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Publié par Gilles Kraemer

Gilles Kraemer.

Dove sono i bei momenti / Di dolcezza, e di piacer ? Oggi, sono di ritorno

 

Joël Andrianomearisoa (1977), This evening the night doesn’t want to end / Le grand jour, 2020 © DR Dans une méditation avec une installation en cinq lieux et en cinq temps qui nous conduit de la nuit au jour. La première partie s’intitule J’ai oublié la nuit, la seconde Crépuscule, la troisième En attente de l’aube, la quatrième Le grand jour et  Histoire sans fin sera l'ultime.

 

Samedi 16 mai, réouverture du Domaine de Chaumont-sur-Loire, entre Blois et Amboise, dans cette lumière impalpable, sur les bords du grand fleuve sauvage, si présente dans l'œuvre d'Olivier Debré. Enfin. Pas pour tous. Seulement à ceux qui sont dans un périmètre de 100 kilomètres. Paris, pas possible, 185 kilomètres, il faudra encore patienter. Tout en continuant à suivre sur les réseaux sociaux Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine et du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire comme nous le fîmes pendant ces 55 jours de #confinement. Chaque jour, elle poste plusieurs vues de ce merveilleux domaine.

 

Axel Cassel ou Axel von Cassel (1955 - 2015) © Eric Sander. Axel dont nous avions découvert l'œuvre gravé grâce à Michel Butor écrivant pour lui La porte du pays brûlé puis chez André Biren dès 1978, marchand d’estampes rue Jacob puis 11, rue Cassette. Albert Loeb en 1986. Et enfin chez Tadeusz Koralewski, rue Quincampoix dès 1993. Œuvre en bois d’iroko, en bronze ou de terre.

 

Joël Andrianomearisoa, I have forgotten the night, 2019. © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Biennale de l’art de Venise, Pavillon de Madagascar, Arsenale. Commissariat de Rina Ralay Ranaivo & Emmanuel Daydé. Projet du Ministère de la Culture, de la Promotion de l’Artisanat et de la Sauvegarde du Patrimoine de la République de Madagascar. Semaine presse, 8 mai 2019.

 

Joël Andrianomearisoa dévoilait à Venise l’immatérialité d’un monde invisible. Je reprends le texte de Môssieur Njo, septembre 201. «  Joël Andrianomearisoa avec ses affirmations pleines, sinistres et joyeuses, n’a jamais été tenté par la gloire du Rien, mais avidement par la sobriété du Tout. Cela ne voudrait rien dire si justement les images et les espaces, l’univers de Joël Andrianomearisoa n’étaient pas là pour donner au non-discours, ce nouvel inconnu, une forme. […] À la Biennale di Venezia il est probable que le drame se cachera dans les plis d’une cascade noire de papier jusqu’à envelopper chacun des visiteurs d’un esprit lumineux…

 

La Saison d’Art offre une promenade renouvelée au cœur du Domaine. Elle réunit quatorze artistes, dans le parc ou le château : Joël Andrianomearisoa [dont nous avions doublement remarqué, il y a juste un an, le travail à la 58e Biennale de l’art de Venise, en 2019, à l’Arsenale, puisqu’il représentait Madagascar et qu’il s’agissait de la première participation de ce pays à cette manifestation italienne], Giuseppe Penone, Philippe Cognée, Pascal Convert, Marinette Cueco, Makoto Azuma, Isa Barbier, Sophie Lavaux, Léa Barbazanges, Bob Verschueren, Marc Nucera, Vincent Barré, Wang Keping et Axel Cassel.

 

Ce 29e Festival International des Jardins, Jardins de la Terre, Retour à la Terre Mère, porte sur la problématique du nécessaire retour à une relation différente et plus respectueuse de la nature autour de 30 jardins.

Le thème de cette année parle encore plus, comme un appel face à cette autre crise, après celle de la Covid-19, cette catastrophe écologique sur laquelle nous n’ouvrons pas assez notre regard ou que nous ne voulons pas voir.

