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Publié par Gilles Kraemer

Gilles Kraemer.   

Magique concordance des temps, à quelques jours de l'anniversaire du décès de Gustave Caillebotte. Par arrêté du ministre de la culture en date du 30 janvier 2020, paru au Journal Officiel n°0036 du 12 février 2020, deux tableaux de Gustave Caillebotte (Paris 19 août 1844 - 21 février 1894 Petit Gennevilliers) se voient refuser le certificat d’exportation prévu à l'article L. 11162 du code du patrimoine. 

Partie de bateau ou Canotier au chapeau haut de forme, huile sur toile, signé en bas à gauche et portant le cachet de l'atelier en bas à droite, vers 1877-1878 (Marie Berhaud 122).

Ce tableau, au traitement dépouillé et au cadrage photographique, par sa modernité et son originalité, représentant un jalon inventif dans la peinture des années 1870, a vocation à rejoindre les collections publiques françaises qui ne détiennent pas d’œuvre aussi importante de Caillebotte de la période dédiée à ce sujet des sports nautiques, si emblématique et constitutif de l’esthétique impressionniste. Elle date de la période des villégiatures à Yerres, au sud-est de Paris, dans une propriété que le père de l'artiste, Martial, acquiert en 1860. La rivière, l'Yerres, devient le cadre de loisirs nautiques.  Cette propriété sera vendue en juin 1879. Cette toile avait figuré à l'exposition Caillebotte, peintre et jardinier au musée des impressionnismes à Giverny au printemps 2016 puis à Madrid, au museo Thyssen-Bornemisza à l'été et automne 2016 www.lecurieuxdesarts.fr/2016/05/gustave-caillebotte-le-peintre-aux-pouces-verts.html et à l'exposition Caillebotte à Yerres au temps de l'impressionnisme, au printemps 2014, à Yerres www.lecurieuxdesarts.fr/2014/05/caillebotte-a-yerres-au-temps-de-l-impressionnisme-le-retour-reusii-du-peintre-en-son-pays.html

Le Déjeuner, huile sur toile, 1876 (Marie Berhaud 1978, n°32).

Ce tableau, par son sujet, sa grande qualité d’exécution, son traitement novateur et sa place dans la carrière de Caillebotte, constitue une œuvre pionnière, qui annonce des compositions de la fin du siècle d’autres peintres, telles que La salle à manger de Paul Signac (1886-1887, musée Kröller-Müller), et représente un manifeste des ambitions affichées par le jeune artiste lors de sa première participation à une exposition impressionniste en avril 1876, où cette toile était présentée en même temps que les Raboteurs de parquets [aujourd'hui au musée d'Orsay]. Elle a vocation à rejoindre les collections publiques françaises. Caillebotte - habitant à cette époque 77, rue de Miromesnil - présenta, comme noté dans le catalogue, huit toiles à cette seconde exposition des impressionnistes qui se déroulait au 11, rue Le Peletier. Deux toiles représentaient le même sujet, celui des Raboteurs de parquets. Marius Chaumelin, dans La Gazette des étrangers, écrivait de lui " M. Caillebotte est un des peintres les plus originaux qui se soient révélés depuis quelques années, et je ne crains pas de me compromettre en prédisant qu'il sera célèbre avant peu.". Emile Zola était plus sévère dans Le Sémaphore de Marseille " Seulement, c'est là de la peinture bien anti-artistique, une peinture propre, une glace, bourgeoise à force d'exactitude. Le décalque de la vérité, sans l'impression originale du peintre, est une pauvre chose.".

Ce peintre sera à l'honneur, dans quelques mois, à la fondation Gianadda à Martigny, pour l'exposition Gustave Caillebotte - Impressionniste et moderne, commissariat Daniel Marchesseau. 19 juin au 22 novembre 2020. 

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