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Publié par Gilles Kraemer

Les Italiens à Paris, de Boldini à Severini (1870-1930). I pittori italiani a Parigi. Qui étaient ces peintres italiens qui vinrent à Paris et s'y établirent pour certains ? Réponse en une vingtaine d’œuvres de Giovanni Boldini à Federico Zandomeneghi. La plupart inédites, provenant de collections privées. Giovanni Boldini est sans doute le plus connu. L'on se souvient que le 28 septembre 2010, Olivier Choppin de Janvry adjugea à Drouot le Portrait de Marthe de Florian, née Mathilde Beaugiron, une jolie dame d'un monde qui se qualifiait de demi. Ce portrait, à la touche alerte, sur une estimation de 200 000 / 250 000 € s'embrasa pour se lover dans des mains très amoureuses à... 2 108 000 € frais compris. C'era una bellissima donna e una meravigliosa pittura.

 

Giovanni Boldini (Ferrare 1842 - Paris 1931), Señora Matias de Erràzuriz Ortùzar née Josefina Virginia de Alvear Fernández Coronel, 1912. Huile sur toile. 153 x 98,5 cm..  Signé et daté en bas à droite : Boldini 1912. Provenance: Richard Whitney Weatherhead, New York; collection privée Londres.

Giovani Boldini restitua à travers ses œuvres l’atmosphère du Paris de la "Belle Époque", où il s'établira dès 1871. Dans cet implacable miroir de la haute société, la femme occupe un rôle central comme chez son ami Paul-César Helleu. Son modèle fut celui des divines - ainsi définies par le peintre - sœurs des femmes mises en vers par le comte Robert de Montesquiou ou décrites par Marcel Proust. Il peignit Giuseppe Verdi, Edgar Degas ou Robert de Montesquiou (1897, Musée d’Orsay). 

Beaucoup plus sage que celui de Marthe, ce portrait, époustouflant, tout en mouvement et vigueur, représente Josefina Virginia de Alvear (1859-1935), issue d’une des familles prestigieuses et influentes d’Argentine. Elle résida dix ans (1906-1916) à Paris avec son époux le diplomate chilien Matías de Errázuriz Ortúzar et leurs deux fils Matías et Josefina. Collectionneuse d’œuvres d’art et fine connaisseuse de la littérature européenne, Josefina fut portraiturée à trois reprises par Giovanni.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Giovanni Boldini (Ferrara, 1842- Parigi, 1931), Dame au miroir, vers 1896. Huile sur toile. 90 x 45,6 cm.. Signé en bas à droite. Collection privée, Lugano.

 

 

Antonio Mancini (1852 - Rome - 1930), Gamin au parapluie, 1868. Huile sur toile. 87,5 x 51,5 cm.. Signé et daté en bas à droite: 1868 / A. Mancini 

Né à Rome, Antonio Mancini présente dès son plus jeune âge un goût inné pour la "belle peinture" ainsi qu’un talent précoce naturel. Adolescent, il rejoint Naples et visite les églises, fortement influencé par les qualités techniques du riche patrimoine de la peinture du XVIIe siècle, du Seicento, de Caravage à Battistello Caracciolo, de José de Ribera à Massimo Stanzione, de Luca Giordano à Mattia Preti. C’est de là que naît sa volonté de rendre à la peinture napolitaine le prestige des siècles passés. Le peintre cherchait ces valeurs dans les ruelles napolitaines et dans l’observation des enfants pauvres. Certains seront ses modèles préférés. C’est à cet univers misérable qu’appartient le Gamin au parapluie, réalisé par Antoni qui n’avait pas encore seize ans. De profil, l’enfant tient entre les mains le parapluie avec lequel – selon les dires – l’artiste excentrique avait l’habitude de se promener dans les rues de Naples, le tenant ouvert les jours de soleil et fermé sous la pluie.

