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Publié par Gilles Kraemer

Vladimir Velickovic, peintre, dessinateur, graveur, lithographe et sculpteur est décédé ce 29 août 2019 à l'âge de 84 ans. Il avait été élu membre de l’Académie des beaux-arts le 7 décembre 2005 au fauteuil de Bernard Buffet.

 

Vladimir Velickovic © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, présentation presse de l'exposition Vladimir Velickovic, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, septembre 2015.

Vladimir Velickovic © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, présentation presse de l'exposition Vladimir Velickovic, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, septembre 2015.

Voici ce que disait de lui Jacques Taddei, membre de la section de composition musicale, à l’occasion de son installation dans la section de peinture de l’Académie des Beaux-Arts le mercredi 20 juin 2007

" Dans son œuvre, Velickovic ne parle jamais d’amour : on naît seul, on souffre seul, on meurt seul ; il n’y a pas d’amour du prochain, la mort remporte toujours la mise. Les hommes pourtant refusent de se croire mortels ; ils vivent comme s’ils ne devaient jamais mourir. Un jour, pourtant, il faut apprendre à renoncer puis à dire adieu ; un soir, on ferme les yeux pour toujours ; finies les pirouettes, on a fait son temps, la représentation est terminée, le rideau tombe, salut l’artiste ; hormis l’espoir du croyant, on ne laisse au mieux qu’une trace dans l’histoire, un souvenir dans le cœur des vivants, sinon, rien pour toujours. ".

 

Vladimir Velickovic © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, présentation presse de l'exposition Vladimir Velickovic, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, septembre 2015. 

 

Exposition Vladimir Velickovic © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, présentation presse, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, septembre 2015.

 

Dans ce même discours, Jacques Taddei citait le poète André Velter : 

Velickovic ne peint que des Descentes

Velickovic ne suit que la pente du destin

Et ses voyages repérés, estampillés, affranchis

Ne sont que des balises d’une seule destination

D’un seul abîme, d’un seul néant

Où la ligne de fuite devient poussière de nuit

Où le pont aveugle est un lieu sans conscience ni retour

Dans ce théâtre les personnages sont des flambeaux

De cendre avant la dispersion. Les escaliers sont des stèles

Des sortes de tombeaux

Ou bien les degrés pesants de l’observatoire du vide

Les passerelles ne se raccordent pas.

Les tremplins dominent une fournaise noire.

Les passages mettent l’espace en croix…

 

Velickovic ne prophétise pas. Ne moralise pas.

S’il dénonce c’est par mégarde.

Il est à lui seul l’énergie du désespoir.

La violence jetée contre une violence sans emploi.

Son œuvre à l’évidence est la force d’une rumeur immémoriale

Qui mêle les instants et les corps

Qui réinvente l’éclair sombre des destinées

Et célèbre une course affolée, lyrique, maîtrisée.

Une course au néant.

 

Exposition Vladimir Velickovic © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, présentation presse, musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun, septembre 2015.

Mon pays n'existe plus, je suis un yougo-nostalgique " murmure de sa voix sourde Vladimir Velickovic, natif de Belgrade, en évoquant " pris dans la tourmente de cohabiter avec la violence de mon pays ", cette guerre civile de 1991 à 1999 dans l'ex-Yougoslavie.

Le parti pris fut celui d'une rétrospective, en un parcours chronologique, depuis Visage étrange (1959) jusqu'à Grünewald (2011), des œuvres marquantes, une vision du monde de l'horreur et de la guerre " soulignait le commissaire Patrice Moreau, en présentant les œuvres de cet artiste vivant en France depuis 1965, exposées à l'occasion de ses 80 ans, au musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun à l'automne 2015. www.lecurieuxdesarts.fr/2015/10/vladimir-velickovic-l-inhumain-n-a-pas-de-tete.html 

 

Gilles Kraemer

 

 

© Gérard Schachmes http://www.vladimirvelickovic.fr/atelier.html17

 

 

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Commenter cet article

Nadezda 29/08/2019 20:58

Un artiste hors normes, que la terre lui soit légère !