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Publié par Gilles Kraemer

Quelques jours après les trois journées presse de la Biennale de Venise, je titrai La Biennale de l'art de Venise à un tournant ? Que vuol' dire ancora la Biennale di Venezia ? 58ème Exposition Internationale d'Art (I)  

© Le Curieux des arts Gilles Kraemer, semaine presse de la Biennale de l'art de Venise, mai 2019. 

LA Biennale, vue jusqu'à présent comme l'événement incontournable, le pouls de la création, le work in progress, a-t-elle encore un sens ? Est-elle devenue Art Basel bis ? Définitivement ? Une monstration pour marchands et galeristes essayant de "placer" leurs poulains dans les Pavillons ? C'est cependant une halte dans le parcours que les modeux de l'art contemporain s'imposent par devoir, dans leur transhumance. Avec LE syndrome du FOMO ! Surtout ne rien louper, même si ceci est nul, de peur d'entrer dans le classement des "louseurs" ! Se déroulant jusqu'au 24 novembre, l'on a tout le temps de glisser un séjour vénitien, dans son agenda débordant "d'obligations", pour un tour entre Giardini, Arsenale et ville, calé entre une journée aux Bagni Alberoni et un spritz con bitter au Cipriani.  

 

Venise sacre des artistes morts pourrait-on dire cette année, pour cette 58e Biennale qui ne restera pas dans les annales. Totalement ratée dans la double conjonction - c'est la première fois que ceci survient - du loupage des Pavillons nationaux avec quelques bémols positifs & du loupage de l'exposition centrale aux Giardini et à la Corderie. Ce qu'il fallait voir était en dehors de l'officiel, du in. Surtout ne pas perdre son temps à l'écoute du buzz médiatique ou susurré qui a fonctionné à fond, prenant comme marqueur les heures d'attente devant certains Pavillons. Mais, ce fut le contraire puisque le Pavillon de la Lituanie ignoré dans le quartier de l'Arsenal et celui de la Belgique se virent primés.

Finalement, rien de vaut les fondamentaux, la bonne "vieille peinture". Même si elle est du XXème siècle, donc totalement "mortelle" pour les accrocs du contemporain incapables de dessiller leurs yeux face à ce qu'il faut adorer de peur d'être irrémédiablement "has been".

Consacrons ce billet d'humeur aux morts, avant un prochain aux vivants, avec des événements collatéraux officiels et les expositions dans la cité.  

Alberto Burri. A gauche Plastica, 1964. Centre Georges Pompidou - MNAM /// A droite  Plastica rosso nero LA, 1964. Collection privée © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, semaine presse de la Biennale de l'art de Venise, 9 mai 2019.     Aucun sentiment pour BURRI la pittura, irriducibile presenza à la fondation Giorgio Cini à San Giorgio Maggiore. Un bon accrochage pour ce peintre abstrait (Città del Castello 1913-1995 Nice) avec une cinquantaine de pièces, des rares Catrami (1948) aux monumentaux Cellotex (1994), dans un parcours chronologique. Aucun émotion pour cette exposition terminée le 28 juillet 2019.

Jean (Hans) Arp, Soulier bleu renversé à deux talons, sous une voûte noire, ca. 1925. Bois peint. 79.3 x 104.6 x 2.5 cm.. Peggy Guggenheim Collection, Venise © 2019 Artists Rights Society (ARS), New York/VG Bild-Kunst, Bonn / © Jean Arp, by SIAE 2019.

La natura di Arp, Collection Peggy Guggenheim, Venise © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 5 mai 2019.     La natura di Arp. Collection Peggy Guggenheim. Retour à Venise comme un clin d’œil pour Jean (Hans) Arp (Strasbourg 1886-1966 Bâle) qui obtint le Grand prix pour la sculpture à la XXVIIe Biennale (1954). Lorsque Peggy organisa au Palazzo Venier dei Leoni, en 1949, la première exposition de sculpture contemporaine, deux œuvres d'Hans furent présentées : le cuivre doré de Tête et coquille (1933) et le calcaire Couronne de bourgeons (1936).

