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Publié par Gilles Kraemer

 

Johann Paul Schor (Innsbruck 1615-Roma 1674), Il corteo del principe Giovan Battista Borghese per il Carnevale di Roma del 1664 (détail). 1664. Huile sur toile. 122 x 317 cm.. Signé et date en bas à droite. Gallerie degli Uffizi, Florence © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Florence, Gallerie degli Uffizi, 2019.

Tutta la citta aspetta il carro d'oro del principe Borghese. Jeudi 28 février 1664. Rome est en effervescence. Toute la ville attend l'apparition du char d'or monumental, commandé par le prince Giovan Battista Borghese (1639-1717) participant au fastueux Carnaval de la cité papale, Tout Rome ne cesse de parler depuis plusieurs jours de ce splendide projet commandé à Johann Paul Schor (Insbruck 1615-1674 Rome). Ce dernier l'a conçu et supervisé selon les souhait de ce fastueux aristocrate romain, fils de Paolo et Olimpia Aldobrandini, désirant glorifier sa famille et les membres de celle-ci.

Johann Paul Schor (Innsbruck 1615-Roma 1674), Il corteo del principe Giovan Battista Borghese per il Carnevale di Roma del 1664. 1664. Huile sur toile. 122 x 317 cm.. Signé et date en bas à droite. Gallerie degli Uffizi, Florence © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Florence, Gallerie degli Uffizi, 2019.

La magnificence de cet après-midi fut immortalisée immédiatement dans une immense toile de plus de 3 mètres sous le pinceau de ce même artiste : il corteo del principe Giovan Battista Borghese per il Carnavale di Roma del 1664. Exposé à la biennale dell'Antiquario di Firenze-palazzo Corsini de 2017 par la galerie romaine Alessandra Di Castro, cet instant fugace de la pompe princière du baroque fut acquis par les Galeries des Offices l'année suivante.

www.lecurieuxdesarts.fr/2018/04/le-

Filippo Gagliardi (Roma 1606-1659) e Filippo Lauri (Roma 1623-1694), Carosello a Palazzo Barberini in onore di Cristina di Svezia nel Carnevale del 1656, 1656-1657 circa. Huile sur toile. 230 x 340 cm.. Museo di Roma, Rome © ringraziamenti Ufficio stampa.

Le voici présenté dans une exposition retraçant les années du Seicento dans la cité papale et également celle des Medici . Ce climat des fastueux carnavals et fêtes baroques, des Entrées, de cette pompa intriotus. est célébré par une autre toile prêtée exceptionnellement par le Museo di Roma : La Giostra dei Caroselli per l'arrivo a Roma di Critina di Svezia, toile monumentale de Filippo Gagliardi et Filippo Lauri.

Filippo Gagliardi (Roma 1606-1659) e Filippo Lauri (Roma 1623-1694), Carosello a Palazzo Barberini in onore di Cristina di Svezia nel Carnevale del 1656 (détail). 1656-1657 circa. Huile sur toile. 230 x 340 cm.. Museo di Roma, Rome © ringraziamenti Ufficio stampa.

Ce carrousel de cavaliers en blanc et bleu aux couleurs de la Reine nouvellement convertie au catholicisme et en rouge et or celles du pape Alexandre VII fut commandé par la famille Barberini. Carrousel imaginé par Giovan Francesco Grimaldi dans la cour du palais Barberini alle Quattro Fontane, cet événement nocturne scénographié par Giovan Battista Gagliardi sera suivi par 3 000 personnes entassées dans les tribunes le 28 février 1656. Regardez attentivement ce tableau avec les chars de l'Amour et de Cupidon, du Soleil, du Dédain et des Furies de cette cavalcade, un spectateur tapant sur la tête d'un autre habillé en Arlequin en l’enjoignant de se rasseoir, des exclus de cette exceptionnelle événement essayant d'entrer par force et bousculant les gardes.

Egid Schor (Innsbruck 1627-1701) ou Johann Paul Schor (Innsbruck 1615-Roma 1674)?, Détail du char du carnaval de Giovan Battista Borghese, 1664. Penna, inchiostro acquerellato su carta. 399 x 243 mm. Kupferstichkabinett, Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Berlin © ringraziamenti Ufficio stampa. L'aigle et le dragon, emblèmes des Borghese sont parfaitement visibles.

Le cortège des Borghese est plus empreint de pompe avec ce char orné d'un dragon et d'un aigle, surmonté d'une forêt aux pommes d'or où le prince Borghese et ses deux beaux-frères Agostino Chigi neveu du pape Alexandre VII et Gregorio Boncompagni, duc de Sora, prirent place, dans une personnification d'Egla, Aretusa et Esperetusa, les trois Hespérides. Les nymphes - les serviteurs du prince habillés d'or et d'argent - accompagnant et précédant ce char d'or distribuèrent 436 pommes en sucre recouvertes d'or. L'exécution des 75 couronnes nécessita 25 000 feuilles d'or.

Dominique Barrière, graveur (Marseille 1622 ca-Rome 1678), Festa della Resurrezione in Piazza Navona con gli apparati di Carlo Rainaldi e Johann Paul Schor, 1650. Eau-forte. 376 x 694 mm.. Museo di Roma, Rome © ringraziamenti Ufficio stampa. Cette fête était l'un des événements les plus populaires et spectaculaires de la Rome du XVIIe. 

