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Vue de l'exposition. Au fond Hippolyte Flandrin (1809-1864), Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs vers Troie, 1834. Huile sur toile, 200 x 148 cm.. Saint-Étienne, musée d'Art Moderne. Prix de Rome de peinture en 1832, Flandin est pensionnaire de 1833 à 1837 © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer. Exposition 350 ans de création. Les artistes de l'Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours. Académie de France à Rome-Villa Médicis, Rome, novembre 2016.

Gilles Kraemer : Jérôme Delaplanche, diplômé de l’École du Louvre et docteur en histoire de l’art de l’Université Paris-Sorbonne, chargé d'études auprès de l'Agence France-Muséums de 2008 à 2015, vous êtes, depuis juillet 2015, chargé de mission pour l'histoire de l'art à l'Académie de France à Rome. Quelle est votre mission ?

Jérôme Delaplanche : Mes missions, devrait-on dire. J'anime le département de la recherche scientifique en organisant des colloques [NDR prochain colloque : les 11, 12 et 13 janvier 2017 avec l’Accademia di San Luca et l’Accademia di Belle Arti di Roma sur les Académies artistiques entre héritage et débats artistiques contemporains], je suis rédacteur en chef de la revue d'histoire de l'art de l'Académie Studiolo, j'accompagne les pensionnaires et boursiers historiens de l'art et m'occupe de la gestion du patrimoine et de la valorisation des collections de la Villa.

G. K. : Venons en à l'exposition de la Villa : 350 ans de création. Les artistes de l'Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours dont vous êtes le commissaire, endroit que vous connaissez puisque vous y fûtes pensionnaire en 2004-2005.

J. D. :Le propos n'est pas de montrer un contexte artistique général autour de l'Académie de France à Rome qui aurait été un programme infini mais plus simplement de faire voir ce qu'ont produit les pensionnaires lorsqu'ils étaient à l'Académie sur trois siècles et demi, ce qui était déjà une gageure. Le sous-titre de l'exposition Les artistes de l'Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours permet aussi une ouverture sur la production des directeurs tels Jean-François de Troy, Jean-Dominique Ingres ou Balthus.

G. K. : Comment avez-vous conçu ce parcours de 111 œuvres ?

J. D. : L'exposition est chronologique mais aussi fortement thématique avec des sections, de La création de l'Académie de France à Rome à Une tradition renouvelée. La dernière et 9ème section montre la Villa comme Un centre de recherche et de création, à travers l'installation vidéo commandée à Justine Emard - jeune artiste qui n'a pas été pensionnaire - pour la période 1971-2016. Près de 300 pensionnaires sur les 684 de cette période nous ont adressé un témoignage de leur travail durant leur séjour romain. Nous avons collecté cette masse considérable de documents visuels et sonores. Justine Emard a conçu cette vidéo Par où commencer ? qui est comme une déambulation poétique à travers toute cette production artistique et intellectuelle replacée dans le décor de la Villa. Cette solution permet de rendre compte de l'effervescence des recherches des pensionnaires et de l'extraordinaire variété des formes esthétiques de la création contemporaine. Sélectionner et présenter trois ou quatre pièces sur 45 ans de production n'aurait été qu'extrêmement parcellaire. Et puis, il nous manque le recul du temps pour prétendre faire le bon choix pour les années les plus récentes.

Charles Errard (ca 1601-1689), Vue de la façade sur jardin de la Villa Médicis. Plume, encre brune et lavis. 27,5 x 42,5 cm.. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie © photographie Le Curieux des arts Gilles Kraemer. Exposition 350 ans de création. Les artistes de l'Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours. Académie de France à Rome-Villa Médicis, Rome, novembre 2016.

G. K. : Le prologue de cette exposition Charles Errard à Rome avant l'Académie, met en lumière, ce premier directeur [de 1662 à 1672 puis de 1675 à 1684], qui vint à Rome dans les années 1620.

J. D. : Pensionné par le roi Louis XIII, il vécut 40 ans avant la création de l'Académie [le 11 février 1666] l'expérience de l'artiste pensionné par le souverain pour copier l'Antique. L'étonnant, c'est qu'il dessine à la Villa le Vase Médicis [aujourd'hui à la Galerie des Offices à Florence] et la Façade sur le jardin, 150 années avant que l'Académie ne s'installe à la Villa Médicis en 1803 grâce à Napoléon Bonaparte. C'est ce dernier dessin qui a été retenu pour commémorer, par un timbre émis conjointement par la Poste française et la Poste italienne, les 350 ans de l'Académie à Rome. Cet attachement incroyable des Français pour la Villa se retrouve dans un dessin d'Augustin Pajou, vers 1752-1756, représentant le Lion Médicis.

