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Publié par Gilles Kraemer & Antoine Prodhomme

École allemande de la première partie du XVIe siècle, Étude de tête d’homme. Crayon noir et pastel sur papier préparé Une ancienne étiquette de vente au verso portant le n° 18 (comme attribué à Giorgione). Dimensions 35 x 22 cm.. Quelques retouches postérieures © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, Artcurial, Paris, exposition publique 13 novembre 2017.

Inutile d'attendre avec impatience la semaine du dessin à Paris, qui se déroulera au palais Brongniart, du 21 au 26 mars 2018. Instant pendant lequel les maisons de ventes parisiennes présentent les feuilles les plus désirables, aux amateurs et... aux marchands.

Ce mardi 14 novembre 2017, la maison de ventes Artcurial propose, dans sa vente réservée aux maîtres anciens et du XIXe siècle, quelques dessins dont un pinceau et lavis de Jean-Honoré Fragonard, Le char à bœufs napolitain, 1774, exécuté lors de son second voyage en Italie alors qu’il accompagne le fermier général Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret (son portrait par François-André Vincent, musée des Beaux-Arts de Besançon) (estimation 50 000 - 70 000 €).

Parmi les autres dessins, un crayon noir et pastel sur papier préparé, une Étude de tête d'homme, école allemande de la première partie du XVIe siècle. L'on n'en sait pas plus, le catalogue soulignant que "cette belle étude de visage est à rapprocher de l’entourage de Holbein pour son acuité psychologique. L’influence de l’Italie du Nord est aussi perceptible. Si l’identité de l’auteur échappe encore à notre perspicacité, la forte présence de l’effigie dénote un talent artistique indubitable." Force d'un visage viril tourné de trois-quart, tête affirmée, emplie de vigueur. Les yeux qui vous observent et vous fixent. Qui est-il ? Manifestement quelqu'un certain de lui et de sa position. Son estimation de 25 000 - 35 000 € sera-t-elle dépassée, ce portrait ne pouvant que soulever l'intérêt d'un grand amateur ou du marché de l'art. Son identification ou sa connaissance pourra-t-elle être approfondie. Le captivant et mystérieux dessin de cette vente parisienne. 52 000 euros, frais inclus.

Giovanni Domenico Tiepolo (1727 - Venise-1804) Saint Joseph tenant l’enfant Jésus. Huile sur toile 54 x 41 cm.. Provenance:  Collection du baron Ferdinand Carl von Stumm (1880-1954), château de Rauischholzhausen, Hesse;  Puis par descendance à l’actuel propriétaire;  Collection particulière, Allemagne © Artcurial.

Délicate composition de saint Joseph tenant dans ses bras l’enfant Jésus qu’il contemple avec beaucoup de douceur et de tendresse. Un tableau de dévotion d'une grande simplicité dans l’attitude de ces deux personnages par Giovanni Domenico Tiepolo, fils de Giovanni Battista Tiepolo. Le père et son fils commencèrent à travailler ensemble, dès 1750, à Würzburg en Bavière, pour la résidence du prince-évêque Karl Philipp von Greiffenklau. En 1762, ils furent appelés à la cour du roi Charles III à Madrid pour orner certaines pièces du Palais royal.

Ce tableau peut être rattaché aux années madrilènes des Tiepolo. Il est très proche d’un tableau d’autel réalisé par Giambattista vers 1767 pour l’église San Pascual Baylon d’Aranjuez, dont un important fragment est aujourd’hui conservé au Detroit Institute of Art. Saint Joseph était également protecteur du royaume d’Espagne depuis 1689, son culte s’étant particulièrement développé à la suite de la Contre-Réforme.

Estimation 60 000 - 80 000 €. Invendu.

Baudrin Yvart (Boulogne-sur-Mer, 1611 - Paris, 1690) La Sculpture travaillant au buste du roi Louis XIV. Huile sur toile. 193 x 130,50 cm.. Provenance:  Morceau de réception de l’artiste à l’Académie royale le 11 août 1663, le tableau sera finalement livré en 1666;  disparu lors de la Révolution française © Artcurial.

