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Les lauréats du prix Dauphine pour l'art contemporain 2015. Haruka Yamada, Fanny Maugey et Kun Kang
Exposition des lauréats du prix Dauphine pour l'art contemporain, galerie du CROUS de Paris // Haruka Yamada, Fanny Maugey, Kun Kan © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Deuxième édition de ce prix créé en 2014, initiative d' étudiants de l'université Paris-Dauphine, le prix Dauphine pour l'art contemporain fut décerné en mars. Les trois lauréats bénéficient, pour la première fois, d'une exposition collective à la Galerie du CROUS de Paris.

Haruka Yamada © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Haruka Yamada © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Haruka Yamada © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Haruka Yamada © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Dans la série de photographies Carrefour pour laquelle elle obtint le grand prix, Haruka Yamada s'y met en scène, vêtue d'habits qu'elle trouve dans une décharge de Dijon, les endossant dans cette fugitive ré-appropriation - le temps d'une photographie frontale, elles seront toutes cadrées de façon identique - telle la captation du souvenir de leurs anciens possesseurs. Sa dernière vidéo : Nocturne est une déambulation silencieuse dans les rues de Dijon - partant de la rue Buffon, quoi de plus naturel en cette région - une longue errance de la naissance de la lune à sa disparition, suivant l'astre sélène tout le long de cette nuit, la ville ne se réveillant qu'avec la dernière image sur les voies ferrées de la gare. Le bruit revient, celui du chant si caractéristique des oiseaux annonciateur de la rupture de la nuit, puis celui du passage des trains.

Fanny Maugey © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Fanny Maugey © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Fanny Maugey © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Fanny Maugey © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Fanny Maugey © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Autre vidéo, celle de Fanny Maugey dont nous suivons son travail de sculpteur depuis la biennale d'Anglet de 2013 et son installation Rotation tourbillonnante aux vents et captatrice des lumières du pays basque, posée sur un blockhaus. D'autres propositions de sculptures : Talisman de cette artiste qui reçut la mention spéciale du jury sont présentées, dans ce travail sur la réflexion de la lumière, cette lumière éblouissant les regards. Rotation II, elle va attribuer ce nom à une vidéo tournée à Berlin au temps où les cerisiers fleurissent. Clin d'œil au Japon ? Dans un travelling très chorégraphique et contemplatif, elle filme les fleurs, tournant autour de l'arbre jusqu'à arriver au tronc. Aucun bruit, comme une impression de se retrouver au moment des floraisons, dans le silence du parc du palais impérial de Kyoto.

Étrangeté du matériau dont elle use : l'huile de colza. Elle ne peut masquer son appétence pour des produits alimentaires, diplômée qu'elle est d'un bac professionnel en pâtisserie-chocolaterie avant d'intégrer les écoles des Beaux-arts de Chalon-sur-Saône puis de Lyon. Elle en enduit de grandes feuilles qu'elle insole sur des plaques tirées ensuite, rejoignant le travail du taille-doucier dans de subtils encrages en noir avec une pointe d'argent. Ce qu'il en naît ? Des tâches, des impressions, des mouchetis, la surface de la lune. J'y devine une évasion.

Kun Kang © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Kun Kang © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015
Kun Kang © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Kun Kang © Le Curieux des arts Gilles Kraemer, juin 2015

Kun Kang, prix du public, se confronte au regard de l'autre. "Ma personnalité peut changer en fonction de mon interlocuteur. Cela me perturbe quant à mon identité. Cela me peine parfois. Et je me suis habitué à taire mon chagrin.". Autoportrait, sculpture faite de fils colorés tendus sur des aiguilles, renvoie vers la souffrance qu'il ressent face au regard de son interlocuteur. La bouche est ouverte mais l'on ne sait ce qu'elle exprime, dans une symbolisation de la coupure ressentie face à son environnement, à la société, dans une impossibilité de sourdre ses sentiments. Le visage ne doit surtout pas être le reflet de ses pensées. Toujours cacher ses sentiments à autrui. Trois belles sculptures Trois bébés, en réalité son juvénile autoportrait, renvoient vers ce le ressenti ce très jeune enfant qui ne sait masquer ses pensées lorsqu'il écoute, regarde et crie.

Gilles Kraemer

Lauréats 2015 du prix Dauphine pour l'art contemporain

9 au 20 juin 2015

Galerie du CROUS Paris

12, rue des Beaux-Arts - 75006 Paris

lundi à samedi, 11h à 19h

www.lecurieuxdesarts.fr/2015/03/proclamation-du-prix-dauphine-pour-l-art-contemporain-2015.html

www.dauphinecontemporain.com

Le Curieux des arts est partenaire media de ce prix

Tag(s) : #Prix et récompenses