Originaire du Tyrol, Johann Paul dit aussi Gioavanni Paolo Tedesco o Giovanni Paolo Scior arrive à Rome vers la fin des années 30 du Seicento. Inscrit à l'Accademia di San Luca en 1653, il travaillera pour les puissantes familles princières papales, les Borghese, Colonna, Chigi, Barberini, Rospigliosi. Il orne de fresques la Galleria d'Alessandro VII (né Chigi) du palais du Quirinale (1656-1657), la Galleria Colonna du palais éponyme (commencée en 1665 et terminée après sa mort par Giovanni Coli et Filippo Gharardi en 1685), la chapelle de l'église de Santa Caterina da Siena a Magnanopoli (1650-1652).

Johann Paul Schor, dessin (Innsbruck 1615-Rome 1674), Dominique Barrière, gravure (Marseille 1622 ca - Rome 1678), Apparato ideato da Bernini con la collaborazione di Schor per la festa della nascita del Delfino di Francia celebrata a Trinità dei Monti il 2 febbraio 1662, 1662. Eau-forte. 776 x 618 mm. au coup de planche. Museo di Roma, Rome © ringraziamenti Ufficio stampa.

Ordonnateur de la Fête de la Résurrection sur la place Navona en 1650 en compagnie de Carlo Rainaldi, il travaille sous la direction de Gian Lorenzo Bernini. Avec celui-ci, il participera aux fêtes de l'entrée romaine de Christine de Suède en décembre 1656, collaboration poursuivie en 1658 pour le Carnaval des Chigi puis à la Fête commandée par le cardinal Antonio Baberini, en l'honneur de la naissance du Dauphin, en février 1662 devant le monumental escalier entre l'église Trinità dei Monti et piazzi di Spagna transformé en une montagne sylvestre. 

Johann Paul Schor dessin. Pietro Santi Bartoli graveur, Lit de parade pour la naissance du premier né de Lorenzo Onofrio Colonna et Maria Mancini Colonna (détail). 1663. Eau-forte. 743 x 526 mm la feuille. Rome, Instituto Centrale per la Grafica © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Florence, Gallerie degli Uffizi, 2019. 

Un grandiose lit de parade fut commandé en novembre 1662 par Lorenzo Onofrio Colonna pour son épouse Maria Mancini alors enceinte. Elle y recevra, en mai 1663, les félicitations pour la naissance de son premier enfant. Sexe du futur enfant inconnu, Johann Paul devait jouer de la symbolique et de symboles avec une immense coquille Saint Jacques tirée par des hippocampes guidés par des sirènes, célébration directe de la famille des Colonna, indirecte de la nièce du cardinal Mazarin, celle qui fut la favorite de Louis avant son mariage. Triomphe de la Vénus Anadyomène, sirènes emblématiques des Colonna, triomphe de Neptune, char solaire émergeant de la mer, suggestion du Soleil royal, ce sont autant de pistes et d'interprétations que soulève Christina Strunck dans le pertinent catalogue accompagnant cette exposition.

Vue de l'exposition. Au premier plan, de la Bottega dei fratelli Schor, Berceau monumental ou de parade. Fin du XVIIème. Bois sculpté doré, partiellement laqué. Gallerie degli Uffizi, Florence © photo Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Florence, Gallerie degli Uffizi, 2019.

De ce spectaculaire lit qui n'existe plus, une estampe de suite gravée en conserve l'image; un merveilleux Berceau, acquis récemment par les Offices, sculpté dans la boutique romaine de Johan Paul et de son frère Egid permet d'imaginer toute cette pompe romaine éphémère au service des aristocratiques familles des neveux des papes. Maria, elle, se séparera scandaleusement de son époux en 1672.

Stefano Della Bella (Firenze 1610-1664), Il mondo festeggiante. Festa nell’anfiteatro di Boboli per le nozze del principe Cosimo e Marguerite Louise d’Orléans. Comparsa di Cosimo nel ruolo di Ercole accompagnato dai carri del Sole e della Luna, 1661. Eau-forte. 290 x 446 mm. au coup de planche. Gabinetto Disegni e Stampe, Gallerie degli Uffizi, Florence © ringraziamenti Ufficio stampa.

Fastes de l'Urbs mais aussi de la ville des Medici. A Florence, le mariage du prince Cosimo de' Medici avec la cousine du roi de France, Marguerite Louise d'Orléans en juillet 1661, fut l'occasion d'une série de fêtes dont le point culminant fut Il mondo festeggiante, fête nocturne donnée dans l'amphithéâtre des jardins de Boboli du palais Pitti appréciée par 20 000 personnes. Trois eaux-fortes de Stefano della Bella en gardent la mémoire de l'entrée du prince vêtu en Hercule suivi de 200 soldats, des chars de la Lune et du Soleil, de la transformation merveilleuse de la statue d'Atlante haute de 14 mètres en une montagne sur laquelle des femmes représentaient les quatre continents, du char de Jupiter foudroyant

Gilles Kraemer

déplacement et séjour à titre personnel à Florence

rigraziamenti al ufficio stampa della mostra

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il carro d'oro di Johann Paul Schor. L'effemiro splendore dei  carnavali barrochi / Le char d'or de Johann Paul Schor. L’éphémère splendeur des carnavals baroques

20 février - 5 mai 2019

Palazzo Pitti - Sala delle Nicchie - Le Gallerie degli Uffizi

Florence - Italie

Commissariat de Maria Matilde Simari & Alessandra Griffo.

Catalogue indispensable. 184 pages. Éditions Sillabe. Prix 25 €.

www.uffizi.it/

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