Une rédécouverte d'un tableau disparu depuis plus de 200 ans et dont la première mention fut celle de Nicolas Guérin dans Description de l’Académie royale des Arts de peinture, 1716. La production de Baudrin Yvart est indissociable de celle du peintre le plus important du règne de Louis XIV, Charles Le Brun. Il fut son bras droit dès Vaux-le-Vicomte. Tout au long de la carrière de son maître, au fil de ses chantiers de décoration, le nom de de Baudrin Yvart apparaît sur les documents d’archives, jalon précieux et constant de ses succès. Baudrin Yvart participa notamment à la réalisation de nombreux cartons de tapisserie, à Maincy comme aux Gobelins. La Sculpture travaillant au buste de Louis XIV s’inscrit pleinement dans le contexte particulièrement fécond pour les arts des premières décennies du règne du Roi Soleil avec cet imposant morceau de réception, un sujet allégorique tout à la gloire du monarque et de sa politique de mécène des arts. Assise au pied d’une colonne et mise en scène par un épais rideau vert, la puissante figure féminine personnifiant la Sculpture, drapée à l’antique, tient dans ses mains les instruments de son art desquels surgira du marbre le buste de Louis XIV vêtu en empereur romain et coiffé d’une couronne de lauriers. Complétant cette royale glorification, la figure d’un dieu de l’Olympe, probablement Apollon tenant son arc, se distingue sur le bas-relief du socle sur lequel est posé le buste. La tête du philosophe Sénèque, symbole de la sagesse, et deux autres bustes antiques sont visibles au pied de la vigoureuse sculptrice. La redécouverte de ce morceau de réception, visible dans la galerie d'Apollon au Louvre et disparu lors de la Révolution française, remet en lumière la production de cet important acteur de la politique artistique de Louis XIV.

Estimation 80 000 - 120 000 €. Adjugé 269 400 €, frais inclus.Préemption du château de Versailles.

James Tissot (Nantes, 1836 - Chenecey-Buillon, 1902). Portrait de Mathilde Sée. Pastel sur toile préparée. Signée ‘J.J. Tissot’ en bas à gauche. Annoté ‘J James Tissot pastel - Mathilde Sée 22 bvar de Neuilly - Neuilly s s’ et une ancienne étiquette portant le numéro ‘1’ sur le montage au verso. Dimensions 61,50 x 77 cm.. Dans son cadre d’origine en bois sculpté et doré de style Maratta Provenance:  Dans la famille des actuels propriétaires depuis les années 1970;  Collection particulière, France © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, Artcurial, Paris, exposition publique 13 novembre 2017.

Automne et hiver faste pour le pastel au Petit Palais (15 sept. 2017 - 8 avril 2018) qui présente des feuilles de sa collection, exposition accompagnée du catalogue exhaustif de ses pastels, d'Edmond Aman Jan à Jacques Zoubaloff. Parmi eux, deux James Tissot Berthe et Le Journal(certainement Kathleen Newton).

Natif d'une famille de négociants aisés nantais, Jacques Joseph Tissot, fort d’une éducation jésuite reçue en Flandres et en Angleterre, suit à Paris les cours de l’École des Beaux-Arts, particulièrement l’enseignement d'Hippolyte Flandrin et Louis Lamothe. Sans doute le plus grand portraitiste de femmes, sa spécialité. Sensible à l’esthétique britannique, à son naturalisme et ses scènes d’histoire, il expose régulièrement à Londres et devient membre de la Royal Academy en 1864. Il prendra le prénom de James en 1859. Passionné par l’art du pastel, il adhère à la Société des pastellistes français créée à l’initiative de Puvis de Chavannes en 1885. Cette œuvre, pouvant être datée de la seconde partie des années 1880, représente la jeune artiste Mathilde Sée (1864-1934), illustratrice pour les revues modistes (La Vie parisienne, Femmes seules, Femina). La vivacité du pastelliste à l'égal de deux autres maîtres de cette technique et portraitistes de la Parisienne : Paul-César Helleu et Jacques-Émile Blanche.

Estimations 120 000 - 150 000 €. Invendu.

Gilles Kraemer & Antoine Prodhomme

Vente Maîtres anciens & du XIXe siècle

Vente aux enchères mardi 14 novembre 2017

Artcurial - Paris

www.artcurial.com

 

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