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Vue de l'exposition Portable Classic, fondation Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

La Fondation Prada à Venise frappe fort en ce temps où toute la cité vénitienne est tournée vers la 56e Biennale de l'art, soit la contemporanéité la plus radicale. Son vernissage fut assez mouvementé pour quelques invités avec un bain inopiné (http://www.lecurieuxdesarts.fr/2015/05/impressions-la-biennale-de-venise-56e-exposition-internationale-d-art-ii.html).

Dans ce magnifique palais Ca' Corner della Regina, édifié entre 1724 et 1728 par Domenico Rossi, Portable Classic, dédié aux relations avec la statuaire antique excavée des ruines de la Rome impériale depuis la Renaissance, est une exposition incontournable, si j'ose cet adjectif incitatif. Présentation époustouflante de plus de 80 œuvres, mostra que de nombreuses institutions muséales envieraient entre le " piano terra " ouvert sur le Canal' Grande et " le piano nobile " aux murs recouverts de fresques de la vie de Caterina Corner par Costantino Cedini dans des cadres stuqués.

 

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
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Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Après l'exposition coup de poing de 2013 When Attitudes Become : Bern 1969 et celle de 2014 Art or Sound explorant les relations des territoires de l'art, entre les productions artistiques les plus contemporaines et des instruments de musique depuis le 16e siècle, Portable Classic a fait le choix de n'exposer aucun artiste contemporain. Le prestige de la sculpture antique est tel que le public amateur dès la Renaissance n'en souhaitait, à défaut de l'original, pas moins qu'une reproduction, même de petite dimension. Ce qui nous vaut, au premier étage d'assister à une confrontation autour de l'Ercole Farnese,  reproduction en plâtre de plus de trois mètres, avec huit reproductions en marbre, en bronze (Pietro Simoni da Barga, vers 1572), en porcelaine (peinte et dorée vers 1800 de la manufacture Ginori di Doccia) ou en terre cuite, de 15 à 130 centimètres, du XVIe au XIXe siècle, présentation dans un ordre croissant de taille qui restera l'un des points forts, visuellement de cette exposition. Comme le restera "l'essai" de reconstitution du studiolo réalisé en 1559 par le sculpteur flamand Willem Danielszoon van Tetrode pour Niccolò Orsini, comte de Pitigliano avec les fontes de celui-ci des Dioscures, Hercule Farnèse, Vénus Medicis, Apollon, l'Antonius du Belvédère et les bustes de quatre empereurs. 

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Apollon du Belvédère, Laocoon, Vénus au bain, Faune Barberini (du nom de la famille romaine), le puissant Torse du Belvédère, Le Scythe dit Le Rémouleur, Marsyas, autant de sculptures en plâtre présentées au rez-de-chaussée largement ouvert sur le Canal' Grande, sont de beaux exemples de reproductions en grandeur nature de statues découvertes lors des fouilles de la Rome des Césars. Autant de sculptures dont le prestige était multiplié par leur lieu de conservation telle la cour du Belvédère au Vatican ou la collection princière du palais Farnèse pour l'Hercule.

La ré-interprétation ou renaissance de l'Antiquité est toute de splendeur dans les trois extraordinaires sculptures en bronze dorée : Apollon du Belvédère, Vénus Félix et Marc Aurèle à cheval (entre 1490 – 1528) de Pier Alori Bonacolsi justifiant pleinement son surnom l'Antico (1455 – 1528 ). En mai 2012, à New York, la Frick collection présenta 40 oeuvres de ce sculpteur de la cour des Gonzague (http://www.lecurieuxdesarts.fr/2014/05/mauritshuis-de-la-haye-pays-bas-reouverture-le-27-juin-2014.html ). Autre pièce étonnante, celle du Rémouleur, grandeur nature, en porcelaine vernie par Gaspero Bruschi (vers 1745-1747). 

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
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Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Vues de l'exposition Portable Classic, fondazione Prada, Ca' Corner della Regina, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

La redécouverte de l'antique est présente dans une salle consacrée aux chefs d'œuvres en réduction de la période romaine comme la Vénus en cristal de roche, du 1er siècle avant J.-C.. Les sculptures collectionnées dans les studioli,  nous amènent aux portraits de collectionneurs peints par Lorenzo Lotto (Andrea Odoni, 1527, marchand vénitien et humaniste, dans son cabinet, entouré de sa collection de marbres antiques) ou Bernardino Licinio (Sculpteur et ses élèves, vers 1533, observant des sculptures) ou l'Autoportrait de la peintre Lavinia Fontana (1578 – 1579) et sa collection d'antiques.

Portable Classic est une merveilleuse démonstration des passerelles entre les Antiques et leur (ré)-interprétation, dans des paradoxes vertigineux d'un éternel dialogue.

Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

A quelques mètres de Ca' Regina, cap sur la modernité à Ca' Pesaro. Cy Twombly (Lexington, Virginia, 1928 – Rome, 2011), revient à Venise, dans cette Italie où il vécut dès 1959 jusqu'à son décès. Participant à cinq Biennale de l'Art à partir de 1964, sa dernière Biennale fut celle de 2001 où le Lion d'or lui fut décerné concomitamment à Richard Serra.

Grâce à la collaboration de la Cy Twombly Fondation de New York, Paradise – car pour lui," l'art est le Paradis terrestre " - réunit à la Ca' Pesaro, plus de 40 numéros, d'une peinture sur bois de 1951 (Landscape) à quatre acryliques sur bois de la série Camino Real (2001) œuvres de la gestualité et de la grandiloquence à l'écriture sensuelle si reconnaissable.

L'exposition s'ouvre sur des peintures de 1951 : Lanscape et Untitled, deux merveilleuses approches de sa picturalité de cette époque peu présentée. Elles justifient à elles seules le voyage à Venise, dans ce beau musée conservant Les Bourgeois de Calais de Rodin et Judith II de Klimt, deux oeuvres acquises par ce musée d'Art contemporain lorsqu'elles furent présentées à la Biennale en 1901 et 1910. En les voyant, comment ne songerait-on pas à Pierre Soulages ou André Marfaing, dans la radicalité de l'abstraction, dans la grande gestualité du trait noir ?

Beau dialogue, dans autre salle, entre les verts, les rouges, les roses et les gris de deux Toilet of Venere et les deux Odalisca (1988), les masses sombres relevées de vert ou de bleu des deux Paesaggio (1986) et les orangés sur un fond vert tout en circonvolutions des quatre Camino Real (2011).

Gilles Kraemer & Antoine Prodhomme (déplacement à titre personnel à Venise)

Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art
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Vues de l'exposition Cy Twombly, Paradise, Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Portable classic

9 mai - 13 septembre 2015

Fondazione Prada, Ca' Corner della Regina

Santa Croce 2215, Venise

vaporetto San Stae (se diriger vers la gauche en descendant du vaporetto)

www.fondazioneprada.org

 

Cy Twombly Paradise

6 mai - 13 septembre 2015

Ca' Pesaro - Galleria internazionale d'arte moderna

Santa Croce 2076, Venise

vaporetto San Stae (se diriger vers la gauche en descendant du vaporetto). Ca' Pesaro jouxte, sur le Canal Grande, Ca' Corner della Regina / Fondazione Prada, où se tient l'exposition Portable Classic

www.capesaro.visitmuve.it

Auguste Rodin, Les Bourgeois de Calais, 1899. Plâtre acquis à la Biennale de l'Art en 1901. Ca' Pesaro, Galleria internazionale d'Arte moderna, Venise © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, journées presse, mai 2015, Biennale de Venise, 56e exposition Internationale d'Art

Tag(s) : #Biennales