G. K. : Dans cette implantation romaine, quel souhait poursuivait Louis XIV ?

J. D. : Les arts ont l'ambition de porter la gloire royale. La fondation de cette Académie à Rome permet aux artistes d'être en contact direct avec la grandeur de l'art, source d'inspiration nécessaire pour célébrer la grandeur du roi de France.

À gauche François-André Vincent (1746-1816), Le Martyre de saint Barthélemy d'après Mattia Preti, mai-juin 1774. Huile sur toile, 85 x 78 cm.. Paris, galerie Didier Aaron & cie. Vincent copie trois fois ce tableau, les deux autres versions se trouvent dans une collection privée et au musée Granet d'Aix-en-Provence. À droite François Boucher (1703-1770), Le Crucifiement de saint Pierre d'après Le Caravage, 1728-1731. Sanguine, 29,7 x 22 cm.. Dijon, musée des Beaux-Arts © photographie Daniele Molajoli.

G. K. Vous insistez, sur le modèle nécessaire romain pour se former le goût et la manière dans cette obligation de copier les chefs-d'œuvres et, sur le dessin d'après le modèle vivant !

J. D. : Les pensionnaires ont pour mission de copier les grands exemples de l'art classique romain : l'art antique, Raphaël, les Carrache. Mais certains sont aussi tentés par l'étude d'autres modèles, en particulier la veine caravagesque. Ainsi, François-André Vincent, lors de son voyage napolitain copie Le Martyre de saint Barthélemy de Mattia Preti et François Boucher Le Crucifiement de saint Pierre, tableau du Caravage, dans une sanguine exceptionnelle. Les dessins dénommés "académies", telle la sanguine de l'Homme assis de profil gauche par Joseph Benoît Suvée, présentés ici furent exécutés à Rome. Chaque matin les pensionnaires s'exerçaient à dessiner d'après modèle vivant, exclusivement masculin. Et, la lecture des textes de l'Antiquité ou de la Bible leur était faite pendant leur repas pour leur instruction. On finit par comparer l'Académie à un monastère.

À gauche : Détail du Martyre de saint Hippolyte, 1730-1735, Pierre Subleyras (1699-1749). Huile sur toile, 74 x 100 cm.. Fontainebleau, musée du château de Fontainebleau, dépôt du musée du Louvre. Au centre : Carle van Loo (1705-1766), Académie, 1728-1732. Sanguine, 35 x 35 cm.. Montpellier, musée Fabre. À droite : François-André Vincent (1746-1816), La mort de Caton, vers 1774. Huile sur toile, 60 x 45,5 cm.. Montpellier, musée Fabre © photographie Daniele Molajoli

G. K. : Dans cette première salle, les anatomies sont mises en relation avec la sculpture de l'Écorché de Jean-Antoine Houdon, placée au centre. Ce dialogue entre des œuvres par des jeux de regards est très important dans votre accrochage.

J. D. : Dans la première salle, la sanguine de Carle Van Loo, un homme couché, les bras en croix, les jambes relevées entre en corrélation d'un regard triangulaire avec deux toiles de la seconde salle, Martyre de saint Hippolyte de Pierre Subleyras et La mort de Caton de François-André Vincent, représentés eux-aussi les jambes relevées. Le dessinateur du vase Borghese, sanguine d'Hubert Robert dans la section du dépaysement, est un écho au Vase Médicis vu dans le prologue.

Au premier plan Jean-Antoine Houdon (1741-1828), Écorché, vers 1767. Plâtre, H. 180 cm; L.95 cm.; P.120 cm., Rome, Académie de France. Premier Prix de sculpture en 1761, Houdon fut pensionnaire de 1764 à 1768. Au fond, Hippolyte Flandrin, Polytès, fils de Priam. Vue de l'exposition 350 ans de création. Académie de France à Rome – Villa Médicis © photographie Daniele Molajoli

Cette exposition est absolument celle du regard, d'allers et retours entre les œuvres présentées. Le choix des couleurs des murs, blanc et bleu au début dans l'évocation d'un salon du XVIIIe siècle, rouge dans le grand escalier puis en final blanc, et terminant par le noir de la salle de l'installation vidéo, y participe avec la toile d'Hippolyte Flandrin, Polytès de 1834, placée dans l'axe des trois salles de l'entrée. Un nu puisque la connaissance du nu masculin est un axe de l'Académie, message que porte l'accrochage souligné dès l'entrée avec l'Écorché de Houdon. Et le socle blanc, sur lequel est assis Polytès, fils de Priam, est orné de motifs bleu et rouge.

