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Publié par Marie Christine Sentenac

Aucun cinéphile digne de ce nom, toutes générations confondues, ne peut ignorer le rôle majeur qu’a joué Jean-Max Causse dans la diffusion du cinéma d’auteur ou du cinéma d’art et essai.

Jean-Marc Causse. Remerciements Ivan Guéorguiev Canetti pour la photographie.

La Cinémathèque lui donne carte blanche du 1 au 3 mars 2019. Créateur avec Jean-Marie Rodon en 1967 du cinéma L’Action Lafayette il n’a cessé depuis de distribuer et programmer dans ses salles (Action Christine, Grand Action et maintenant La Filmothèque) tout ce que le cinéma a produit de meilleur. Grand amateur du cinéma classique américain, western en tête, il étend ses talents de programmateur hors pairs à la restauration de films et c’est à lui que l’on doit, entre autres, d’avoir reconstitué la version originale (director's cut) de Pat Garett et Billy le Kid de Sam Peckinpah. Il s’est également attelé à un long travail de près de trois ans pour tenter de rétablir la copie dorée de Reflets dans un œil d’or tel que l’avait tourné John Huston avant que les studios ne décident de rendre le film plus "visible" par le spectateur lambda!!! C’est aussi lui qui a extirpé des limbes de l’oubli des chefs d’œuvre comme The Shop Around the Corner dont le succès n’est plus à prouver. Les challenges ne lui ont jamais fait peur... Le franc tireur réalisé avec son complice, Roger Taverne en 1972, resté longtemps invisible, sera projeté lors de cet hommage. Au même moment sort la biographie de Dominique Lœillet Jean-Max Causse cinéphile en action.

Portrait de cet homme attachant, fougueux, de ce passeur qui a dédié sa vie au septième art sans jamais perdre de vue ses idéaux ni s’égarer sur des voies commerciales. Il se confie avec simplicité à son intervieweuse sans occulter les drames qui ont jalonné son existence après une enfance tranquille et un brin ennuyeuse à Clermont-Ferrand. Amoureux du cinéma, il fréquente la Cinémathèque, les tenants de la nouvelle vague (il sera l’assistant de Claude Chabrol) et se trouve un père spirituel en la personne d’Henri Langlois dont il continue l’œuvre, à sa façon, indépendante et passionnée. Son amour de la fiction ne l’empêche pas d’être de plein pied dans la réalité comme en témoignent ses prises de position (sur la Résistance dans son unique long métrage Le franc tireur) ses combats (lycée Pailleron) et son implication dans cette "école du regard" chère à Godard en offrant aux jeunes générations des trésors oubliés. L’une n’allant pas sans l’autre, action politique et action cinéphile signent l’accord d’une ligne de vie palpitante.

Marie-Christine Sentenac.

Programme Cinémathèque - 51, rue de Bercy, Paris 12ème -. Toutes les séances seront présentées par Jean-Max Causse.

Le Franc-tireur Jean-Max Causse & Roger Taverne / France / 1972 Vendredi 1 mars 20h00 

Au cœur de l’orage Jean-Paul Le Chanois / France / 1944 Vendredi 1 mars 21h45 

Daisy Clover Robert Mulligan / États-Unis / 1965 Samedi 2 mars 14h30

Un roi sans divertissement François Leterrier / France / 1963 Samedi 2 mars 17h15

Barabbas Richard Fleischer / Italie / 1961 Samedi 2 mars 19h30 

Ciao! Manhattan John Palmer & David Weisman / États-Unis / 1972 Dimanche 3 mars 20h15

Mai 68 Gudie Lawaetz / France / 1974 Dimanche 3 mars 14h30

La Nuit de Saint-Germain-des-Prés Bob Swaim / France / 1977 Dimanche 3 mars 18h15 

Dominique Lœillet, Jean-Max Causse cinéphile en action. Préface de Jean Michel Frodon.  Prix 15€. En vente à la Cinémathèque (51, rue de Bercy, Paris) et à la Librairie du Panthéon (15, rue Victor Cousin, Paris).

http://www.cinematheque.fr/

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