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Vue de l'exposition Le siècle d'or de l'éventail. Du Roi-Soleil à Marie-Antoinette © photographie Gilles Kraemer, visite presse mercredi 13 novembre 2013, musée Cognacq-Jay, Paris.

Vue de l'exposition Le siècle d'or de l'éventail. Du Roi-Soleil à Marie-Antoinette © photographie Gilles Kraemer, visite presse mercredi 13 novembre 2013, musée Cognacq-Jay, Paris.

L'éventail, buzz de quelques fashionables de l'ancien Régime ?

L'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert définit laconiquement l'éventail tel un « instrument qui sert à agiter l'air et à le porter contre le visage, pour le rafraîchir dans les temps chauds ».Ce n'est pas à cette fonction essentielle de cet objet que le musée Cognacq-Jay consacre une exposition en présentant soixante-dix éventails, de l'époque louis-quatorzième à celle de Marie-Antoinette. C'est l'accessoire de mode qui est évoqué. Être dans le vent : tout un art.

Éventail plié (feuille plissée et peinte) ou brisé (lames en ivoire ou en bois peints), vous saurez tout sur cet objet, « ce paravent de la pudeur » que les parisiennes, croqueuses de mode en diable, se plaisaient à montrer, ostensiblement déployé, en se promenant. N'allez surtout pas croire que leurs hypsters étaient aussi très en avance sur le temps avec leurs chaussures au talon rouge - la semelle rouge est si tendance aujourd'hui - en détaillant Le marché aux fleurs, vers 1645, représentation de la vanité et des diktats de la mode... ! A l'époque, le talon rouge était un signe de distinction. La seule interdiction était d'ouvrir son éventail en présence du roi ou de la reine. Si dans un film, montrant quelques intrigues versaillaise au temps du Roi-Soleil ou au XVIIIe siècle, les courtisanes arborent cet objet en présence de la famille royale, vous saurez qu'il y a une erreur historique. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, avalant son chapeau, en aurait fait état dans quelques cinglants rappels à l'ordre dans ses Mémoires sur le siècle de Louis XIV et la régence.

L'éventail était-il le « buzz » du temps ? Pourquoi pas. Célébrant l'envol du ballon gonflé à l'hydrogène de Jacques Charles et Noël Robert le 1er décembre 1783 depuis le jardin parisien des Tuileries, l'évocation de cet incroyable événement fut furieusement tendance pour les étrennes de janvier 1784. Pour une fois, un cadeau tout trouvé. Une belle opportunité que la communauté des maîtres-éventaillistes, faiseurs et compositeurs d'éventails sut saisir, n'en doutons point. Et que dire des mariages princiers, des naissances, des déjeuners de la famille royale (Louis le Bien-aimé et la reine Marie Leszcyńska avec Louis le dauphin et son épouse Marie-Josèphe de Saxe, vers 1755-1760) ? L'éventail était-il le «Versailles-Match» du temps ?

Le siècle d'or de l'éventail. Du Roi-Soleil à Marie-Antoinette

Du 14 novembre 2013 au 2 mars 2014

Musée Cognacq-Jay – 75003 Paris

Téléphone 01 40 27 07 21

http://www.paris.fr/pratique/musees-expos/musee-cognacq-jay/

Catalogue. Prix : 24 euros.

Si vous souhaitez prolonger cette exposition, découvrez L'atelier Hoguet musée de l'éventail en vous rendant au 2, boulevard de Strasbourg - 75010 Paris. Téléphone : 01 42 08 90 20 et Internet http://www.annehoguet.fr/musee.htm

Le ballon de Charles et Robert. École française, éventail plié, feuille en papier, gravure, rehauts de gouache, paillettes. 1783-1784. Monture en os. Bielefeld, Deutsches Faechermuseum – Barisch Stiftung © photographie Gilles Kraemer, visite presse mercredi 13 novembre 2013, musée Cognacq-Jay, Paris.

Le ballon de Charles et Robert. École française, éventail plié, feuille en papier, gravure, rehauts de gouache, paillettes. 1783-1784. Monture en os. Bielefeld, Deutsches Faechermuseum – Barisch Stiftung © photographie Gilles Kraemer, visite presse mercredi 13 novembre 2013, musée Cognacq-Jay, Paris.

Tag(s) : #Expositions Paris