En haut : François-Xavier Fabre (1766-1837), La Mort d'Abel (1790), Montpellier, musée Fabre. En dessous, de gauche à droite ; François-Xavier Fabre, Personnage de dos, tenant un bâton, Montpellier, musée Fabre; Jacques-Louis David (1748-1825), Académie d'homme, vers 1777-1780, collection particulière; Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824), esquisse pour Le Sommeil d'Endymion, 1792, Paris, musée du Louvre; François-Xavier Fabre, Personnage de dos, courbé, appuyé sur un bâton, Montpellier, musée Fabre © photographie Daniele Molajoli.

Détail d'Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès, 1792, Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824). Huile sur toile, 99,5 x 135 cm. Paris, Faculté de médecine, musée d'Histoire de la médecine © photographie Daniele Molajoli

G. K. : Ce séjour à Rome, à la recherche de l'idéal n'aboutit-il pas à une confrontation dépaysante en découvrant la réalité de la ville des Césars ?

J. D. : L'intérêt pour la nature est fort au XVIIIe siècle dans la sanguine de Fragonard de la Cascade de Tivoli et les dessins d'Hubert Robert et de Vincent. L'Antiquité est évoquée par des ruines, un homme couché sur un antique, la statue de Marc Aurèle au Capitole vue de dos, une statue égyptienne parmi les marbres romains et surtout une magnifique Étude de feuilles d'acanthe. Et c'est une autre appréhension du séjour qui est montrée aux visiteurs. À la montée du grand escalier, nous voyons Rome redevenir un centre artistique majeur au dernier tiers du XVIIIe siècle, au moment du néoclassicisme. C'est le Grand tour, la naissance de l'archéologie. 1775 est une rupture très forte pour l'Académie; Joseph-Marie Vien qui devient directeur [jusqu'en 1781] souhaite que les pensionnaires abandonnent les dessins à la campagne et réétudient plus sérieusement les modèles antiques. Il réaffirme un règlement qui avait été peu à peu négligé.

G. K. : C'est l'apparition du style néoclassique ?

J. D. : Le style néoclassique est présenté avec un mur composé d'Académies de David et de François-Xavier Fabre, une esquisse de Girodet-Trioson, un tableau de Fabre permettant de montrer comment l'Académie construit la peinture d'histoire. En face, le tableau de Flandrin et le carnet de dessins de Girodet-Trioson avec le Dieu terme de la Villa mis en regard avec le tableau politique Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès (1792), huile sur toile conservée à l'École de médecine à Paris et rarement montrée. En réponse à tous ces nus masculins en face d'elle, la Dormeuse de dos d'Ingres tourne son dos et montre ses fesses à tous ces messieurs.

Au premier plan Édouard Toudouze (1848-1907), Éros et Aphrodite, 1872. Huile sur toile, 190 x 283 cm.. Rennes, musée des Beaux-Arts, dépôt du Fonds national d'art contemporain // Antonin Mercié (1845-1916), David vainqueur. Plâtre, H. 176 x L. 53 x P. 60 cm. Rome, Académie de France // Luc-Olivier Merson (1846-1920), Martyre de saint Edmond, 1871. Huile sur toile, 145,5 x 226 cm.. Troyes, musée des Beaux-Arts, dépôt du Fonds national d'art contemporain © photographie Daniele Molajoli

G. K. : En haut du grand et majestueux escalier, vous avez souhaité l'immense Édouard Toudouze Éros et Aphrodite, venu du musée des beaux-arts de Rennes. Couverture du catalogue et visuel de l'affiche, ce tableau pompier figure Amour les yeux bandés et la déesse allongée sur un coquillage tiré par des papillons.

J. D. : Avant d'y accéder, des dessins d'architecture de chaque côté, rappellent que tous les grands architectes du XIXe siècle sont passés par la Villa : Victor Baltard, Alfred-Nicolas Normand, Charles Garnier. Et le dessin de Victor Laloux La Basilique Saint-Pierre au soleil couchant renvoie à l'architecte de la gare d'Orsay qu'il fut, actuel musée mettant en valeur les peintures impressionniste mais aussi pompier, d'où le regard glissant vers Édouard Toudouze. Ce tableau, c'est la peinture mise de côté par le récit de l'histoire de l'art plaçant les avant-gardes au pinacle, consacrant comme voie royale les esthétiques de la rupture, allant de Delacroix à Courbet, de Boudin à Manet puis de Cézanne à Picasso. La Villa sort de cette autoroute du récit de l'histoire de l'art. Depuis l'ouverture du musée d'Orsay, les historiens de l'art et le public redécouvrent Alexandre Cabanel, Jean-Léon Gérôme. Cette peinture n'est plus exclue et méprisée. Ce tableau d'Édouard Toudouze est l'emblème d'une ambition qui n'est pas celle du naturalisme ou de l'audace esthétique mais tout de même de l'originalité qui lui vaudra... un blâme de la part de l'Académie des Beaux-Arts, jugeant ce tableau trop original. Il est daté de 1872, comme Impression, Soleil levant de Claude Monet. Ce n'est pas parce que le tableau du musée Marmottan est un des chefs-d'œuvre qui va changer le cours de l'histoire de l'art que celui d'Édouard Toudouze n'est pas intéressant.

