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Bartholomäus Breenbergh (1598-1657). Vue de Torre di Chia. Plume et encre brune, lavis brun. Inv. N° Mas 1576 Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Bartholomäus Breenbergh (1598-1657). Vue de Torre di Chia. Plume et encre brune, lavis brun. Inv. N° Mas 1576 Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Comme des oiseaux s'égaillant à travers la Ville éternelle et la campagne romaine « ainsi les peintres qui se surnommaient « La bande des oiseaux », ces peintres flamands et hollandais vivant et travaillant à Rome, cette communauté d'artistes, partaient à la découverte de la cité et des ses monuments antiques, de ses alentours » nous rappelle Emmanuelle Brugerolles, commissaire de cette exposition, en nous présentant les trente feuilles et quelques estampes et ouvrages provenant exclusivement du très riche Cabinet des dessins Jean Bonna – Beaux-Arts de Paris, réunis autour du thème du Paysage à Rome, entre 1600 et 1650.

En 1582 l’Anversois Paul Bril s’installe à Rome suivi en 1594 par le Francfortois Adam Elsheimer. Agostino Carraci y arrive en 1598, étant encore sous l'influence de Domenico Campagnola, tel que ceci apparaît dans Groupe d'arbres avec fuite en Egypte. Rome devient lieu de prédilection de l'étude du paysage, aussi bien sous le regard des artistes italiens que ceux des pays du Nord ou de la France.

Rome, la découverte de la ville, ce sont ses ruines, son forum, selon Frederik van Valckenborch s'inspirant de dessins de Jan Brueghel pour retranscrire les Thermes de Caracalla ou de Titus ou le Colisée. Ou bien la captation in-situ chez Cornelis van Poelenburch du mont Palatin, l'étude d'arcades de Bartholomaüs Breenberg dans lequel les effets de pénombre se ressentent par de larges touches de lavis brun sombre, la pyramide de Cestius de Claude Gellée retranscrite en nerveux traits de plume avec quelques rehauts de lavis. C'est essentiellement de lavis brun qu'usent les peintres pour disposer sur la feuille les grandes masses et souligner les contrastes d'ombre et de lumière, technique qui laissera la place au XVIIIe, à la sanguine et à la pierre noire qu'utiliseront les pensionnaires de l'Académie de France.

 

Cornelis van Poelenburch (1594-1667). Ruines du Mont Palatin et du Circus Maximus à Rome. Plume, encre brune et lavis brun. Inv. N° Mas 2064; Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Cornelis van Poelenburch (1594-1667). Ruines du Mont Palatin et du Circus Maximus à Rome. Plume, encre brune et lavis brun. Inv. N° Mas 2064; Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Quittant la ville pour la campagne aux alentours, les artistes empruntent les mêmes chemins, traversent le Tibre par le Ponte Molle ou le Ponte Rotto et saisissent les paysages sur le vif, dans la lumière romaine, s'attardent sur des sites bien particuliers tel le mont Socrate entouré d'un paysage vallonné ou le château Orsini de Torre di Chia magnifiquement retranscrit par Bartholomäus Breenbergh, un de mes coups de cœur avec cette étude très fouillée de la ruine médiévale, captent les vibrations du soleil sur les arbres (deux études de Claude le Lorrain). 

Chargés des souvenirs de ces paysages saisis et dessinés sur le motif, leurs mémoires encore vives de tout ce qu'ils ont vu, ils retravaillent leurs feuilles dans l'atelier, en refaisant des dessins composés, un autre démarche que de belles feuilles de cette exposition présentent. Ainsi le dessin de Claude Gellée Le débarquement d'Enée et de ses compagnons dans le Latium sera retranscrit dans un tableau se trouvant dans une collection particulière britannique et le dessin de Herman van Swanevelt, Saint Dominique et l'évêque Diego d'Osma conduits dans les bois par un hérétique est préparatoire à une fresque (aujourd'hui disparue) de la sacristie du couvent des Dominicains de Santa Maria sopra Minerva.

Mon second choc visuel sera pour Saint Eustache de Girolamo Muziano, retranscrit en gravure par Cornelis Cort et dont l'estampe se trouve exposée à côté de ce dessin préparatoire. Ce très grand dessin, en hauteur, porte encore les traces de son illustre possesseur : Pierre-Paul Rubens qui ne put s'empêcher d'apporter quelques touches de gouache blanche au saint et au cerf. 

Claude Gellée, dit Le Lorrain (1604-1682). Études d’arbres. Plume, encre brune, lavis brun, quelques traits de pierre noire. Inv. N° EBA 949. Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Claude Gellée, dit Le Lorrain (1604-1682). Études d’arbres. Plume, encre brune, lavis brun, quelques traits de pierre noire. Inv. N° EBA 949. Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Girolamo Muziano (1532-1592). Saint Eustache. Plume, encre brune et rehauts de gouache blanche. Inv. n° Mas 2355. Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Girolamo Muziano (1532-1592). Saint Eustache. Plume, encre brune et rehauts de gouache blanche. Inv. n° Mas 2355. Crédit photo : École nationale supérieure des beaux-arts, Paris. Photo : Jean-Michel Lapelerie

Le Paysage à Rome entre 1600 et 1650

11 février – 2 mai 2014

Cabinet des dessins Jean Bonna -Beaux-Arts de Paris

École nationale supérieur des beaux-arts

14 rue Bonaparte – 75006 Paris

www.beauxartsparis.fr

Catalogue de 112 pages, sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, aux notices très nourries, avec un rappel de la biographie de chaque artiste. Pour une fois un ouvrage contient une bibliographie générale, une liste de catalogues d'exposition, un index des provenances, des artistes et des lieux, sites et monuments, ce qui est de plus en plus rare dans les catalogues d'exposition que nous sommes appelés à consulter, des catalogues avec des reproductions des œuvres exposées et non des ouvrages de référence. Beaux-Arts de Paris éditions. Prix 25 euros. 

Cette exposition sera présentée au Palais Fesch-musée des Beaux-Arts, Ajaccio, du 26 juin au 4 octobre 2014

Pour continuer également la magie du dessin, après vous êtes rendus au Salon du dessin à la Bourse, du 26 au 31 mars 2014

Deux expositions à la Fondation Custodia, 121, rue de Lille – 7500 Paris, du 22 mars au 22 juin 2014 avec De Bosch à Bloemaert : dessins néerlandais du XVe et XVIe siècles du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam  &  Dialogues : dessins de la Fondation Custodia et du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. www.fondationcustodia.fr

Deux expositions au Musée du Louvre, du 20 février au 19 mai 2014 avec Peupler les cieux. Dessins pour les plafonds parisiens au XVIIe siècle -Aile Sully, 2e étage  &  L'art du plafond dans l'Italie baroque : une sélection de dessins du XVIe siècle au XVIIIe siècle – Aile Denon

Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, du 18 mars au 15 juin 2014 avec Dessins français du XVIIe siècle choisis dans le fonds du département des Estampes et de la photographie

Vue de l'exposition Le Paysage à Rome entre 1600 et 1650, Cabinet des dessins Jean Bonna – Beaux-Arts de Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris © Photographie Gilles Kraemer, visite presse 10 février 2014

Vue de l'exposition Le Paysage à Rome entre 1600 et 1650, Cabinet des dessins Jean Bonna – Beaux-Arts de Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris © Photographie Gilles Kraemer, visite presse 10 février 2014

Tag(s) : #Expositions Paris