Jean (Hans) Arp, Tête et coquille, ca. 1933. Cuivre doré, fonte des années 1930. 19.7 x 22.5 cm.. Peggy Guggenheim Collection, Venise © 2019 Artists Rights Society (ARS), New York/VG Bild-Kunst, Bonn / © Jean Arp, by SIAE 2019.     Cet artiste occupe une place importante dans la collection de Peggy Guggenheim puisque la première acquisition de celle-ci fut  Tête et coquille. Sept œuvres de Arp appartenant à cette collection furent le point de départ de cette exposition présentée au Nasher sculpture center de Dallas, Texas, à l'automne 2018. Environ 70 œuvres, sculptures en plâtre, bois, métal, pierre, reliefs en bois peints, dessins, livres constituent un riche parcours, de son premier panneau relief peint Fleur-marteau (1916) au marbre Scrutant l'horizon (1964).

Arshile Gorky, Table - Paysage, 1945. Huile sur toile. Centre Pompidou / Musée national d'art moderne © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 7 mai 2019.

Arshile Gorky 1904-1948. Ca' Pesaro où se trouvent le Klimt et les Chagall que le maire actuel de Venise Luigi Brugnaro avait émis le désir de vendre en octobre 2015

nuovavenezia.gelocal.it/venezia/cronaca/2015/10/09/news/brugnaro-vuole-vendere-un-quadro-di-klimt-in-vendita-per-ripianare-i-debiti-1.12233789               www.lecurieuxdesarts.fr/2017/02/attorno-a-klimt-guiditta-eroismo-e-seduzione-entre-heroisme-et-seduction-le-retour-triomphal-a-venise-de-

Fortement, plus que fortement influencé par Ingres, Cézanne, Picasso, le surréalisme, Miró, Kandinsky, Matta, Léger, cet expressionniste abstrait - à côté de Willem de Kooning, Jackson Pollock & Mark Rothko - nous interroge à travers 80 œuvres. Un parcours, comme un météorite, entre deux Guerres mondiales. Né en Arménie à Khorkom, près du lac de Van vers 1902/1904, fuyant le génocide arménien à 15 ans, il se réfugie aux États-Unis où il change son nom Vostanig Manoug Adoian en Arshile Gorky. Rétrospective en 1941 au San Francisco Museum of Modern Art. Il se suicide le 21 juillet 1948 à Sherman, Connecticut; suite à un accident de voiture, il n'était plus en état de travailler.

Parcours chronologique en cinq sections, des portraits aux natures mortes jusqu'aux dernières peintures, dans un vocabulaire fantastique, reflet de la fragilité extrême dans laquelle il se trouvait et de sa recherche incessante. Une évocation prégnante, dans cette dernière salle de toute l'énergie sublimée de l'émotion. Énormément d’émotion. Une des révélations pour moi de cette semaine presse. 

In situ de l'exposition Gorky, Ca' Pesaro, Venise. Salle des portraits © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 7 mai 2019.

In situ de l'exposition Gorky, Ca' Pesaro, Venise. Sur le mur gauche Le foie est la crête du coq, 1944. Huile sur toile. Collection Albright-Knox Art Gallery, Buffalo New York © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 7 mai 2019.      La dernière fois que ce peintre fut présenté à Paris, ce fut en 2007, au Centre Georges Pompidou en partenariat avec la Fondation Calouste Gulbenkian dans le cadre de l'année France Arménie .  

Gilles Kraemer

déplacement et séjour personnel à Venise 

 

Portrait of Arp, ca. 1926. Courtesy Stiftung Arp e.V., Berlin/Rolandswerth.

La natura di Arp

13 avril – 2 septembre 2019

Collezione Peggy Guggenheim, Venezia

Commissariat de  Catherine Craft

Catalogue. 228 pages.

Prochaine exposition Peggy Guggenheim. L'ultima Dogaressa (21 sept. 2019 - 27 janvier 2020)

guggenheim-venice.it/default.html

 

Autoportrait, vers 1937. Vue de l'exposition Arshile Gorky 1904 - 1948, Ca' Pesaro Galleria Internazionale d'Arte Moderna © 2019 The Arshile Gorky Foundation / Artists Rights Society (ARS), New York Photo: Lorenzo Palmieri.

Arshile Gorky 1904-1948

9 mai - 22 septembre 2019

Ca' Pesaro - Galleria Internazionale d'Arte Moderna - Venezia

Commissariat de Gabriella Belli et Edith Devaney

apesaro.visitmuve.it

 

 

En attendant la livraison des valises à l'aéroport Marco Polo, par le premier vol très matinal d'Air France, www.airfrance.fr

il est possible de connaître les expositions visibles à Venise © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer 5 mai 2019.

 

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