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© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

Urs Fischer brusquait l'atrium du désordre reconstitué de son atelier après avoir enflammé deux statues (de cire) sous le visage impavide de leur propriétaire. Rudolf Stingel dans la globalité d'un espace qu'il avait souhaité dénudé – même l'omniprésent chien en ballons magenta était parti - moquetta d'un tapis oriental sols et murs du beau bâtiment XVIIIe siècle du palazzo Grassi qui jamais n'apparut aussi impressionnant dans ce magistral vide emplissant l'espace de sa présence diffuse (http://www.lecurieuxdesarts.fr/2013/12/venise-palazzo-grassi-rudolf-stingel.html).

Qu'en serait-il de cet atrium qui, tel le mur d'Orange, dévore ou magnifie l'oeuvre? Place à l'illusion ou à la désillusion de D-N SF 12 PG VI de Doug Wheeler, selon l'attitude que vous adopterez.

Comme dans une réminiscence du Leviathan d'Anish Kapoor de Monumenta qui ravissait en y pénétrant, faites tout le contraire ici : restez en dehors. Soyez uniquement spectateur ou acceptez la déception en entrant dans l'oeuvre de Doug Wheeler (né en 1939). La meilleure façon de l'appréhender est la vision frontale, en descendant l'escalier, à la fin de cette exposition de L'Illusion de la lumière ou des lumières, le titre hésite selon qu'il soit italien, français ou l'anglais. Surtout, laissez vous envahir par la magie de cette installation lumineuse de blancheur, avec personne à l'intérieur pour ne pas briser cette quiétude. Dès lors, toute la rêverie s'opère, votre imagination y perçoit un imaginaire brouillard, un brouillard de blanc, bleu et de touches rosées, un immense champ cotonneux. Tout repère est aboli dans cette perception sans limite. Désobéissant, vous souhaitez y pénétrer. Dommage pour vous, la destruction mentale du concept  vous attend irrémédiablement.

Qu'y verrez vous ? Les ficelles d'une illusion : des projecteurs au-dessus de vous et la mutation de l'infini en parois.

Attention en passant derrière cette œuvre conçu pour le palazzo Grassi, passage obligé pour accéder au piano nobile : un assemblage numéroté des coques en fibre de verre de l'oeuvre qui vous a ébloui. Fréquente-t-on les coulisses d'un théâtre ou d'un opéra pendant une représentation ? L'on n'y gagne que désillusions ? Évitez cette déconvenue en fermant les yeux ou en regardant le sol, montez l'escalier et laissez vous surprendre, tels les vénitiens et vénitiennes de la fresque, par Marquee de Philippe Parreno, une marquise lumineuse clignotante, attirante comme si nous étions des papillons nocturnes avant de vous laisser prendre dans les rets de la pluie laineuse de l'arc-en-ciel de Vidya Gastaldon Escalator (Rainbow rain)

Puis ravir par les rayons lumineux aléatoires de Julio Le Parc (Continuel Lumière Cylindre) et l'échange entre la lumière naturelle de la bougie et artificielle de l'ampoule électrique de Diálogo d'Antoni Muntadas.

© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

Pour Danh Vo, tous les honneurs. La place de choix lui est accordée, celle de la plus belle salle au plafond doré du palazzo s'ouvrant sur le Canal' Grande et Ca'Rezzonico. Pour lui, tout fut permis, les murs furent éventrés laissant apparaître solives, murs de planches, canisses de roseaux enduits de plâtre et plus moderne, les réseaux de fils électriques. Un véritables cours sur la façon dont les édifices vénitiens furent bâtis. Aurait-il souhaité un rappel du thème développé au pavillon central des Giardini de la 14ème Biennale d'architecture, il n'aurait pas mieux fait ? Cachant ces éventrations, des voilages blancs brodés de plantes masquent aussi des photographies de jeunes vietnamiens des années 1960. Autoerotic Asphyxiation, rémanence du colonialisme et du questionnement sur nos mémoires de cette époque qui hante cet artiste né à Saigon en 1975, année de la chute de ce ville.

Que nous réservera-t-il en avril 2015 lorsque la Punta della Dogana lui offrira de dialoguer avec les œuvres de la collection Pinault ?

© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014
© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

© Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

Troy Brauntuch, State Trooper, 2013 / Criminal 2013. Courtesy the artist and Petzel Gallery, New York. Pinault Collection. Installation view at Palazzo Grassi 2014. Ph : © PG, ORCH orsenigo_chemollo

Troy Brauntuch, State Trooper, 2013 / Criminal 2013. Courtesy the artist and Petzel Gallery, New York. Pinault Collection. Installation view at Palazzo Grassi 2014. Ph : © PG, ORCH orsenigo_chemollo

Attardez vous sur Criminal, State tropper et Mark's camera de Troy Brauntuch ou comment deviner des images presque fantomatiques dans ses variations de noir et sur À chaque stencil une révolution de Latifa Echakhch (prix Marcel Duchamp 2013) que nous retrouverons en octobre de cette année au Centre Georges Pompidou, pour une nouvelle proposition.

Ou dirigez vous vers les trois White AIDS du collectif General Idea, plâtre sur toile, pour un voyage vers le silence, l'invisible, la disparition, la mort et l'attente puisqu'au de quelques instants, les lettres AIDS peintes de blanc sur fond blanc apparaîtront.

Avec un dernier regard sur Les Veilleurs de Claire Tabouret, très fort avec ces trente-quatre enfants costumés, vieillis avant l'âge, nous scrutant, impassibles, tenant des grands bâtons lumineux comme un souvenir des lances de La Bataille de San Romano de Paolo Ucello (musée du Louvre). Impressionnant tableau par cette lumière verte et glaciale qui en sourd.

Et, cette fois ci, nulle illusion de lumière, elle est bien réelle.

 

Déplacement à titre personnel.

L'illusione della luce / L'illusion des lumières / The illusion of the light

13 avril – 31 décembre 2014

Palazzo Grassi

campo San Samuele 3231

30124 Venise

vaporetti : juste devant avec l'arrêt San Samuel (ligne 2), arrêt Sant'Angelo (ligne 1)

Internet : www.palazzograssi.it

 

Guide trilingue remis aux visiteurs, 47 pages.

Catalogue trilingue (italien-français-anglais), 232 pages, 64 illustrations. Éditions Electa. Prix 45 euros. Certaines œuvres, comme à l'habitude des expositions du palazzo, sont photographiées in-situ : Troy Brauntuch, Marcel Brodthaers, Lafita Echakhch, Dan Flavin, Vidya Gastaldon, Bertrand Lavier, Julio Le Parc, Robert Whitman. Vous ne verrez aucune reproduction photographique de l"oeuvre de Doug Wheeler dans ce catalogue, seulement le plan. 

 

Voir à la Punta della Dogana

Zeichnungen für ein kleines Zimmer (dessins pour une petite pièce)

Installation de Wade Guyton dans Le Cube de la Punta della Dogana

13 avril - 31 décembre 2014

 

 

Zeichnungen für ein kleines Zimmer (Dessins pour une petite chambre), installation de Wade Guyton (né en 1972) dans Le Cube de la Punta della Dogana © Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014Zeichnungen für ein kleines Zimmer (Dessins pour une petite chambre), installation de Wade Guyton (né en 1972) dans Le Cube de la Punta della Dogana © Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

Zeichnungen für ein kleines Zimmer (Dessins pour une petite chambre), installation de Wade Guyton (né en 1972) dans Le Cube de la Punta della Dogana © Photographies Le Curieux des arts Antoine Prodhomme, 2014

Tag(s) : #Venise et Italie