 

Antonio Mancini, Saltimbanque au violon ou Portrait de Luigi Gianchetti, 18788. Huile sur toile, 92 x 73, 5 cm.. Signé et date, en haut, à droite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Federico Zandomeneghi (Venise 1841 - Paris 1917), Jeune femme dans un jardin, vers 1890. Huile sur toile. 81 x 65 cm.. Signé en bas à droite  Zandomeneghi.

Vénitien, d’une famille de célèbres sculpteurs, Federico fréquente l’Académie des Beaux-Arts. Il s’installe à Milan en 1859 et s’inscrit aux cours de peinture de l’Académie de Brera. En 1862 il déménage à Florence où il sympathise avec les Macchiaioli. En 1874, il se rend à Paris pour visiter la première exposition des impressionnistes; il décide d’y vivre jusqu’à la fin de sa vie. Il se rapproche très vite du groupe des impressionnistes, se liant d’amitié avec Degas qui l’aide à exposer dans les expositions des impressionnistes. Ne fut-il pas avec Paul Gauguin et Edgar Degas le témoin du mariage civil d'Armand Guillaumin et Marie-Joséphine Gareton, le 10 janvier 1887 ! Peu de gens le savent !  En 1878, il signe un contrat avec Paul Durand-Ruel qui lui organise, en 1893, une exposition dans sa galerie (l’initiative sera répétée en 1898) et promeut son œuvre à Londres et aux Etats-Unis. Sous les requêtes de son marchand, il reproduira plusieurs fois certains de ses huiles et pastels illustrant des scènes de la vie mondaine parisienne et d’intimité féminine. En 1914, une exposition individuelle lui est dédiée à la Biennale de Venise.

Cet "impressionniste vénitien" a fait l'objet d'une thèse auprès de l’Université Paris-Sorbonne soutenue par Silvia Madeddu, en novembre 2015 : De Venise à Milan : le retour de Federico Zandomeneghi (1841-1917) en Italie – des années de jeunesse à la redécouverte posthume-.

Gino Severini (Cortona, 1883 - Paris, 1966), La Fenêtre, vers 1930. Huile sur toile. 73 x 92 cm.. Signé en bas à droite: G. Severini. 

Gino Severini est sans aucun doute le plus français des artistes italiens. Pendant plus de cinquante ans il fut le symbole vivant des échanges artistiques entre l’Italie et la France. "Les villes auxquelles je suis le plus attaché sont Cortona et Paris. Je suis physiquement né dans la première mais, sur le plan intellectuel et spirituel, [je suis né] dans la seconde". En 1899 il se rend à Rome. Il fréquente les cours de nu à la Villa Médicis, rencontrant Giacomo Balla dont il devient l’élève. En 1906 il s’installe à Paris et entre en contact avec l’avant-garde artistique et le Cubisme. En 1910, il signe le Manifeste de la peinture futuriste de Marinetti avec Balla, Boccioni, Russolo, Carrà. Il participe, en 1912, à l’exposition des peintres futuristes organisée par la galerie Berheim-Jeune. À partir de 1930, il débute une série de compositions construites sur le thème de la nature morte face à une fenêtre depuis laquelle l'on entrevoit les architectures typiques de Paris (l’atelier est celui du peintre situé rue Marie Davy). 

Gilles Kraemer

Les Italiens à Paris. De Boldini à Severini (1870 - 1930)

Giovanni Boldini, Vittorio Matteo Corcos, Antonio Mancini, Ludovico Marchetti, Pompeo Mariani, Alberto Masini, Federico Rossano, Pietro Scopetta, Gino Severini, Federico Zandomeneghi.

22 mars - 21 avril 2018

Galerie Maurizio Nobile, 34, rue de Penthièvre 75008 Paris www.maurizionobile.com/default.asp?lingua=fr

En collaboration avec Bottegantica - Milan - Bologne, galerie spécialisée dans la peinture du XIXe siècle www.bottegantica.com/ 

Catalogue

Prix entre 30.000 € et 1 million et plus.

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