Pour Chantal Colleu-Dumond, " La Terre Mère, source fructueuse et éternelle, est une communauté indivisible et autorégulée de tous les êtres, végétaux, animaux et humains qui la constituent et doivent être protégés sans distinction. Les composantes physiques, chimiques, biologiques, les différents écosystèmes, la biosphère, la poussière et les océans interagissent de façon à maintenir un environnement optimal pour la vie.".

 

D’Origines de Thibaut Jeandel, concepteur de jardins et ingénieur acousticien à La planète fleurie / The flower planet, venue de Hong Kong de l’architecte Sau Yin Wong et du concepteur en architecture Pak Chuen Chan, de la terre capable de se régénérer en permanence avec Survient la terre, jaillit la vie de Martin Gasc, architecte plasticien, Marie Lehoux, paysagiste, Laure Guillou, designer scénographe au jardin botanique posthume à partir d’espèces du Cerrado - une savane tropicale qui s’étend au centre du Brésil - Paysage de feu des architectes brésiliens Carlos M Teixeira, Daila Coutinho et Frederico Almeida, voici l’exploration de quelques jardins.

 

Croquis du jardin Solstice de Nicholas Tomlan, concepteur de jardins © Enora Elmoznino.

Un mur circulaire en ruine rappelle les vestiges d’un site mythique de la Grèce antique, celui du nombril du monde, celui de Delphes. Le cercle, qui symbolise l’union du terrestre et du divin, est présent partout dans la nature, alors que le carré, qui est une invention de l’homme, représente l’univers tel que l’homme le conçoit et le projette. Entre les pierres effondrées, une ouverture en demi-cercle permet au visiteur de s’avancer dans ce lieu sacré, où le végétal a recouvert le sol et les restes de l’édifice. Suivant un tracé imaginaire entre le solstice d’hiver et le solstice d’été, une rigole traverse le jardin comme une ligne de vie, de la naissance bouillonnante au retour sous la terre.

 

Croquis du jardin Souvenir du futur. Nicolas et Alice Stadler, designers, David De Oliveira, maçon et pompier, Aurélien Serrault, gérant d’une société de paysagiste © DR. 

Jardin Souvenir du futur. Nicolas et Alice Stadler, designers, David De Oliveira, maçon et pompier, Aurélien Serrault, gérant d’une société de paysagiste © photographie Thierry Forien. Merci pour cette photographie, mai 2020. 

Quel sera notre futur ? Comment s’adapter, s’y préparer ? Ce jardin, avec son titre tel un oxymore, souligne la nécessité de revenir à l’essentiel et d’être proche de notre environnement naturel. Une sphère de terre flottant sur l’eau représente notre planète, tandis que le plan d’eau évoque l’immensité de l’univers qui l’entoure.

 

Jardin La planète fleurie / The flower planet, Sau Yin Wong, architecte, Pak Chuen Chan, concepteur en architecture Hong Kong, Chine © photographie Thierry Forien. Merci pour cette photograhie, mai 2020.

L'expérience inédite et solitaire d’une planète existe, représentée par sa forme minimale : une sphère parfaite. Un jardin de fleurs orphelin s’y est enraciné. Adossée contre le volume de la sphère, une échelle individuelle permet de grimper à son sommet et d’embrasser le jardin d’un seul coup d’œil. La matérialisation de cette planète fait référence au rocher des savants qui appartient à la longue tradition des jardins orientaux.  À l’entrée du jardin, le craquement des graviers sous les pas marque le début de l’aventure. Il est question d’entamer un dialogue entre moelleux et solide, tangible et intangible, entre éphémère et immortalité.

 

Saison d’Art 2020 et  Festival international des Jardins 2020 - Domaine de Chaumont-sur-Loire.

 

Réservation des billets dématérialisés sur le site internet du Domaine www.domaine-chaumont.fr La billetterie en ligne propose des billets datés avec deux créneaux d’arrivée, un le matin (10h00-14h00), l’autre l’après-midi (14h00-19h00).

https://www.youtube.com/watch?v=YQKsQJWhNNM&feature=youtu.be

 

 

 

 

 

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