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Peter Campus, R-G-B, 1974. Vidéo couleur, son, 11 min 30 s. Courtesy de l’artiste et de la Cristin Tierney Gallery © Peter Campus 2017.

New Yorkais, d'origine roumain et ukrainienne, Peter Campus (né en 1937) compte parmi les pionniers de la vidéo avec Bruce Nauman, Nam June Paik ou Bill Viola qui fut son assistant. Cette première exposition monographique en France retrace le parcours, de celui qui fut peintre,commença des études d'ingénieur, de psychologie expérimentale puis de cinéma. Il découvre la vidéo de Bruce Nauman chez le galeriste Leo Castelli en 1969 et entame sa première installation vidéo en circuit fermé en 1971 : Kiva présentée ici dans un parcours comprenant 14 vidéos et des photographies. Implication, entrer dans l'expérience en direct, bouger, ne pas bouger, procéder à son dédoublement mais aucune trace de celui-ci puisque le visiteur fait l'expérience dans un espace environnemental, voici quelques clefs du regardeur .

 

 

 

 

 

Peter Campus , Interface, 1972. Dimensions variables, installation vidéo en circuit fermé, 1 caméra vidéo noir et blanc, 1 projecteur de lumière, 1 vidéoprojecteur, 1 vitre. Achat en 1990, Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle. Installation au Kölnischer Kunstverein, Cologne, 1979 – Photo Joschik Kerstin. Videoarchiv Wulf Herzogenrath, Archiv der Akademie der Künste, Berlin © Peter Campus 2017

Dans les vidéos produites jusqu'en 1977, il explore la perception de l'espace, l'appréhension de son propre corps dans des temporalités multiples. Il réalise les premières installations vidéos en circuit fermé fondées sur la transmission instantanée de plusieurs images du visiteur à lui-même qu'il ne peut jamais faire coïncider. Avec Three Transitions (1973), il passe à la couleur et use du trucage électronique pour produire des images saisissantes où son corps est déchiré, envahi par la neige électronique, le visage brûlé ou dédoublé.

Le second parcours, de la fin des années 1980 à maintenant, présente ses photographies de visages en noir et blanc et une installation dans laquelle le visiteur est confronté à quatre projections de photographies d’objets étranges en suspension, des pierres démesurément agrandies sollicitant des interprétations multiples. La vidéo refait son retour en 1996, privilégiant les paysages et les objets. Au côté de vidéos numériques actuelles dans lesquelles il travaille le pixel comme une touche, en modifiant la taille ou accentuant la couleur, est présentée l'œuvre spécialement conçue pour le Jeu de Paume convergence d’images vers le port, (2016), tournée dans le port de Pornic, un plan fixe et sans montage qu'il qualifie de "vidéographie" présentée en quatre projections synchronisées et immersives dans la dernière salle, dans des plans composés et sensibles dans leurs couleurs. L'installation vidéo, la considère-t-il comme un art éphémère ? "Une fois la pièce éteinte, c'est fini. Ce n'est pas comme si elle restait présente, telle une sculpture dans un musée. J'ignorais si mes installations pourraient vivre plus que quelques années".

Gilles Kraemer

peter campus. Video ergo sum

14 février - 28 mai 2017

Jeu de Paume - 75008 Paris

Commissariat d'Anne-Marie Duguet

Internet www.jeudepaume.org/

Cette exposition est organisée dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris. Ce texte est paru, sous une version plus restreinte dans la revue Artaïssime, n°15, janvier-avril 2017

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Expositions Paris

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