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Publié par Gilles Kraemer

 

Gabriel Martin (Rouen 1842-1922 Rouen). Les Énervés de Jumièges, 1868-1869. Huile sur toile. Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer.

Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), Têtes de petits chat-huants, de Cayenne. Sans date (détail). Plume encre noire, encre brune appliquée à la pointe de pinceau et lavis d'encre brune. Bibliothèque nationale de France © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts. 

Le dessin dans tous ses états au musée des Beaux-Arts de Rouen. Et même le dessin contemporain puisque les œuvres de Jérôme Zonder né en 1974 (autour du personnage de Garence) et de Sarkis né en 1938 (tous deux représentés par la galerie Nathalie Obadia, comme l'est Valérie Belin exposée aussi dans cette institution du 25 janvier au 25 mars 2019 avec All Star, série explorant l'univers de la bande dessinée américaine) et de Gilgian Gelzer, né en 1951 (représenté par la galerie Jean Founier) sont présentées non loin des primitifs italiens et de la Flagellation du Christ à la colonne de Caravage (vers 1607).

Jérôme Zonder © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts.

Vue de l'exposition Jérôme Zonder © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts. 

Gabriel Martin (Rouen 1842-1922 Rouen). Au premier plan, étude de la composition pour la toile Les Énervés, 1868-1869. Pierre noire et estompe sur papier vergé. don de la famille Martin en 2017. Toile Les Énervés, manque le cadre offert par la famille en 2018, en cours de restauration. Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer.

Les Énervés de Jumièges de Gabriel Martin. Autour de cette toile, une exposition-dossier réunit dix-huit dessins préparatoires de cet immense tableau offerts par une descendante de cet artiste. Il fut le premier à traiter picturalement cette histoire rapportée par les chroniqueurs du Moyen Âge, que reprendra Évariste-Vital Luminais (1822-1896), après 1880. Ce dernier tableau appartenant également au musée de Rouen, mais non exposé face à celui de son confrère, représente les deux fils du roi Clovis II dans un radeau dérivant vers l'abbaye de Jumièges où ils seront recueillis par les moines. C'est cette seconde version que possède Rouen, la première exposée au Salon de 1880 fut achetée aussitôt par... le musée de Sidney.

Gabriel Martin (1842-Rouen-1922) Étude pour le buste de saint Philibert. Pierre noire sur papier vergé. Réunion des Musées Métropolitains  Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer.

Cet immense tableau (330 x 140 cm.) fut présenté au Salon de 1869, par cet élève à Rouen de Gustave Morin puis à Paris d'Alexandre Cabanel. Il recevra le prix Bouctot de l'Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen. Ce tableau sera montré en mars 1872 à la 23ème exposition municipale des Beaux-Arts à Rouen, exposition dans laquelle figuraient deux envois de Claude Monet. Conservée dans cette Académie, celle-ci le déposa au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2009 où il fit l'objet d'une restauration. C'est pour s'être révoltés contre l'autorité maternelle de la reine Bathilde pendant le pèlerinage de Clovis en Terre-Sainte que les deux princes furent condamnés au supplice de l'énervation, c'est-à-dire à avoir les nerfs des bras et des jambes brûlés. Abandonnés sur un radeau, au fil de la Seine, c'est ce moment où ils parviennent devant Philibert et les moines de Jumièges que Gabriel Martin fixa. Les dessins exposés montrent la façon dont Gabriel Martin procédait : il dessinait à la pierre noire le personnage nu puis posait dessus un calque pour y figurer l'habit.

Il n'exposa plus après 1893 et se consacra à la photographie.

 

Jean-Jacques Lequeu (1757-1826) Retable et contre-retable de la chapelle de la Sainte Vierge du château. Encre noire appliquée à la pointe du pinceau, lavis d'encre brune, aquarelle © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts.

Ce projet fut proposé pour l'église Saint Eustache en 1792 puis sous la Restauration.