G. K. : Dans la section L'éclectisme et la quête de l'originalité annoncée par Éros et Aphrodite, tout un jeu de correspondances s'épanouit, dans un accrochage très architecturé.

J. D. : En effet. Le bras droit d'Aphrodite dialogue avec celui également levé de saint Edmond de Luc-Olivier Merson. Ce même tableau de Merson avec son nu entre en dialogue avec l'esquisse d'Henri Régnault Autommédon, un autre nu académique. Le plâtre du David vainqueur d'Antonin Mercié, si donatellien, renvoie à l'ange nu de Merson figurant dans cette toile du Martyre de saint Edmond. Carpeaux et son Pêcheur portant la coquille à l'oreille, annonce les portraits des musiciens Hector Berlioz, Georges Bizet, Claude Debussy et Lili Boulanger et les partitions écrites lors de leurs séjours, dans une correspondance exacte entre l'écrit et le visage. La section se clôt par l'esquisse d'Ugolin et ses fils initiée à Rome par Carpeaux, aujourd'hui l'un des chefs-d'œuvre du musée d'Orsay.

Vue de la section Une tradition renouvelée, exposition 350 ans de création. Académie de France à Rome – Villa Médicis © photographie Daniele Molajoli.

G. K. : Étrange intitulé que celui d'Une tradition renouvelée pour l'avant-dernière section de l'exposition ?

J. D. : Il s'agit, je pense, de la partie la plus inédite et la plus originale. Elle entend montrer ce qui se faisait à la Villa parallèlement aux artistes d'avant-garde. Les artistes que je montre, présents à la Villa Médicis dans les premières décennies du XXe siècle eurent l'audace, si je puis dire, d'être traditionnel : ils ne s'embarquèrent pas dans l'esthétique de la rupture. Ils sont représentés ici avec leurs œuvres de jeunesse avant qu'ils ne deviennent des protagonistes importants du style Art Déco à leur retour en France. Pierre-Henri Ducos de la Halle - Terre Latine - auquel l'on doit les peintures murales du Palais des colonies [aujourd'hui le Palais de la Porte dorée] sera pensionnaire dans les mêmes années qu'Alfred Jeanniot qui sculpta le bas-relief de la façade de ce Palais. De ce dernier, nous présentons la tête préparatoire au monument Hommage à Jean Goujon qui sera devant le pavillon Ruhlmann de l'exposition de 1925 sur les Arts décoratifs; ce monument peut être considéré comme le symbole de ce nouveau mouvement artistique. Dans cette section, une toile intéressante par son histoire, le Portrait de Mussolini par Yves Brayer (1934). Le dictateurla signa de son nom directement sur la toile. Et, à côté, Mon atelier à Rome d'Alfred-Jules Giess.

G. K. : Deux lampes Balthus terminent l'exposition, Balthus directeur de 1961 à 1977, qui engagea des travaux de restauration dans la Villa et les jardins.

J. D. : Lampes dites Lampes Balthus plus exactement car celui-ci, partant d'un type de lampe existant à l'époque de Jacques Ibert, y adjoignit un abat-jour cylindrique en parchemin et un support d'ampoule en bois procurant l'impression d'une bougie. Jacques Ibert, compositeur, fut son prédécesseur de 1937 à 1940 puis de 1944 à 1961.

Gilles Kraemer (déplacement et séjour à titre strictement personnel à Rome)

350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours

14 octobre 2016–15 janvier 2017 // 14 ottobre 2016-15 gennaio 2017

Académie de France à Rome – Villa Médicis

viale Trinità dei Monti, 1 - 00187 Roma

Internet www.villamedici.it/fr/

Commissariat Jérôme Delaplanche avec l'aide de Lena-Maria Perfettini. Catalogue. Préface de Muriel Mayette-Holtz. Introduction Jérôme Delaplanche. Essais d'Emmanuel Coquery; Pietro Roccasecca; Emmanuelle Brugerolles; Antoinette Le Normand-Romain; Cécile Reynaud; France Lechleiter; Dominique Jarrassé; Fabien Danesi. Postface de Jean-Miguel Pire. 224 pages. Éditions Officia Libraria. En italien et en français. Prix 35 euros.

Jérôme Delaplanche © photographie Sebastiano Luciano.

 

 

 

 

 

 

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