommée La Mecque du cubisme, où Picasso, Gris Braque et Herbin peignirent entre 1911 et 1913, où vinrent ensuite Soutine, Masson, c'est par touches parcellaires que de petites sculptures de Miguel Barceló - des têtes - dialoguent avec les œuvres de ses illustres compatriotes, dans le parcours de la collection permanente des salles du rez-de-chaussée. Les poings de l'artiste enfoncés avec force, tels ceux d'un boxeur, de chaque côté d'un parpaing en terre moulé, deux yeux faits avec les doigts pour agrandir les alvéoles de ce matériau de construction et hop, le tour est joué. De ce combat physique avec l'argile encore fraîche, naissent des têtes dont l'on ne sait si elles sont humaines (son autoportrait ?) ou simiesques.

Dans les vastes et lumineuses salles d'exposition du premier étage prennent place les grandes pièces de l'artiste, peintes de faunes, de chardons ou d'arbres, si fortes et en même temps si fragiles, des pièces qu'il a récemment réalisées dans sa briqueterie-tuilerie de Majorque, son île natale. Des sculptures construites de jarres et de pots cassés ou fendus s'incrustent de parpaings ; parfois un bouton de rose craquelé en émerge. Paret Seca, immense mur de 3 tonnes, construit in-situ, mêlant briques et parpaings zoomorphes liés par la technique ancestrale du torchis, retranscrit le monde de Barceló, dans le rapprochement et l'accumulation de divers éléments, qu'ils soient usinés ou qu'il crée. Des jarres craquelées, fendues ou effondrées, déformées sont incisées de multiples traits restituant une bouche, un nez, des yeux ; le visage de l'artiste, thème récurrent de son œuvre, surgit peu à peu.

"Je crois que j'ai transféré toute ma peinture sur cette nouvelle matière, comme je crois qu'ont fait Fontana et Miró "ajoute Miquel Barceló, pour qui peinture et sculpture forment un tout, indissociable dans son acte de création.     

Terra Ignis. Miquel Barceló

29 juin - 12 novembre 2013

MAMC ou Musée d'Art moderne de Céret - 66403 Céret

http://musee-ceret-expo.com/

Très bel ouvrage accompagnant l'exposition : Miquel Barceló. Terre Ignis. Texte de Miquel Barceló, nouvelle de Colm Tóibín L'arrivée de la lumière. 65 photographies in-situ des œuvres dans la briqueterie-tuilerie de Majorque, 160 pages. Textes en français, espagnol, portugais et anglais. 2013. Éditions Actes Sud.

Inauguré en 1950, le musée de Céret conserve des œuvres de Picasso, Dufy, Herbin, Masson, Tapiès, Viallat... . Ne manquez pas la fresque de Vincent Bioulès Les platanes à Céret, 2009, peinte sur le mur du grand escalier. 

Une exposition consacrée aux céramiques de Barceló se tient au Museu nacional do azulejo  à Lisbonne, Portugal, du 24 septembre au 24 novembre 2013.

A voir aussi pays catalan : Édouard Pignon. Catalanes à Collioure. Musée d'Art moderne de Collioure (Pyrénées Orientales). 1er juin - 13 octobre 2013.

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