Concordance de temps pour Jean-Jacques Lequeu (Rouen 1757-1826 Paris) présenté par Rouen et bénéficiant également d'une exposition de 150 dessins au Petit Palais à Paris Jean-Jacques Lequeu. Bâtisseur de fantasmes (11 décembre 2018-31 mars 2019). Une (re)découverte de cet artiste, souhaitant devenir architecte, s'installant à Paris en 1779 mais, qui pour gagner sa vie sera employé dans des bureaux ministériels à partir de 1793. C'est en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France qui conserve presque la totalité de son oeuvre, puisque celui-ci donna à la Bibliothèque royale en 1825, six mois avant sa mort, que cette exposition se tient.

Jean-Jacques Lequeu (1757-1826) Trompe l’œil sur papier bleu. Objets divers plaqués sur un panneau en sapin. Vers 1792-1795. Gouache. 300 x 370 mm. Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts. Est-ce une allégorie de la fin de la royauté puisque l'on y voit une personnification de la Liberté, coiffée du pileus, bonnet de l'affranchi romain ?

C'est l'occasion de présenter le Trompe l'œil au papier bleu, préempté à Pâques 2018 par le musée de Rouen, sa ville natale. Des architectures imaginées, des fabriques, des kiosques, des temples mais aussi une paire de fesses, une rose dont la corolle évoque un sexe féminin ou des chat-huants fantastiques, à la limite de l'effrayant.

Sur la gauche Georges Lallemant (Nancy 1575-1636 Paris). Homme au chapeau à plume. Sanguine. Au milieu Jacques de Bellange (avant 1575-1616). Cavalier tenant une lance. Plume et encre brune, larges aplats d'encre brune. Sur la droite Jacques Callot (1593-Nancy-1635). Etude de paysage. Pierre noire, lavis d'encre brune. Donation Suzanne et Henri Baderou 1975. Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts.

L'œil et la main autour de chefs-d'œuvre du dessin français des XVIe et XVIIe siècles choisis parmi les 8 000 dessins du cabinet d'arts graphiques du musée. Un parcours chronologique, du règne d'Henri IV jusqu'à celui de son petit-fils Louis XIV. Un hommage aussi à Henri Baderou (1910-1991) marchand, historien de l'art et collectionneur et à son épouse Suzanne, ils offrirent en 1975 à l'institution rouennaise 5 000 feuilles, embrasant la plupart des foyers artistiques de l'Europe, du 16e au 20e siècle. Dont Bellange, Laurent de La Hyre ou Eustache Le Sueur mais aussi de nombreux dessins atypiques et des artistes qui étaient peu connus au moment de cette donation, tels Louis Brandin, Maucherpé ou Nicolas de Plattemontagne. Le parcours débute autour de Jacques Bellange, Georges Lallemant puis Simon Vouet et l'influence qu'il apportera à la scène parisienne lors de son retour romain dans son intégration de l'art des Carrache.

Sur la gauche Simon Vouet (1560-Paris-1649). Étude pour une figure d'Endymion. Vers 1635-1640. Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier crème, mise au carreau à la pierre noire. 217 x 394 mm. Don Hyppolyte Lemonnier 1868.  Sur la droite Simon Vouet (1560-Paris-1649). Étude pour la figure d'Hercule. Pierre noire et rehauts de craie blanche. Don Hyppolyte Lemonnier 1868. Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer, Rouen, musée des Beaux-Arts.

Signe de l'influence et de l'attrait qu'impacte l'Italie, l'Académie de France à Rome est créée en 1666 permettant d'y parachever sa formation, d'y débuter une carrière lors de ces séjours durant plusieurs années et non annuels comme aujourd'hui à la Villa Médicis. Les plus connus Poussin naturellement, Champaigne, La Hyre, Le Sueur. La gravure est mise à l'honneur par un ensemble de tirages puis l'univers du portrait, l'influence de Charles Le Brun pour se clore par la survenance d'un art plus sensuel annonciateur du XVIIIème siècle. 

Gilles Kraemer

L'art du dessin

8 novembre 2018-11 février 2019

Musée des Beaux-Arts - Rouen

Internet mbarouen.fr/fr

Prochaine exposition du 5 avril au 2 septembre 2019. BRAQUE, MIRÓ, CALDER, NELSON : UNE CONSTELLATION D’ARTISTES À VARENGEVILLE-SUR-MER

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