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Saint Louis et l'Anjou. Château d'Angers

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographie Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

Qu'elle pouvait être l'importance de l'Anjou au XIIIe siècle, cette possession britannique qui fut rattachée, la même année que celle de la naissance de Louis IX en 1214, au royaume de France, après la bataille de la Roche-aux-Moines le 2 juillet ? Comment les Angevins perçurent-ils l'image de ce bon souverain, qui fut à la fois guerrier, croisé et saint - le seul roi français à être sanctifié – dans les siècles suivants ? Voici les deux axes auxquels s'attache Saint Louis, roi de France en Anjou, à travers la présentation de plus d'une centaine d'œuvres, inédites ou restaurées grâce au mécénat de nombreuses sociétés ou personnes, à l'occasion de cette exposition. De nombreuses oeuvres proviennent de collections privées, souvent angevines.

 

Saint Louis et l'Anjou. Château d'Angers

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographie Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

Ce qui est étonnant, c'est la tenue de cette exposition dans les lieux mêmes d'un édifice, en l'occurrence le château d'Angers, dont la reconstruction fut décidée par Louis IX (25 avril 1214, Poissy – 25 août 1270, Tunis). Cette forteresse, dotée de dix-sept tours de schiste et de calcaire, caractérisée par l'absence de donjon, ne sera jamais attaquée. Le roi fera aussi fortifier la cité, de par et d'autre de la rivière La Maine, par une enceinte de 46 tours. Plusieurs maquettes, dans la première salle, en ouverture de cette exposition très didactique, présentent l'évolution architecturale de ce château, qui a conservé une configuration identique à celle de l'époque du saint roi, hormis les toitures des tours qui ont disparu ; un film retrace la construction de cette forteresse et plus particulièrement la restitution de la porte des Champs en cours d'édification avec les deux rampes hélicoïdales. Autre monument encore visible à Angers : la salle comtale, connue des Angevins comme la salle du Museum, que Charles Ier frère du roi, qui reçut l'Anjou en apanage en 1246, avant de devenir roi de Sicile et de Naples, fera édifier entre 1253 et 1254.

 

 

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

Toutes les richesses architecturales religieuses en terre angevine, l'art gothique typique de cette région : la voûte en berceau nervé, les décorations des églises du XIIIe siècle sont évoqués dans un autre film. De cette période artistique d'une grande vitalité, l'édification magistrale du chœur et le transept de la cathédrale d'Angers, entre 1210 et 1239 nous est suggérée à travers quatre œuvres insignes : un fragment de vitrail récemment acquis sur le marché de l'art – un saint personnage non identifié -, deux fragments d'oculus du chœur en pierre dont il faut remarquer la polychromie d'origine d'une grande fraicheur de la tête d'un dignitaire ecclésiastique, avec son rose très marqué, son ocre, son vert et le rouge sombre éclaircie par un rouge plus clair et une tête d'homme en pierre polychrome saisissante de vie par ses yeux exorbités et sa bouche grande ouverte, comme si ce moinillon était sculpté dans un moment de grande stupéfaction.

Le passé disparaît très vite et un relevé effectué en 1898 des fresques du bestiaire du prieuré grandmontain de la Haie-aux-Bonshommes édifié ente 1178 et 1182, permet le souvenir des fresques des années 1250, presque totalement effacées aujourd'hui avec les représentations d'un éléphant, d'une licorne face à une jeune fille ou d'un chameau.

 

Saint Louis et l'Anjou. Château d'Angers

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographie Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

L'image de Saint Louis est particulièrement populaire et vivace en Anjou, le plus ancien exemple en étant sa représentation en compagnie de Saint Claude et Saint Antoine, peinture sur panneau de Riavay (1609). De nombreuses statues du roi, en plâtre, ornent les églises au XIXe siècle. Dans les tableaux, il apparaît comme un personnage civil, recevant à sa table les pauvres (Saint Louis et ses trois intimes, Désiré Laugée, 1847), refusant de se convertir (grandiloquent Saint Louis prisonnier à Damiette par Félix Auvray, 1824 (mort à 30 ans en 1833)) ou sur son lit de mort par Antoine Coypel, 1687.

 

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014
exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

exposition Saint Louis, roi de France en Anjou, château d'Angers © photographies Le curieux des arts Gilles Kraemer, octobre 2014

Penser à Saint Louis, c'est aussi évoquer ses reliques, c'est-à-dire les ossements de ce roi sanctifié ou des objets lui ayant appartenu, offerts à la dévotion dans de nombreux lieux cultuels ; en exemple des ossements et un morceau du manteau royal conservés dans le socle de statues réalisées au XIXe siècle. Plus spectaculaire, La Croix reliquaire de la Vraie Croix par l'orfèvre Placide Poussielgue-Rusand (1862) dont la base s'orne des statuettes de Sainte Hélène, Baudoin II et Saint Louis, comme une évocation de ces trois protagonistes dont l'histoire est liée aux reliques de la Passion du Christ.

Le XIXe siècle réinvente le XIIIe comme le montre le Coffret de la crosse de l'évêque d'Angers (1887) inspiré du coffret dit de Saint Louis se trouvant au Louvre

Une belle exposition sur ce souverain en terre angevine.

Gilles Kraemer

Saint Louis, roi de France en Anjou

10 octobre – 25 janvier

Logis royal du château - Château d'Angers

2, promenade du Bout-du-Monde – 49100 Angers

www.angers.monuments-nationaux.fr

Catalogue Saint Louis et l'Anjou. 304 pages autour de l'Anjou dans l'histoire, Angers, capitale de l'Anjou et les arts en Anjou au temps de Saint-Louis. Éditions Presse Universitaires de Rennes. Prix 29 euros.

 

Trois autres événements autour de la célébration du 8e centenaire de la naissance de Saint Louis à retrouver sur http://www.monuments-nationaux.fr/fr/actualites/a-la-une/bdd/actu/1763/celebration-du-800e-anniversaire-de-la-naissance-de-saint-louis//

 

Saint Louis, de l'Occident à l'Orient

jusqu'au 31 décembre 2014

30220 Aigues-Mortes

 

Saint Louis, le roi de Saint- Denis

jusqu'au 5 janvier 2015

intervention lumineuse de Nathalie Junod-Ponsard autour de tombeaux royaux

Basilique de Saint- Denis – 93200 Saint-Denis

 

Saint Louis

jusqu'au 11 janvier 2015

magnifique exposition splendidement présentée à la Conciergerie à Paris

 

 

Tag(s) : #Expositions France

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